|
|
| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
(Texte publié dans Le Devoir du samedi 12 mai 2007)
Le Parti Québécois offre actuellement un spectacle désolant qui affecte l’ensemble du mouvement souverainiste ! Au lieu de tirer les conclusions qui s’imposent, le chef du parti Québécois et son entourage sont engagés dans une entreprise de division. Incapables de faire avancer la souveraineté parce qu’ils ne savent plus comment en parler, et surtout quels gestes poser, on les voit parler de mise en veilleuse de toute démarche souverainiste, s’attaquer à d’autres indépendantistes, voire souhaiter des départs du parti. On voudrait couler le principal véhicule de la souveraineté qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
Il faut au contraire rassembler les indépendantistes. Pour sortir de la foire d’empoigne actuelle, le parti Québécois doit changer de cap pour se débarrasser de ses orientations perdantes ! Pour reprendre les mots de Pierre Vadeboncoeur : « la réalité des choses nous met, comme peuple, dans une nécessité si rigoureuse qu’il n’y a plus de place, dans le choix qu’il doit faire, pour une décision qui ne serait pas radicale. »
Changer de cap !
La raison du triste spectacle actuel tient à la situation schizophrénique d’un parti qui a enfermé lui-même sa raison d’être dans une stratégie politique molle, oscillante, auto-contradictoire, se plaçant ainsi à la remorque des autres partis. Ce que nous vivons aujourd’hui est le scénario d’un mauvais film déjà vécu suite à l’élection du « bon gouvernement » du Parti Québécois en 1976. Du « beau-risque » du fédéraliste renouvelé de 1985, le parti s’est enfermé dans « l’affirmation nationale » avec Pierre-Marc Johnson et a attendu les « conditions gagnantes » avec Lucien Bouchard.
Après chaque défaite référendaire ou électorale, le parti québécois, au lieu de reprendre la lutte pour l’indépendance nationale, met celle-ci en veilleuse et se comporte comme un autre parti provincial avec ses hauts et ses bas, par peur de la défaite électorale. Et cela fait trente ans que ça dure !
Peut-on imaginer un parti fédéraliste, à Québec ou à Ottawa qui, en fonction des résultats d’une élection, mettrait au rencart ses convictions profondes, comme l’a fait le Parti Québécois. Pourquoi cette attitude anormale d’un parti qui prétend faire l’indépendance du Québec ?
Le Parti québécois a attendu les conditions gagnantes mais sa pratique politique a plutôt créé des conditions perdantes : élections où la souveraineté n’est pas défendue et où seuls les adversaires en parlent, appui soi-disant « stratégique » au fédéralisme renouvelé et peut-être bientôt à « l’autonomisme », référendums comme moyen de reporter l’échéance en dissociant un vote pour le parti d’un vote pour la souveraineté, mise au rencart du défi identitaire et du combat pour la langue, dissociation de la démarche de l’indépendance des défis sociétaux, absence d’action politique entre les élections, peur de la démocratie interne et démobilisation des militants.
Suite à ce refus récurrent d’assumer les exigences du combat indépendantiste, un grand nombre de souverainistes ne voient plus le parti québécois comme un véhicule de leurs aspirations. Dans certains milieux, on peut même parler de méfiance généralisée.
Le défi à relever est énorme : redonner confiance, ramener les souverainistes à l’action politique, redonner le goût du pays à construire aux citoyens. La pire des orientations perdantes, ce serait de maintenir plus longtemps le doute quant à la volonté et la capacité du parti d’atteindre l’indépendance nationale. Ce doute, amplifié par certains médias, et que véhiculent même certains porte-paroles du parti, consiste à blâmer l’objectif de la souveraineté et le programme de pays pour la défaite électorale, alors que ceux-ci n’ont pas été défendus tout en recueillant, malgré tout, un appui toujours majoritaire chez les francophones.
Refonder le parti !
