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Derrière son silence, un Mitterrand sympathisant
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mardi 24 juillet 2007


André Duchesne - De tous les politiciens français de premier plan, c’est sans doute l’ancien président socialiste François Mitterrand qui a le moins rendu publique son opinion sur le Québec. Or, selon Louise Beaudoin, Mitterrand a répondu présent lorsque le Québec a eu besoin de lui.

C’est particulièrement vrai, dit-elle en entrevue, au moment de la tenue du premier Sommet de la francophonie. Dès 1983, le président français avait parlé de ce projet avec Pierre Elliott Trudeau en marge du Sommet du G7. Il souhaitait que celui-ci devienne réalité au cours de son premier septennat (1981-1988).

« M. Trudeau ne voulait rien savoir d’une représentation du Québec à un tel sommet, se remémore Mme Beaudoin, devenue déléguée générale du Québec en 1984. À ce moment-là, nous sommes intervenus. Nous sommes allés voir Mitterrand et lui avons proposé d’attendre. »

Le gouvernement Lévesque faisait alors l’analyse que les libéraux seraient battus aux prochaines élections de septembre 1984. Or, le chef conservateur Brian Mulroney avait déjà manifesté son ouverture à une présence québécoise au premier sommet. « Nous avions l’impression que nous pouvions nous entendre avec les conservateurs », dit Mme Beaudoin.

C’est ce qui s’est passé. Mitterrand a attendu, les conservateurs ont été élus, le premier Sommet de la francophonie eut lieu à Paris en 1986 et le Québec y était représenté.

Mme Beaudoin fait aussi remarquer qu’il était impossible à François Mitterrand d’endosser aussi clairement que le général de Gaulle une position forte en faveur du Québec pour la bonne raison que les deux hommes étaient des ennemis politiques jurés. Aux élections présidentielles de décembre 1965, de Gaulle et Mitterrand s’étaient d’ailleurs affrontés au second tour. De Gaulle avait été élu.

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