Vigile.net
Sur un plan strictement économique, il ne serait pas tellement difficile pour le Québec de devenir indépendant. Cela peut se faire à un coût très bas pour tout le monde et je ne vois pas pourquoi il ne réussirait pas. - Alberto Alesina, Directeur du département d’économie de l’Université Harvard 2004
             
Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
Financement 2008
 11461$  57%  
Objectif : 20000$
Des limites au rôle de la Caisse
Mathieu Truchon
La Presse (OPINIONS)
samedi 20 octobre 2007


Dans le cadre du débat actuel sur le rôle de la Caisse de dépôt et placement du Québec, M. Dumont tente une relation « cause à effet » en déplorant que seulement 8% des actifs de la Caisse sont directement investis dans notre économie. Le chef de l’ADQ prétend que la Caisse devrait jouer un rôle plus important pour empêcher les entreprises étrangères de « nous dépouiller de nos richesses ».

La Fédération des Chambres de commerce du Québec soulève la question suivante : quel pourcentage d’actifs québécois devrait-on exiger au sein de la répartition globale de la Caisse ? Voici cinq facteurs que l’on devrait considérer avant de répondre à la question.

- Tout d’abord, la majorité des sociétés québécoises étant à capital fermé, une obligation d’investir davantage au Québec pousserait nécessairement la Caisse dans le "business" des placements privés. Or, le mandat d’une caisse de retraite ne devrait pas inclure des investissements importants dans des placements privés étant donné que ces derniers sont considérés, dans une large proportion, comme du capital de risque. Quant aux sociétés québécoises cotées en Bourse, non seulement leur nombre est limité, mais en plus, même avec des positions importantes dans l’actionnariat, la Caisse pourrait difficilement empêcher une prise de contrôle étrangère.

- Deuxièmement, le gouvernement doit dépolitiser les sociétés d’État pour diminuer tout conflit d’intérêts. À l’ère ou les scandales de toutes sortes font les manchettes, mieux vaut éviter que le gouvernement s’ingère davantage dans une entité autonome.

- En troisième lieu, la solution la plus efficace pour aider les entreprises québécoises en difficultés, comme celles liées à l’industrie forestière ou manufacturière, n’est certainement pas de leur faire un chèque pour les maintenir en vie artificiellement. M. Dumont devrait plutôt prôner le maintien d’une fiscalité compétitive et une aide accrue pour la formation de la main-d’oeuvre, véritables ingrédients pour améliorer la compétitivité.

- Quatrièmement, considérant que la capitalisation boursière du Canada représente moins de 5% de celle mondiale, imaginez des gestionnaires de caisses de retraite composer avec des contraintes d’investissements à l’échelle du Québec ! Moins de choix d’investissement implique nécessairement une pondération accrue d’investissement dans une société donnée et donc, un risque accru. De plus, plusieurs études empiriques démontrent que la diversification géographique des placements augmente le rendement global d’un portefeuille. À cet effet, le mandat de la Caisse précise que la gestion doit « se faire en recherchant le rendement optimal du capital de ses déposants dans le respect de leur politique de placement tout en contribuant au développement économique du Québec ».

- Enfin, nul ne peut empêcher le mouvement actuel de mondialisation, lequel se répercute, bien malgré nous, sur la nature de la propriété des sociétés. Plutôt que de promouvoir un protectionnisme rentable à court terme et une intervention accrue de l’État, il faut encourager nos sociétés à s’affirmer, elles aussi, sur le plan international.

***

Mathieu Truchon

Détenteur du titre de Fellow de l’Institut canadien des valeurs mobilières, l’auteur a complété un baccalauréat en sciences économiques de l’Université de Montréal ainsi qu’une maîtrise en administration des affaires, spécialisée en finance de l’Université Laval. Il est membre du conseil d’administration de la Fédération des chambres de commerce du Québec et président du comité fiscalité et finances publiques.

  • Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
    Joignez-vous aux Amis de Vigile.
  • Objectif 2008: 20000$
     11461$  57%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    23/07 Denis Gaumond : 100$
    21/07 Hubert Gratton : 100$
    19/07 Anonyme (BD) : 50$
    18/07 Pierre Fortier : 100$
    17/07 Marc Max Authier : 30$
    14/07 Pierre A. Vachon : 200$
    13/07 Claude Morin : 50$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net