Nous sommes rendus à la croisée des chemins où il faut rassembler les souverainistes plutôt que les diviser, pour refonder un grand parti indépendantiste à partir des effectifs actuels du Parti Québécois, du Bloc Québécois, le Mouvement national des québécois et des quelque 200 regroupements souverainistes qui se sont créés à l’extérieur du parti, souvent par désillusion à son égard. Voilà qui retournerait la dynamique actuelle en notre faveur. Il faut des gestes audacieux et courageux pour sortir de l’impasse nationale actuelle.
Comment y arriver et sur quelle base ?
Je propose une démarche simple, mais difficile tant les habitudes sont ancrées.
1. Convoquer dès l’automne 2007 des états généraux souverainistes, en y conviant tous les militants indépendantistes, qu’ils œuvrent dans des mouvements souverainistes ou au sein de partis politiques, pour jeter les bases d’une refondation d’un grand parti indépendantiste ou, au minimum, d’une grande coalition indépendantiste.
2. Adopter lors de ces États généraux une démarche pour refonder le parti et adopter un plan d’action et des orientations provisoires. Entre l’automne 2007 et le printemps 2008, organiser dans tous les comtés l’élection d’exécutifs locaux et de délégués en provenance de tous les partis et mouvements ayant participé aux États généraux, en vue d’un congrès national de fondation à tenir dès que possible.
3. Organiser un congrès national de refondation du parti au printemps 2008, préparé par un comité multipartite issu des États généraux, dans le but d’adopter le nom du parti, d’élire le chef et un bureau national de direction et d’adopter des orientations, ce parti étant destiné à remplacer le Parti Québécois.
Plusieurs orientations peuvent faire consensus, sauf évidemment de la part de ceux qui tiennent à s’enliser dans les ornières provinciales actuelles. Ceux-ci auraient le choix de se rallier ou de militer dans un parti fédéraliste. Voici quelques unes de ces orientations.
• Conduire, d’ici à l’élection d’un gouvernement indépendantiste, une action politique continue et multiforme (tenant compte des diverses tendances dans le mouvement souverainiste) sur tous les enjeux importants de société en les liant au projet d’un pays.
• Préparer les instruments nécessaires à l’accession à la souveraineté : constitution provisoire, citoyenneté, carte d’électeur, etc.
• Faire porter chaque élection sur la réalisation de la souveraineté, quitte à risquer la défaite, jusqu’à la victoire, un vote pour le parti étant un vote pour enclencher la démarche vers la souveraineté, la tenue d’un référendum se faisant au moment qui sera jugé nécessaire pour obtenir la reconnaissance internationale de l’État du Québec. Cette position est essentiellement celle du Parti Québécois dans son programme de 1975 et de 1989.
• Véhiculer lors de chaque élection un programme de pays ciblé sur des objectifs faisant l’objet d’un large consensus social, en identifiant la souveraineté comme outil indispensable pour le mettre en œuvre.
Je lance ici un appel au chef du Parti Québécois. Si ses convictions souverainistes passent avant sa carrière politique, comme il l’a affirmé récemment, je lui demande d’appuyer cette démarche, quitte à présenter ses propres propositions à ces États généraux et à se présenter à la direction de ce congrès de refondation. Ce serait quitte ou double, mais on est rendu là de toute façon. Ce serait une belle façon de sortir de ces luttes fratricides qui, si elles devaient se prolonger, mettraient en péril non seulement l’avenir du parti, mais l’avenir du pays.
Pour ceux qui pensent que cette démarche devrait se faire uniquement à l’intérieur du parti, je soutiens qu’ils s’illusionnent sur l’ampleur du rejet du parti par les souverainistes qui militent à l’extérieur. Ceux-ci ne participeront pas à une démarche interne au PQ. La relance ne peut se faire que par un effort à la fois de l’intérieur et de l’extérieur du parti. Un regroupement de tous les souverainistes lors d’État généraux est absolument nécessaire pour que le mouvement indépendantiste retrouve sa crédibilité, non seulement auprès des électeurs souverainistes qui l’on déserté, mais auprès des médias et de l’ensemble de la population. Celle-ci nous respectera et nous appuiera dans la mesure où nous mettrons nos convictions devant toute autre considération.
