Tel que le signifiait, lors de la commission bouchardtaylor,
la porte-parole chinoise des services à la famille chinoise, Madame Xixi Li,
les langues française et chinoise sont très éloignées l’une de l’autre.
« Souvent je dis : c’est du français !
comme on dit ici : c’est du chinois ! »
Pour certaines personnes,
dont la langue maternelle est le chinois,
le punjabi, le bengali, le tamoul, l’ourdou, l’ouzbek, le persan, le russe, etc.,
le français s’avère trop ardu à apprendre.
Pour d’autres, le problème d’apprentissage du français
serait lié à l’âge, à la distance géographique, à la timidité, à la fatigue,
au climat, à la lettre « r », à une surdité partielle,
à un défaut d’élocution, etc.
Bien entendu, tous ces gens aimeraient
pouvoir parler, lire, écrire, étudier,
travailler, faire leurs achats, se faire soigner en français
mais...
Il faut les comprendre.
Ils ont autre chose à faire.
Ils ont une vie à vivre.
C’est plus simple de rester Chinois
et inviter les Québécois à le devenir ou encore
à adopter un compromis :
l’anglais, par exemple.
Le forum du 29 novembre dernier,
qui réunissait les gens de la communauté anglophone
et de nombreuses personnes issues de l’immigration,
témoigne de cette volonté
d’accommoder tous ceux qui, s’ils avaient à nous accueillir chez eux,
se fendraient en quatre pour trouver des solutions à nos problèmes
dont celui de ne pas pouvoir apprendre,
malgré notre grande motivation,
leur langue
et qui, pour marquer leur empathie, hausseraient
d’un geste entendu, les épaules : « On se met à votre place… »
Et cette incapacité à ne pas maîtriser une langue
ne serait nullement une entrave
au succès de notre intégration...

