Des affiches unilingues font pester

Le Droit
mardi 13 octobre 2009

La pancarte unilingue anglaise de la candidate dans Lucerne, Barbara Charlebois, ne constitue pas un accroc à la Charte de la langue française, puisque celle-ci a autorité sur l’affichage commercial... mais pas électoral. Patrick Woodbury, LeDroit

***

Patrice Gaudreault - Une candidate à l’élection municipale du 1er novembre affiche un slogan uniquement en anglais, dans le secteur Aylmer, une initiative tout à fait légale qui provoque néanmoins l’ire de certains résidants.

La fonctionnaire fédérale Barbara Charlebois, qui brigue les suffrages dans le district de Lucerne, a affublé ses pancartes électorales du slogan unilingue « It’s our community ». Sous le nom de la candidate, une seule partie du message a été traduite : « Vote/Voter ».

West Quebecers

Originaire d’Ottawa, mais établie à Gatineau depuis 2001, Barbara Charlebois est vice-présidente de l’Association régionale des West Quebecers, selon le site de l’organisme. Il a été impossible de s’entretenir avec la candidate, hier, mais un membre de son équipe a indiqué au Droit que ses affiches n’ont pas été créées dans le seul but d’être en anglais, pour en faire une question linguistique.

Le conseiller sortant du district Lucerne, André Laframboise, reconnaît que son adversaire est « libre » de s’exprimer dans la langue de son choix. Il aurait toutefois souhaité que le seul mot français soit orthographié dans sa forme impérative, avec la terminaison ’ez’ au lieu de ’er’. « C’est malheureux, dit-il. Ça dénote un manque de respect pour la communauté francophone. »

Même réaction dans le camp du candidat Roch Givogue. « Ça me surprend, dit-il. On devrait tous être bilingues quand on fait affaire avec le public. Je ne comprends pas pourquoi elle a fait ça. »

Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, affirme avoir reçu plusieurs plaintes d’électeurs à ce sujet. « C’est révoltant », dit-il, reprochant à la candidate son « manque de sensibilité et de respect » pour la ville où elle aspire devenir conseillère. « C’est l’expression du retour de l’arrogance linguistique. C’est un message méprisant à l’endroit de la totalité des citoyens de Gatineau. »

Pour l’Office québécois de la langue française, l’affichage de pancartes électorales unilingues ne contrevient pas à la Charte, qui cible uniquement les messages commerciaux.

« Le règlement stipule que tout affichage doit être fait au moins en français. Si une autre langue est utilisée, la nette prédominance du français est requise. Par contre, tout affichage de type politique, religieux, humanitaire, culturel ou éducatif n’est pas soumis à cette règle. Les affiches électorales ne sont donc pas soumises à la Charte de la langue française. Un candidat peut s’afficher dans la langue de son choix. C’est aux électeurs à juger de la pertinence de son choix », explique Martin Bergeron, porte-parole de l’Office québécois de la langue française.

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