***
Gilbert Paquette, professeur et directeur de recherche, TÉLUQ—UQAM, ex-ministre et conseiller au programme du Parti Québécois.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
L’idée de M. Louis Bernard de mettre la souveraineté au centre du message et du programme du PQ semble partagée par vous selon votre article. Les idées de droite ou de gauche ou sur la santé ou l’éducation viendront bien suite à une élection gagnante pour le PQ où la souveraineté aurait été l’idée centrale.
Tout autre scénario va, au mieux conduire le PQ à gouverner une province avec tous les ennemis qu’on peut s’y faire. S’il réussit bien les Québécois diront : pourquoi se séparer vu que ça va si bien et...si ça va mal, ils diront : le PQ ne peut même pas gouverner une province imaginez...un pays.
C’est PERDANT-PERDANT ce genre de stratégie provincialiste là. D’une façon ou d’une autre si l’ADQ réussit à faire reculer le fédéral et à avancer le Québec qui serait plus autonome, adieu veaux, vaches, cochons, couvées et souveraineté.
Pour ceux qui pensent que cette démarche devrait se faire uniquement à l’intérieur du parti, je soutiens qu’ils s’illusionnent sur l’ampleur du rejet du parti par les souverainistes qui militent à l’extérieur. Ceux-ci ne participeront pas à une démarche interne au PQ.
Et ce n’est pas peu dire. Non seulement une démarche strictement partisane serait-elle sans doute boycottée par une bonne partie des indépendantistes, ce qui l’handicaperait automatiquement, mais en plus une telle démarche nous ferait probablement prendre le mauvais chemin une fois de plus encore.
On est indépendantiste dans tout le spectrum politique et ce depuis très longtemps. Quelle erreur que de vouloir nous faire tous voter pour un seul parti politique ! A-t-on même déjà coalisé un aussi grand nombre de tendances politiques et sociales ? Je ne le crois pas. Qui peut démontrer le contraire ? Qui saurait me convaincre qu’on peut mettre le tout dans la partie dans le champ politique ?
Les extrêmes politiques se détestent, le centre se méfie des extrêmes, mais malheureusement pour l’intérêt supérieur du genre humain, tous ne réalisent pas, à mon humble avis, que la division droite-gauche est aussi utile à la juste compréhension du monde politique que les catégories de l’eau, le ciel, la terre et le feu à la juste compréhension du monde physique. Les problèmes de communication de l’être humain lui coûte pas mal cher en temps et en énergie mal dépensée il me semble.
À mon avis, c’est en nous donnant les moyens d’un dialogue non-partisan, donc plus facilement constructif, et les moyens d’une organisation inclusive de toutes les parties de notre mouvement, que nous cimenterons notre véritable union nationale, union qui sera, souhaitons-le, capable d’articuler un discours à portée universelle. Serons-nous capable d’élaborer ce discours de façon à bien neutraliser le discours de nos adversaires, conçu par des experts en marketing qui, à défaut d’avoir raison et de respecter l’intelligence des citoyens, ont su produire un effet certain sur une très grande partie de la population québécoise et la quasi-totalité de la population du Canada anglais ? Serons-nous capable de bien le vulgariser ce discours et de le faire entendre à tous par nos propres médias ? Je l’ignore, bien que je l’espère. Par contre, ce qui me semble plausible c’est que nous nous placions naturellement dans une bien meilleure position en établissant de véritables consensus dans nos rangs.
Des États-Généraux ? Pourquoi pas. Tant que les organisateurs de ceux-ci acceptent de se plier au verdict des participants, qui devront être le plus nombreux possible.
Une organisation coalisant tous les indépendantistes ? Comment se fait-il qu’elle n’existe pas encore ?
Et serons-nous encore assez tata pour négliger de sacrer le caractère international d’une telle organisation ? Que ce soit les citoyens du Québec qui déterminent de leur propre sort par leurs votes, cela va sans dire, mais que notre organisation militante se limite à des actions sur le territoire du Québec et à des paroles exprimées dans la langue française, quel non-sens stratégique ! Il faut faire la distinction entre l’unilinguisme territoriale qu’exige notre situation de minoritaire dans le Canada et l’impératif de la diffusion de notre pensée politique à l’échelle de la planète.
