
Heureusement que le ridicule ne tue pas car P. Marois devrait se trouver de nouveaux ministres toutes les semaines. Nous venons de vivre deux épisodes pour le moins troublants et déprimants compte tenu des positions ineptes exprimées par deux ministres cette semaine. J F Lisée et Maka Kotto.
Le premier a dissimulé son appétit financier en cachant qu’il percevait deux rémunérations. Il est devenu de ce fait un récidiviste puisqu’il avait déjà fait preuve d’un manque de transparence en cachant le double statut d’André Boisclair. Comble de turpitude, il jouait au candide en confessant que cette situation le turlupinait. Mais avant que les médias l’épinglent, il s’était bien gardé d’agir selon sa pseudo bonne conscience de gauche et de renoncer aux avantages que lui donnait l’Université de Montréal, qui elle-même déchire sa chemise sur la place publique pour dénoncer son manque de financement. Décidemment, tout devient loufoque au Québec.
Mais le comble de ce spectacle d’indignité est venu du ministre de la culture qui a dépensé 64,000 $ pour une rencontre avec les conseillers culturels des Délégation du Québec. N’oublions pas ici que le gouvernement Marois coupe radicalement dans les dépenses publiques et exhorte les Québécois à la nécessaire austérité. Mais, apparemment son message ne s’est pas rendu dans les ministères. La gabegie règne dans les coulisses.
L’ineffable ministre, pince sans rire, nous explique que cette dépense somptuaire était justifiée, qu’il fallait faire venir de l’étranger ces 22 conseillers à Montréal pour les immerger dans la culture québécoise. Il faut faire connaître à ces Québécois, disait-il, la richesse de la culture québécoise, eux dont le mandat et le travail consistent à la faire rayonner. On se demande bien ce qui a changé fondamentalement dans l’offre culturelle québécoise des deux derniers mois pour devoir organiser d’urgence une séance d’immersion ? Ces conseillers seraient devenus des Martiens ignorants tout de la culture québécoise ? Bizarre aussi se diront les sceptiques que le gouvernement du Québec soit revenu à l’ère du bateau à vapeur pour transmettre des messages et qu’on ait oublié l’existence des technologies modernes de communication qui permettent de tenir des vidéo-conférences beaucoup moins coûteuses.
Si on suit le raisonnement de ce ministre, ne devrait-on pas aussi réunir tous les conseillers économiques des délégations ou encore les conseillers à l’éducation ? Et que font les délégués eux-mêmes dans leur délégation ? N’est-ce pas à eux de donner des directives à leurs cadres ? Y aurait-il une lutte de pouvoir entre le chef de la diplomatie québécoise, J-F. Lizée et le ministre de la culture ? Qui dirige la politique internationale du Québec ? Les conseillers culturels ont-ils acquis leur autonomie administrative et relèvent-ils du ministre de la Culture ? Franchement, ces explications ne tiennent pas la route. A l’ère de l’austérité budgétaire, il faut de la cohérence dans la gestion des fonds publics. La rigueur intellectuelle est le premier pas à faire pour instaurer la bonne gouvernance.


