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Au tout début du PQ, lors d`un Conseil National tenu à Trois Rivières, je me suis retrouvé assis dans un atelier à coté de Claude Morin . Je lui ai fait remarquer que le seul fait pour un Peuple identifié comme tel de se prononcer en référendum sur sa séparation et son Indépendance éventuelle constituait un acte de Souveraineté, constituait ce Peuple en Peuple Souverain. Sa réponse fut : "Ce n`est pas si simple que ça !". Tout Claude Morin était déjà dans cette réponse : rechercher l`approbation de l`Autorité ou du moins éviter son objection, freiner, faire ressortir et mettre de l`avant la difficulté, l`obstacle, plutôt que l`occasion à saisir !
Réponse de fonctionnaire s`il en est, pour qui la Politique n`est qu`une créature du Droit réduit à la loi positive, écrite, édictée par une Autorité.
Selon moi, alors, et toujours depuis, c`est la Politique qui engendre le Droit, qui ne se réduit pas BIEN SÛR à la loi, laquelle n`existe que par la volonté du Corps Politique qui souverainement la fait ce qu`il veut bien.
D`où il ressort qu`après deux Référendums, le Peuple québécois a bel et bien assumé sa Souveraineté, et qu`il s`agit là d`une question dépassée.
Ce qu`il aurait fallu lui dire et répéter pour s`assurer que notre Peuple en ait toujours et en toutes choses conscience jusqu`au jour où il se déciderait à utiliser cette Souveraineté pour choisir d`assumer la plénitude de sa Responsabilité en retirant à l`État Fédéral le demi mandat qui seul fonde son Autorité pour le transférer à l`État "Provincial" québécois, et ainsi se proclamer Indépendant !
Il y a là deux visions des choses, deux tournures d`esprit, deux logiques. La première relève d`une psychologie disciplinée, soumise, domestiquée, typiquement fonctionnaire ; c`est celle de celui qui est habitué à recevoir des directives et à gérer pour autrui. C`est celle du "cadre"... !
Alors que la deuxième est citoyenne : c`est celle de celui qui paie, qui vote, celle de l`artiste ou artisan qui produit le tableau...
Or nous avons laissé le cadre, naturellement porté à se prendre pour le tableau, faire de sa démarche "servile", appropriée certes dans un fonction publique, celle de la Nation toute entière : la Révolution Tranquille a été en fin de compte, celle de la prise du Pouvoir par des "Cadres", véhiculant une mentalité de "cadres". Celle dont Claude Morin, tout "Grand Serviteur( !) de l`État" qu`il se soit voulu, est l`illustration radicale.
Voilà, ce me semble, la clef du "mystère" Claude Morin... et du nôtre ! La solution qui dès lors s`impose en devient évidente :
changer de paradigme et laisser le paradigme "fonctionnaire" qui a échoué (et ce, dans tous les domaines, ainsi que ça devient de plus en plus patent, mais ceci est plus ou moins une autre histoire...) pour s`imposer désormais une démarche tout simplement CITOYENNE.
Ce qui veut dire agir selon la logique des Maîtres souverains QUE NOUS SOMMES toujours même si on a réussi, parfois en toute bonne foi colonisée, à nous le faire oublier.
Ce qui veut dire se mettre dans la tête que c`est la Politique qui fait le Droit, et que la Politique c`est NOUS les Souverains.
Et se débarrasser du juridisme débilitant ET PARALYSANT qui nous fait buter sans cesse avec une pathétique angoisse sur la FAUSSE question de savoir "si c`est bien légal...", de cette obsession légaliste aliénante de la "Société de Droit" qui n`est rien d`autre que celle de la loi des Autres. Laquelle n`a pourtant jamais eu d`autorité, en VRAI DROIT NATUREL FONDAMENTAL PARCE QUE FONDATEUR, que celle que NOUS avons bien voulu lui reconnaître.
Les deux Référendums furent des "gestes d`affirmation nationale" très forts. Reste à EN REPRENDRE CONSCIENCE et désormais à ne plus jamais cesser, sans vergogne, de faire d`autres gestes d`affirmation jusqu`au geste final qui finira par "couler de source" : le retrait du mandat fédéral et son transfert à l`État Québécois lors d`une élection "référendaire" !
Les deux référendums furent de grandes affirmations nationales.Ce sont maintenant deux immenses précédents.La force du précédent est énorme dans notre régime politique. Les fédéralistes peuvent bien penser et dire ce qu’ils veulent à l’égard d’un hypothétique prochain référendum,le fait est que notre nation,si elle ne s’est pas donné encore d’état souverain,du moins elle y a effectivement affirmé là, par deux fois, sa souveraineté.
Ces précédents,cependant,n’ont plus aucune utilité au parti qui a porté l’dée du référendum.En effet,le parti québécois,ayant ajourné maintenant son obligation référendaire,il lègue au SEUL parti indépendantiste ces formidables précédents politiques comme des "trésors de guerre".
Une élection référendaire est en suite logique et ---surtout---légitime de ces grandes affirmations.Le peuple souverain peut décider par élection de son sort.Et il peut décider maintenant,sans attendre.En votant aux élections.
L’idée qu’une élection référendaire pourrait suivre---et couler de source---à des affirmations fortes et répétées à l’encontre de l’institution fédérale,relève d’une manière étapiste de voir le Québec accéder à son indépendance.C’est faire fi de la force de nos adversaires,et de l’acharnement de nos ennemis.D’autant plus difficile---tel est maintenant la voie que le P.Q. s’est tracée---qu’il faudrait transformer en partisans d’anciens adversaires.Gros programme !
Le programme du P.I. n’est pas moins difficile.Mais comme c’est le parti de la nation,le seul,il peut s’adresser à elle d’un langage clair.Et c’est le seul language qui puisse permettre---il le devra--- de faire de ses adversaires des partisans.
Nous sommes en démocratie,une lutte de libération nationale ne peut faire l’économie du parler net,du parler clair,du parler franc.
Les indépendantistes réaliseront bien qu’ils n’ont plus qu’une seule patrie,c’est le P.I.
Je n`ai pas cru nécessaire de préciser que si l`on veut que "ça coule de source", il y faut bien sûr ...une pente : une source ne coule guère en terrain plat ! Or la pente existe mais (sourions un peu !)il y a plein de...castors qui lui font des barrages : à "Nous" de les faire sauter... À "Nous" aussi d`en redresser le cours et de détourner le plus de ruisseaux possible vers elle pour en augmenter le débit et en faire un torrent. Etc....
C`était une métaphore. Trop gentille peut-être , et piègée, semble-t-il : je veux bien en convenir.
Mais l`essentiel de mon propos n`est pas là !
Ce qui doit couler de source, c`est la logique appliquée à notre démarche.
Nous devons, pour pouvoir mener celle ci sans encombre et sans malaise paralysant, en éliminer les contradictions internes, les incohérences qui la rendent hésitante, ambivalente. et les faiblesses qui amollissent notre discours.. Ce qui est tout à fait à notre portée car, selon ce que je crois démontrer fermement, elles ne sont qu`apparentes.
Ce qu`on aura compris. J`espère !

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