L’indépendance du Québec est souhaitable pour l’ensemble de l’humanité : les peuples de la Terre attendent nos ambassades depuis longtemps. C’est l’ensemble de l’humanité qui doit être invité à réaliser l’émancipation politique de la déjà pas mal vieille nation québécoise et des plus vieilles encore nations autochtones. Rien ne saurait rajeunir et ravigoter notre mouvement plus efficacement que sa mondialisation. Pensons tout de suite à tous ceux qui immigreront dans cette nouvelle république septentrionale que nous créerons bientôt.
Il va sans dire qu’une telle organisation non-partisane devra se donner une constitution qui mettra en pratique tous ces principes de la démocratie qui tendront à réduire à néant les probabilités de corruption de nos instances exécutives.
Selon moi, il faudrait être incroyablement naïf pour croire que nos adversaires politiques les plus acharnés et les plus intéressés se sont découverts, quelque part en cours de route, des vertus morales et qu’ils ont renoncés, dans les années 70, à user de toutes les tactiques de guerre politique (espionnage, infiltration, etc.) qu’ils employaient déjà, quoique maladroitement, au temps où l’on volait la liste des membres du PQ et qu’on créait de fictives cellules du FLQ. Entre être paranoïaque et voir des traîtres partout et être ridiculement naïfs et s’imaginer que l’adversaire n’est pas capable d’être mesquin, il y a un juste milieu qui s’appelle la vigilance.
Bravo à Gilbert Paquette pour sa proposition constructive. Souhaitons que la refondation se fasse sur une base plus solide et surtout assez grande pour accueillir tout le monde.
Monsieur Paquette s’inscrit en quelque sorte, dans la méthode, exactement dans le sens de ce que je proposais hier dans "La charrue derrère les boeufs !"
J’appui cette idée d’États Généraux pour l’automne 2007, cela me semble devenir un impératif d’ordre vital à l’égard de la cause de l’indépendance nationale du Québec.
Normand Perry, chroniqueur à Vigile.
Pour les indépendantistes, former un parti politique serait accepter une fondation marquée essentiellement par un acte de compromis avec le fédéralisme. Pourquoi faudrait-il retomber si vite dans une position de faiblesse ? Il faut réfléchir. La chute du Parti québécois n’est pas que la chute du Parti québécois, c’est, aujourd’hui plus que jamais, l’échec de la voie partisane elle-même comme véhicule de l’indépendance. Les indépendantistes devraient garder leur parole libre et claire, construire une crédibilité nouvelle dans une institution nouvelle et refuser, par principe et fondamentalement, de s’inclure dans les institutions dont nous voulons nous séparer. L’enjeu de l’indépendance n’est pas un enjeu partisan. Cet enjeu transcende la politique provinciale au quotidien. Le mouvement indépendantiste organisé doit viser à constituer une sorte de phare de l’indépendance et, à ce titre, ses responsabilités lui interdisent de se laisser distraire par d’autres buts que l’indépendance.
Les indépendantistes ont gaspillé longtemps leur énergie dans les voies secondaires de la diversion. Il me semble qu’il faut désormais prendre de l’altitude, donner au mot indépendance sa noblesse en agissant d’abord de façon indépendante. Dans les circonstances, ce serait un geste politique fort. Le mouvement indépendantiste pourra convaincre s’il est conséquent. Je ne suis pas en faveur des compromis avec les institutions provinciales de 1867 et de 1982. Pour nous séparer, il faut construire une organisation souveraine, indépendante du Canada. Libre à tout indépendantiste de militer également dans le Parti politique de son choix, d’influencer ce parti, etc. Mais le coeur et le centre de l’organisation indépendantiste ne peuvent être dans un parti provincial.
