Vigile.net
« Une société conquérante s’est implantée à côté d’une autre, conquise, qu’elle a cherché, par tous les moyens, à détruire, en l’assimilant ; puis, devant son échec, elle a cherché à la subordonner à ses intérêts. Une subordination à laquelle elle a donné le visage du fédéralisme, ne pouvant ouvertement lui prêter celui de l’État unitaire, mais y rêvant toujours. »   Bernard Frappier Vigile.net
             
Vigile a besoin de votre appui, n’hésitez pas à contribuer.
Financement 2009
 18275$  91%  
Objectif : 20000$
Des supputations non fondées
Michel Paillé
Lettres au Devoir
jeudi 19 juin 2008


Dans Le Devoir du 10 juin 2008, Charles Castonguay laisse entendre que Gérard Bouchard et Charles Taylor auraient été induits en erreur sur le bilinguisme des francophones. Mal conseillés, ils auraient ainsi mis en garde la majorité francophone quant au « risque de se retourner contre l’apprentissage de la langue anglaise » (p. 217). Or, il est faux d’attribuer ce risque au « recul » du pourcentage de francophones bilingues au Québec (il aurait légèrement glissé de 36,9 % à 36,1 % entre 2001 et 2006).

En ma qualité de contractuel pour la commission, je dois témoigner du fait que les coprésidents ont été avisés de la diffusion d’un courriel enjoignant les francophones à cacher leur connaissance de l’anglais au recensement de 2006. Les coprésidents connaissaient également l’invitation de Statistique Canada à traiter les données du dernier recensement avec prudence. D’où le fait que MM. Bouchard et Taylor appuient leur crainte d’un éventuel unilinguisme français chez les francophones (inquiétude que je ne partage pas) sur des motifs tout à fait autres que les données de recensement.

Par ailleurs, la commission Bouchard-Taylor avait été avertie du caractère flou des recensements sur la connaissance des langues officielles. En effet, dans son mémoire à la commission, Charles Castonguay lui-même a, trois fois plutôt qu’une, qualifié ce genre d’information de « primitive at best ». Dès lors, on est en droit de se demander pourquoi revenir sur de si pauvres données, d’autant plus qu’elles n’ont pas servi en l’occurrence ?

***

Michel Paillé, Démographe, chercheur associé, chaire Hector-Fabre, UQAM, 18 juin 2008



Source
http://www.ledevoir.com/2008/06/19/194630.html




Suggérer cet article par courriel

  • Objectif 2009: 20000$
     18275$  91%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
    Adresse:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    21/11 Daniel Verret: 20$
    20/11 Bernard Gilles Grenier: 50$
    20/11 Louis Blanchet: 30$
    18/11 Claude Morin: 50$
    18/11 Annie Autonès: 100$
    18/11 Giselle Chagnon: 25$
    18/11 Giselle Chagnon: 25$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net