Il n’y avait rien de mortuaire dans cette cérémonie. Aucun pathos, que de la santé, de celle qui vient quand la vie est assumé comme un combat. Pierre n’a pas laissé de place pour le défaitisme et le ressentiment et la "morbitude" qui vient avec. Cette cérémonie témoignait de ce trait de caractère. Elle fut un des rares moment de notre histoire récente ou on a célébré la santé de notre vie. Une pause salutaire qui trompait avec la « fatigue » ambiante.
Pour ceux qui se demande s’il y aura de la vie après la vie, s’il y aura une relève.
Et bien ceux qui ont entendu les témoignages des fils de Pierre ne se posent plus cette question. Pour moi, l’essentiel de l’émotion de cette cérémonie, tient à cette belle énergie franche avec laquelle ces jeunes portent fièrement l’héritage de leur père. Le message percutant aux élites souverainistes était sans équivoque à cet égard. Et celui contre la médiacratie plus que pertinent.
Oui la vie continue et le combat aussi.
Dans ma vie je n’aurai jamais pensé dire qu’une cérémonie mortuaire puisse être : Deux heures merveilleuses.
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P.s. Pourquoi à l’Église ? Parce qu’en dehors de toute croyance, cette institution a joué un rôle politique déterminant dans notre histoire. Sait on seulement ce qu’on lui doit : Notre cohésion nationale, sans laquelle notre sort comme peuple serait déjà scellé. Pierre ne l’ignorait pas.
Pourquoi l’église St Jean Baptiste ? Pour ce décor éblouissant, qui vous aspire vers le haut, une invitation à dresser la tête, intemporelle mais, surtout temporelle. J’imagine Pierre dire : Regardez cette somme de beauté que nos artisans ont rendue possible avec le cumul des petits-dix-cennes-ramassés-auprès-de-gens-ordinaires, on est capable de grande chose, s’tie. Pierre méritait ce décor, produit par ce peuple qu’il aimait tant. Il n’y était pas étranger, mais chez lui, parmi les siens.
Pourquoi un Jésuite pour présider à la cérémonie ? Pour l’ intelligence de son message qui faisait écho à celui de Pierre : Jésus contre le système, pour faire apparaître un monde nouveau ; trahi par ceux qui vivaient à l’époque de la rente du statu quo.