G. Verrier
Je vais répéter ce que j’ai toujours dit. Le problème du Parti québécois est un problème de STRA-TÉ-GIE. Le Parti québécois a toujours voulu faire la souveraineté par la voie d’un référendum sur cette question. Or cette stratégie ne fonctionne pas. Quand une stratégie ne fonctionne pas, tout bon tacticien s’adapte. Or le Parti québécois s’est entêté et a découragé la population.
Maintenant, on parle de fonder un nouveau parti. Un vote pour ce parti signifierait un vote pour la souveraineté. Ce qui fait qu’avec peut-être 40 % des votes, ce parti pourrait enclencher la souveraineté. Or cela ne fait pas très démocratique et entraînerait peut-être/sans doute des problèmes de reconnaissance de la part de la population québécoise, du Canada et de la communauté internationale. C’est sans compter aussi la montée de l’ADQ qui râtisse large du côté de l’affirmation nationale, et qui risque de reléguer ce nouveau parti au rang de tiers-parti.
La stratégie que je propose est la suivante. Elle ressemble à celle de l’ADQ. Il s’agit de conserver le PQ, qui, une fois au pouvoir, ou grâce à une alliance avec l’ADQ, proposerait par référendum aux Québécois une souveraineté à l’intérieur d’une union canadienne. En fait, cela reviendrait à la même chose que de faire l’indépendance dans un premier temps, puis dans un deuxième temps, de négocier une union économique, douanière et monétaire avec le Canada, sauf qu’on propose aux Québécois de la faire en un temps. L’idée est de recueillir un fort appui, via à un référendum, à une confédération fortement décentralisée, un État autonome dans une union de type européen, afin de forcer la main aux Canadiens anglais. Ce qui risque d’arriver, c’est que les Canadiens ne suivront pas. Et alors là, des conditions semblables à celles de l’après Meech apparaîtront, et il sera temps de tenir un référendum sur l’indépendance tout simplement. Ce qui est très important, c’est que ces deux référendums se tiennent à l’intérieur d’un même mandat, pour ne pas qu’une volte-face à la Bourassa (1992) survienne à nouveau. Voilà une stratégie claire, de bonne foi, gagnante et démocratique.
Une deuxième chose qu’il faut absolument changer, qu’un autre parti soit fondé ou non, c’est d’instaurer une culture de transparence et de vérité. On ne peut pas construire un pays avec des manigances. On ne peut pas engendrer la foi en un pays avec des mensonges. Comment voulez-vous que les citoyens aient confiance dans un pays, si leurs leaders « mentent comme ils respirent » (re : lire Le Syndrome de Pinocchio, l’essai sur le mensonge en politique d’André Pratte) et sont constamment en train de dénigrer les autres au lieu de se concentrer sur leurs objectifs et d’avoir une attitude constructive ?
Je suggère qu’avant de parler d’États généraux, on tienne des ateliers pour discuter en petits groupes de solutions novatrices comme celles-ci.
Votre proposition est pleine de bon sens politique. Elle redonnerait un immense espoir aux indépendantistes.
Elle permettrait de redonner le goût du militantisme à des dizaines de milliers d’indépendantistes décrochés. Elle permettrait aussi à des dizaines de milliers de nouveaux d’embarquer en vue de bâtir notre pays, le Québec.
Cette vaste coalition indépendantiste serait tellement plus rafraîchissante politiquement, socialement et humainement que l’élection, année après année, de députés dont les mandats principaux sont, au provincial, d’améliorer la « province de Québec » et de se faire réélire, et, au fédéral, d’améliorer le sort du Québec dans le Canada et de se faire réélire.
Je suis un jeune retraité. Parallèlement à mon expérience professionnelle, le militantisme pour l’indépendance du Québec a toujours été ma priorité.
Je suis prêt comme bien d’autres, j’en suis convaincu, à consacrer une bonne partie de mon temps libre à militer jusqu’à ce que le Québec devienne un pays.
Ce que vous proposez m’intéresse puisqu’on arrêterait de « niaiser » et qu’on passerait à l’action pour amener enfin une majorité de citoyens de toutes origines et de toutes les régions à faire le "Pas de l’indépendance" avec nous.
N’hésitez pas à communiquer avec moi via Vigile qui pourra vous donner mon courriel.
