D’une part, Jean Charest argumente que les arrangements administratifs sont rentables. Que de ne rien demander finit par rapporter. Que le rapatriement à Québec (car c’est exactement de cela qu’il s’agit, et non d’un cadeau) de quelques centaines de millions peuvent bien gommer le rapatriement à Ottawa d’une introuvable constitution. Bref, il suffit de se résigner, et le ciel fédéral nous attend.
D’autre part, Mario Dumont défend un « autonomisme » qu’il a d’ores et déjà inféodé à Stephen Harper, son gourou, son idole, son marabout. Cependant, très judicieusement, il rappelle que tous les arrangements administratifs, toutes les ententes, toutes les redéfinitions des règles de la péréquation, toute reconnaissance du déséquilibre fiscal ne sont que des mesures provisoires, éphémères, éminemment fragiles, sujettes à un simple changement unilatéral de cap dans les politiques d’Ottawa.
Et c’est qu’il a raison, le petit Mario. Quelle que soit l’importance du prix payé par Harper pour voler cette élection, comme ce fut le cas pour le référendum de 1995, tant que des principes clairs sur la limitation du pouvoir fédéral de dépenser, et donc de taxer, ne sont pas coulés dans la constitution, rien ne sera réglé. Encore une fois, il a raison Mario !
Reste à se demander comment procéder pour amender cette fameuse constitution ? Elle est coulée dans le béton. Il est impossible de la rouvrir, même pour y changer une virgule. Il savait ce qu’il faisait, Pierre Trudeau en 1982. Aucune entente durable n’est possible. Les Québécois devront choisir : la souveraineté ou rien.
Chiche !
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/spip/) —
