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A tout prix, lire le texte de Pierre Cloutier
Denise Bombardier, Lucien Bouchard et Hérouxville
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
vendredi 26 février 2010      2532 visites      2 messages


Dans le Devoir de samedi le 20 février, Denise Bombardier a publié un texte sur son ancien amant Lucien Bouchard dont elle explique le parcours politique, la relation avec le Parti québécois et somme toute la psychologie. Celle qu’on appelait jadis B-55 en faisant un mauvais jeu de mots avec son nom, évidemment inspirée par son sujet fait une analyse où elle brasse des concepts qui mériteraient d’être repris un à un et nuancés sinon rectifiés. comme la tolérance ou l’ouverture d’esprit.

Je ne donnerai qu’un exemple qui m’a touché et que je commenterai. Elle écrit :

"En fait, Lucien Bouchard vient de plomber le débat. Accuser ses anciens amis d’intolérance et d’aveuglement antireligieux, accabler le PQ en le déclarant l’héritier naturel de l’ADQ populiste et démagogique, c’est jeter l’anathème sur tous ceux qui refusent les conclusions bien-pensantes et fort discutables de la commission Bouchard-Taylor. C’est insinuer que la pensée souverainiste, voire nationaliste, contiendrait en elle-même l’intolérance, la fermeture d’esprit et la peur de l’étranger. On peut s’étonner du silence passé de M. Bouchard à l’endroit de l’ADQ lorsque ce parti était dirigé par Mario Dumont, dont il fut une sorte de mentor. Ce dernier n’exprima-t-il pas une forme de frilosité identitaire québécoise dont Hérouxville fut l’expression caricaturale."

Selon Denise Bombardier qui sacrifie à une mode, Hérouxville serait "l’expression caricaturale d’une forme de frilosité identitaire". Qu’est-ce que c’est que ce concept flou et vague de "frilosité" ? Qu’est-ce que c’est que la frilosité identitaire ? Et comment Hérouxville peut-il en être l’expression et en plus l’expression caricaturale ?

On peut avoir l’opinion qu’on veut sur André Drouin. Il raisonne comme un ingénieur pas comme une romancière. Quand il dit que ce sont les divinités qui doivent s’accommoder au mode de vie des Québécois et non pas le contraire et que par conséquent les accommodements que les divinités essaient de nous imposer ne sont pas raisonnables, il a une façon de s’exprimer qui frappe dans le mille. Par exemple, il pense que l’égalité homme-femme doit passer avant des demandes d’exception qui sont plus culturelles que vraiment religieuses.

Dans le mode de vie rédigé par André Drouin et adopté par le conseil municipal d’Hérouxville et par d’autres conseils municipaux, il n’y a absolument rien de caricatural. C’est la description juste et pittoresque des principales coutumes et façons de vivre des Québécois. Avec cette idée toute simple que ces façons de vivre sont valables et dignes de respect. Je me demande parfois si les contempteurs d’Hérouxville ont lu le texte lui-même. Parfois, j’en doute. C’est une expression amusante et remplie d’un humour décapant de notre identité. Il n’y a absolument rien de frileux là-dedans et absolument rien de caricatural.

On s’est servi du passage sur la lapidation des femmes pour tenter de ridiculiser le mode de vie. A Hérouxville, on a peur que les musulmans qui immigreraient lapident les femmes ah ah ah qu’ils sont arriérés ces villageois. C’est un contre-sens flagrant. Dans cette partie du texte qui fut ensuite biffée, André Drouin s’est permis une attaque voltairienne bien sentie contre les intégristes musulmans qui ont une façon de traiter les femmes qui n’ont pas été fidèles à leur mari qui n’est pas une invention du conseiller d’Hérouxville.

Quant au livre de Bernard Thompson aujourd’hui maire d’Hérouxville alors qu’André Drouin n’est plus conseiller, "Le syndrome Hérouxville ou les accommodements raisonnables", c’est un livre remarquable qui atteint son but : décrire l’engagement de personnes prêtes à soutenir avec courage et détermination les valeurs fondamentales de notre identité québécoise. C’est tout le contraire d’une frilosité caricaturale.