Georges Le Gal N.B. Je vous invite à lire mon article : "Le Pas de l’indépendance" paru dans Vigile le 26 mars dernier article qui traite un peu du même sujet.
"• Faire porter chaque élection sur la réalisation de la souveraineté, quitte à risquer la défaite, jusqu’à la victoire, un vote pour le parti étant un vote pour enclencher la démarche vers la souveraineté, la tenue d’un référendum se faisant au moment qui sera jugé nécessaire pour obtenir la reconnaissance internationale de l’État du Québec. Cette position est essentiellement celle du Parti Québécois dans son programme de 1975 et de 1989." (G. Paquette)
Et c’est la position et stratégie qui nous fait échouer chaque fois.
Voici un excellent document du MES qui mériterait d’être publié sur Vigile :
"Reconnaissance internationale et consultation populaire
En ce qui regarde la chimère de la reconnaissance internationale, nous devons écouter les véritables spécialistes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Malgré leurs légères différences d’opinion, il semble qu’il y ait certains points majeurs sur lesquels tout le monde s’entend. Cela démontre à quel point le mouvement souverainiste est dans l’erreur au Québec. Jacques Brossard — qui fut professeur de droit international à l’université de Montréal et fonctionnaire du ministère des affaires étrangères du Canada — affirme que la reconnaissance internationale ne dépend que de l’État la recherchant pour lui-même. Et ce, indépendamment de tout, même des consultations populaires. Brossard en ajoute en affirmant que « l’exercice du droit à l’autodétermination n’exige pas, pour être juridiquement valide, que la population concernée soit consultée par plébiscite.1 »
Sur ce, même Charles Rousseau — « l’un des plus éminents auteurs de la doctrine française de l’après-guerre en droit international » dont le célèbre Concours Charles Rousseau tire son nom — affirme sans détour : « dès lors que l’État existe en fait, il existe en droit, indépendamment de tout assentiment des États tiers. 2 »
Alors, les autres États n’ont d’autres choix que de reconnaître le nouveau pays. Jean-Maurice Arbour, professeur de droit international public à l’université Laval, ajoute pour sa part que : « […] l’étude du droit international nous démontre que ce dernier est généralement indifférent à la nature du processus par lequel une population donnée accède à l’indépendance ; il se limite plutôt à enregistrer le fait, purement et simplement.3 »"
Texte au complet ici : Reconnaissance Internationale ; la chimère étapiste. http://www.m-e-s.org/gauche/bibliotheque/texte/2006-02-22_riq.pdf
Et pour une élection de l’indépendance, il faut établir préalablement un portrait clair et le plus concensuel possible de ce que sera cet État indépendant. Ce n’est donc pas l’indépendance en soi qui doit être le coeur du programme mais le pays indépendant. La proposition de Louis Bernard est invendable. C’est comme si on proposait à un groupe d’investir tout ce qu’ils ont dans la construction d’une grande maison dans laquelle tous vivront, mais que le plan et la grandeur de leur quartiers respectifs ne leur seront dévoilés qu’après la construction !
Le rêve doit être accompagner d’un plan (constitution). Si nous arrivons à un plan qui emballera une majorité, alors nous aurons l’investissement (votes) et nous mettrons à la construction (indépendance).
Pas besoin d’un autre référendum.
Une fois la base bien en place (Déclaration par l’État élu démocratiquement) nous passons donc de l’abstarit au concret et l’international ne pourra que reconnaître ce qui est bien là.
G. Verrier affirme "Pour les indépendantistes, former un parti politique serait accepter une fondation marquée essentiellement par un acte de compromis avec le fédéralisme."
Pas si ce parti remet l’indépendance au centre de son programme et de son action politique. Pas si à chaque élection on informe la population qu’un vote pour le parti est un vote qui enclenche la démarche vers la souveraineté. Pas si on change de stratégie en affirmant que nous nous ne croyons par que l’on ne peut pas se donner un bon gouvernement dans le régime fédéral qui minorise la nation québécois et ravale ses dirigeants au rang d’éternel quêteux et de dépendants politiques.
Ce n’est pas un acte de compromis avec le fédéralisme que je propose mais un acte de rupture. Pour faire l’indépendance du Québéce, il faut rompre avec le régime fédéral, j’en suis d’accord. Aucune indépendance ne peut se faire sans un grand parti politique capable de la réaliser.
Ne sous-estimons pas aussi les moyens organisationnels et financiers que donnent un parti politique (plutôt qu’un mouvement, il y en a déjà beaucoup), un parti politique qui accepte de rester dans l’opposition tant qu’il n’a pas un appui suffisant à son option fondamentale.
La question est loin d’être vidée, M. Paquette. Voici quelques points qui demandent des éclaircissements.
Si le parti ne veut pas gouverner une province, il doit être logique et fin stratège. Il devrait alors reconnaître que que ses membres peuvent adhérer également à un autre parti. Ce double membership leur permettra d’abord de défendre les idées de l’indépendance dans les deux partis, cela va de soi. Mais dans la seconde formation politique ils pourront également agir sur le plan de la politique provinciale dans le sens de leur affinité économique et sociale. Ils seront Solidaire, Vert, ADQ mais ils donneront toutefois leur vote au parti indépendantiste, jusqu’à ce que l’indépendance soit déclarée. Cela est possible et souhaitable si le parti indépendantiste n’existe que pour réaliser l’indépendance. Dans ce cas, il doit renoncer à vouloir faire l’unanimité dans ses rangs sur ce que sera la politique X,Y,Z du Québec indépendant. D’ailleurs, pour faire vivre la politique du Québec indépendant, qui pourrait être la politique de tous les Québécois de demain, il faut lui donner de l’espace. Il me semble que l’on arrive à un point où les gens comprennent (enfin !) qu’on peut être plus à l’aise avec les idées socio-économiques de L’ADQ ou des Verts et être indépendantiste.
Compte tenu de la forte tradition de collaboration avec les institutions du fédéralisme qui est un fait marquant de notre histoire, disons au moins depuis Lafontaine, il faut prévenir le glissement. La présence de la pensée fédéraliste s’est infiltrée dans tous les aspects de notre vie. Elle passe même inaperçue, essentiellement parce qu’elle est peu combattue. À ce phénomène s’ajoute le désir légitime des politiciens de faire de brillantes carrières. Remarquons que les souverainistes constitueront bientôt (si ce n’est déjà fait) un corps de retraités du fédéralisme plus nombreux que les politiciens « souverainistes » actifs. On peut même légitimement se poser la question : À quand le premier retraité du Bloc à siéger au sénat pour y défendre les intérêts du Québec ? Une fois le doigt dans l’engrenage, le reste suit et la crédibilité s’envole. Dans ce contexte, un parti politique indépendantiste demeure très vulnérable car il ne peut se rattacher à aucune tradition, à aucun modèle québécois (ou si peu) d’organisation politique indépendante du fédéralisme. Je demande comment ce parti politique que vous voulez fonder ou refonder se prémunira contre le retour naturel ? Comment ce parti évitera-t-il de former des politiciens professionnels plus attachés à leur carrière qu’à la cause ?
Il me semble que la façon d’y arriver serait de mettre un éventuel parti politique, dont l’utilité à ce moment-ci ne m’apparaît pas bien fondée, sous la gouverne d’un état major indépendantiste arc-en-ciel, absolument indépendant des institutions fédérales et financé exclusivement par ses membres. Il importe d’abord de se libérer mentalement et matériellement de l’emprise du fédéralisme par la formation d’une institution puissante, tout à fait indépendante, et qui ferait de cette indépendance son fonds de commerce. Peut-on songer à prendre exemple sur Vigile ou sur l’Action nationale et en multiplier la taille par dix ou vingt ? Une des tâches qui incombe au mouvement souverainiste est de favoriser le développement de la production intellectuelle indépendantiste pour donner du souffle à notre mouvement. On remarquera que bon nombre d’essais produits par nos intellectuels traitent de la part de fédéralisme qu’il faut mettre dans le souverainisme, alors que d’autres se contentent de critiquer le fédéralisme mais d’un point de vue ambigüe qui ne fait pas à l’indépendance la place qu’elle devrait avoir. Finalement, les contributions des intellectuels sur le concept d’indépendance, sa valeur, sa signification, les analyses du PQ d’un point de vue indépendantiste, etc. se font rares dans le paysage littéraire. Toute refondation solide ne peut faire l’économie d’un exame en profondeur de l’échec historique du Parti québécois en commençant par le RIN et en remontant plus loin. Si c’est ce que vous souhaitez initier avec votre appel aux États-généraux, je suis d’accord. Mais il faudra se donner du temps car il y a beaucoup de pain sur la planche.