Quant à savoir si, par ses attaques gratuites, "Lucien Bouchard vient de plomber le débat", c’est lui accorder un pouvoir qu’il n’a pas. Il n’a même pas daigné d’excuser de s’être trompé en accusant Pauline Marois d’avoir traité son frère Gérard d’Elvis Gratton. Ça vous donne une idée du manque de classe de l’associé principal du bureau d’avocats de Toronto Davis, Ward, Philipps, Vineberg qui défend Coventree dans l’affaire des Papiers commerciaux. (voir le texte capital de Pierre Cloutier : "Le vrai visage de Lucien Bouchard"). Quand il s’agit des Juifs, Lucien Bouchard grimpe vite dans les rideaux. On l’a vu dans l’affaire Yves Michaud. On vient de le voir dans l’affaire de la modification du régime pédagogique pour "accommoder" six écoles juives qui vivent encore à l’époque du Talmud. Pour comprendre pourquoi, lisez le texte de Michel David, "Les sueurs de Lucien" où il explique les rapports du bleuet à l’argent. Ça donne une drôle de teinte à ses références démagogiques à la "générosité" de René Lévesque par rapport aux immigrants que Pauline Marois serait en train de trahir. Quand René Lévesque a compris que ses défaites dans Laurier étaient causées par le vote inconditionnel fédéraliste des ex-immigrants, je me demande s’il s’est senti si généreux que cela. Pierre Drouilly et Michel Lepage l’ont convaincu de changer de comté et de se présenter dans Taillon, un comté à 95% francophone où il fut élu, évidemment.

Dans son intervention intempestive, Lucien Bouchard a multiplié ce qu’on appelle en anglais "les cheap shots". Vous comprendrez que je sois resté glacial devant son plaidoyer pour la hausse des frais de scolarité universitaires, plaidoyer qu’il a osé qualifier, avec un humour noir inconscient, de convivial. La convivialité de Lucien Bouchard se nourrit du concept de simplicité volontaire qu’il a appliqué alors que, premier ministre, il vivait dans le bunker sur la Grande-Allée. Regardons plutôt du côté de "l’économie autrement" pour sortir de l’obsession du déficit qui a conduit un premier ministre du Québec à se faire dicter ses politiques par Standard and Poor’s. Avec les conséquences que l’on sait. Avant de prendre Lucien Bouchard comme guide et flambeau, nous demandons à réfléchir.

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 25 février 2010




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Vos commentaires:
  • Denise Bombardier dite B-52 Robert Barberis-Gervais
    27 février 2010
    correction : on l’appelait B-52 et non B-55, erreur explicable par contamination de Liberté 55 (retraite à 55 ans). Le bombardier B-52 Le B-52, symbole de la puissance américaine, a été la grande vedette des guerres du Golfe Le B-52 est un bombardier lourd construit depuis 1952, d’envergure 56, 39 m avec une longueur de 49, 09 m et une hauteur d’environ 19, 40 m ; sa masse à vide est d’environ 73, 48 tonnes et peut (...)

    Lire ce commentaire

    correction : on l’appelait B-52 et non B-55, erreur explicable par contamination de Liberté 55 (retraite à 55 ans).

    Le bombardier B-52
    Le B-52, symbole de la puissance américaine, a été la grande vedette des guerres du Golfe

    Le B-52 est un bombardier lourd construit depuis 1952, d’envergure 56, 39 m avec une longueur de 49, 09 m et une hauteur d’environ 19, 40 m ; sa masse à vide est d’environ 73, 48 tonnes et peut atteindre 211, 335 tonnes
    elle peut contenir environ 22, 65 tonnes de bombe ; Au niveau de la mer elle a une vitesse de 655km/h par contre en haute altitude elle atteint 955km/h ; avec un plafond de 18150 m et un rayon d’action de 16095km.

    Pendant les 10 premières années de son service dans l’Armée de l’Air, le Stratofortress a fonctionné dans une atmosphère de guerre froide. En Juin 1965, il a été employé pour la première fois, pour frapper des cibles au Vietnam avec les armes conventionnelles, fournissant un support nécessaire pour les forces terrestres. Le B-52 était le premier avion des États-Unis lancé dans la guerre du Golfe en 1991 et en 2003, où sa cadence de fiabilité était encore plus haute que pendant les exécutions au Vietnam.