G. Verrier
APPUI À LA DÉMARCHE DE GILBERT PAQUETTE Beaurepaire (dans Beaconsfield ), le 12 mai 2007.
Parfaitement d`accord. ENFIN !!
Avec cette précision : la conjoncture étant ce qu`elle est, il faudrait ABSOLUMENT que cet exercice, qui serait spectaculaire, passionnant, très achalandé, très révélateur de la diversité des indépendantistes, et incontournablement envahissant dans les media, donc très crédible, et très mobilisateur ( le genre d`évènement emballant en face du quel un "indécis" est incapable de résister à sa pulsion suiveuse ! ), ait lieu et soit conclus AVANT le vote sur la chefferie du PQ , de sorte que chaque candidat n`ait pas d`autre choix que de se commettre "pour " ou "contre"ce qui en sera sorti. impossible de refuser une telle "Union Sacrée " !
Il nous FAUT donc agir VITE , TRÈS VITE, TRÈS TRÈS VITE !
Et surtout, AGIR sans commettre l`erreur psychologique suicidaire , la rationalisation des velléitaires, de se soumettre à la passivité attentiste déplacée d`un "démocratisme" hyper "respectueux" de l`apparente "volonté"d`un peuple paralysée dans la réalité , par son "impuissance apprise" inconsciente ( voir Seligman, pour ce concept neuro-psychologique fondamental , élémentaire, mais lumineux ! )de semi -décolonisé ( j`inclus là dedans même des gens comme Bernard Landry, adepte avoué du dogme de "la Rectitude politique contre la quelle en politique il ne faut jamais aller" et la plupart de nos députés , semi décolonisés qui s`ignorent : les plus "aliénés", à leur insu : les pires ! ).
Cette bataille là, on y va pour la GAGNER, coute que coute !
Il nous faudra SAVOIR nous résoudre à bousculer quelque peu , avec doigté mais sans pusillanimité, ce qui n`est rien d`autre que du "leadership" en somme, ces "volontés indécise" : se rappeler que " La faiblesse est le seul défaut qui ne SE corrige jamais"( La Rochefoucauld), et qui ne peut donc être corrigée que par une intervention de l`extérieur : savoir "respecter", en les recrutant énergiquement, les FORCES LATENTES des citoyens plutôt que leurs faiblesses apparentes en les y abandonnant !
Par ailleurs, il me semble que le programme actuel du PQ contient déjà à peu près tout ce qu`il faut, autant en termes de principes que de projets d`action et même d`"actes de rupture", pour que la suprême habileté de notre démarche puisse consister à en extraire l`essentiel et regrouper, concentrer les éléments éparpillés sous divers titres, pour en faire un NOYAU DUR , évident, impossible à renier ni camoufler... une "offre que le PQ ne pourra refuser", en somme !
PS : voir , sur "Vigile" du 5 novembre 2006, mon billet "Les temps sont murs ".
Avec toute mon estime ...et mon appui concret quand vous le voudrez, aussi modeste puisse-t-il s`avérer .
Georges-Étienne Cartier, Ex candidat (NDG, 1973), ex Président de Comté( D`Arcy Mc Gee années 70, Jacques Cartier années 2000, ad 01/20050... Ni "pur" ni "dur", mais radical et implacablement déterminé !

10601$ 53%
|
Pour contribuer en ligne
|