    La flexibilité de l’avion était évidente pendant la guerre du Vietnam et encore, pendant les guerre du Golf. Les B-52 ont frappé des concentrations de troupe en large-zone, des installations fixes et des soutes, et ont complètement décimé le moral de la garde républicaine de l’Irak. (fin de l’information sur les B-52)

    Je l’appelais B-52 à cause de la lourdeur de certaines de ses interventions.
    Elle a un petit côté moralisateur et mère supérieure. Mais comment ne pas être d’accord avec elle quand, à la télévision française, elle a défendu la langue française et pourfendu le séducteur de très jeunes filles, l’écrivain Gabriel Matzneff qui décrit ses conquêtes dans son journal. Ce furent de bons moments de télévision où nous étions fiers de cette Québécoise qui ne se laissait pas intimider par les Français et qui avait raison sur le fond.

    Je suis d’accord avec elle sur le voile.

    J’ai eu affaire avec elle une seule fois. Pierre Drouilly et moi venions de publier "Les Illusions du pouvoir" (les erreurs stratégiques du gouvernement Lévesque). Je devais passer à son émission. Elle voulut m’imposer la présence de Louise Harel pour faire contrepoids à nos critiques virulentes de l’étapisme. Ça ne me tentait pas de discuter avec la mieilleuse Louise Harel qui aurait tenté de noyer le poisson. Je refusai. Elle fut inflexible. Je ne passai pas à son émission. Je fus témoin de cet exercice médiocre du pouvoir au féminin. Son petit pouvoir passait avant le bénéfice que les auditeurs auraient pu tirer d’une critique originale et pertinente du fameux étapisme de Claude Morin-René Lévesque qui m’a fait écrire une phrase dont je suis particulièrement fier : "Le référendum avait pour but de prendre le pouvoir et non de faire l’indépendance". Elle est encore vraie aujourd’hui.

    Un de ses articles récents sur Pierre Foglia montrait qu’elle crevait d’envie devant le style, l’originalité, la subtilité et l’indépendance d’esprit du plus fraternel de nos chroniqueurs qui fait souvent oublier qu’il écrit dans "La Presse", le journal de propagande à Desmarais qui manipule l’opinion par de faux sondages, des articles tendancieux et des éditoriaux tordus. Le Conseil de presse vient de rejeter ma plainte contre André Pratte qui a déformé les intentions des concepteurs du Moulin à paroles en écrivant sur le site cyberpresse un article intitulé vicieusement : Célébrer le FLQ. C’est une malhonnêteté qui échappe au Conseil de presse. J’y reviendrai.

    Robert Barberis-Gervais, samedi, 27 février 2010


  • Denise Bombardier, Lucien Bouchard et Hérouxville
    20 mars 2010, par François A. Lachapelle

    Lucien Bouchard : doit-on lui tenir rigueur de ses hésitations, de ses démissions et de ses succès momentanés, parfois sans lendemain ? Depuis quelques mois, l’homme reprend publiquement la parole. Dans notre société démocratique, même imparfaite, il faut respecter la personne qui prend la parole. Le peuple cherche la lumière pour ne pas dire qu’il cherche un guide. En somme, un(e) guide est souhaitable et recherché pour trouver le trou de la serrure dans le noir et faire la lumière.
    Je suis reconnaissant envers Lucien Bouchard pour avoir mis l’épaule à la roue de la souveraineté acquise honnêtement par le peuple du Québec lors du référendum du 30 octobre 1995. Nous ne devons jamais oublier ce haut fait d’histoire du Québec contemporain. Sans les subterfuges pensés et orchestrés avec les millions de $ d’Ottawa via le Conseil privé, le Québec serait un pays pacifique et prospère depuis bientôt 15 ans.
    Et oui, déjà 15 ans ont passé depuis et Lucien Bouchard a le goût d’intervenir dans des débats publics d’importance : la future souveraineté du Québec, la laïcité de l’État du Québec et Elvis Gratton pour la note humoristique.
    Voici ce qui me frappe dans les interventions de Lucien Bouchard :
    - ses paroles et sa réputation résonnent dans notre société ; il est écouté.
    - ses propos sont largement commentés.
    - finalement, sa pensée n’atteint pas les sommets que les québécois espèrent de
    sa part. Il y a comme un manque de fini, de profondeur dans les sujets qu’il
    aborde, une absence de sagesse.
    - c’est plutôt des paroles affolantes, des mises en garde contre des malheurs.
    Comment se fait-il que cet homme touchant la 7e décennie de vie, avec amours et souffrances de terre humaine, ne soit pas plus clairvoyant et confiant dans la vie ?
    L’homme qui a contribué à mettre la vie au monde n’a pas le choix que d’espérer ... et avec convictions. J’espère que Lucien Bouchard trouvera ce chemin de l’espoir et de la vie.
    François A. Lachapelle









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