Il y a beaucoup d’action dans la section Québec du Parti libéral du Canada qui est sous la direction de Denis Coderre, le matamore en chef, émule de Jean Chrétien qui est son modèle. J’avais pensé confier le dossier Coderre à Caroline Moreno ou à Christian Montmarquette qui ne doivent plus avoir grand chose à dire contre le Parti québécois ou Pauline Marois. Mais j’ai décidé de m’en occuper moi-même tant la matière est savoureuse.
Denis Coderre, c’est le ministre qui allait passer ses fins de semaine avec les bénéficiaires du scandale des commandites et qui avait le culot de menacer de poursuites les députés du Bloc québécois qui en informaient les électeurs. Pour faire oublier sa connivence avec le régime Chrétien de manipulation de l’opinion publique et de détournement de fonds publics au bénéfice du Parti libéral et des firmes de publicité, il est venu faire du charme à Tout le monde en parle et de la critique de cinéma chez Bazzo. Il fallait être bien ignorant ou bien naïf pour se laisser charmer.
Comme lieutenant de Michael Ignatieff au Québec, Denis Coderre a imposé une candidate, Nathalie Le Prohon, femme d’affaires de Montréal, dans le comté d’Outremont, contre la volonté de militants de l’exécutif et de la base qui voulaient une assemblée d’investiture qui ouvriraient la porte à Martin Cauchon, candidat de prestige qui pourrait battre Thomas Mulcair du NPD. Or le chef officiel du Parti libéral du Canada a été placé devant le fait accompli par le chef officieux du Parti au Québec. Ou il désavouait Denis Coderre en ordonnant une assemblée d’investiture ou il renonçait à la possibilité que les militants choisissent le poids lourd Martin Cauchon, faisant ainsi perdre la face au pitbull Coderre. Ignatieff a tranché contre Martin Cauchon et pour Denis Coderre.
Jean-Denis Bellavance écrit dans La Presse : “En privé, plusieurs militants libéraux croient que M. Coderre tente de contrer le retour de M. Cauchon parce qu’il le voit comme une menace dans une éventuelle course à la direction du Parti libéral. M. Coderre n’a jamais caché son intérêt à cet égard. Il a d’ailleurs aussi tenté de bloquer la route à Steven MacKinnon à l’assemblée d’investiture dans Gatineau, mais sans succès. M. MacKinnon est vu par plusieurs observateurs comme ministrable dans un gouvernement Ignatieff.
En entrevue, M. Cauchon a dit souhaiter que le chef libéral Michael Ignatieff donne sa bénédiction à une assemblée d’investiture.”
Selon le même journaliste, “M. Ignatieff a rejeté la demande de l’ancien ministre de la Justice, Martin Cauchon, qui souhaitait effectuer un retour en politique fédérale. M. Cauchon avait dit souhaiter dimanche que les hautes instances du parti tiennent une assemblée d’investiture dans Outremont, une circonscription qu’il a représentée à la Chambre des communes pendant 11 ans.
Mais M. Ignatieff n’a pas osé désavouer son lieutenant politique, selon des informations obtenues aujourd’hui par La Presse. Mais cette décision du chef libéral provoque déjà une onde de choc dans les rangs libéraux non seulement dans Outremont, mais aussi ailleurs au pays.”
D’autre part, selon Emmanuelle Latraverse, Coderre aurait fait une grave erreur en ne donnant pas le comté de Louis-Hébert dans la région de Québec à l’homme d’affaires Jean Leclerc qui aurait le vent dans les voiles puisqu’il s’est illustré comme président du conseil d’administration de la Société du 400e anniversaire de Québec et pdg du Groupe Leclerc depuis 2003. Selon Karine Gagnon du Journal de Québec, Hélène Scherrer a été écartée du comté de Louis-Hébert. Karine Gagnon écrit :
“Il s’agit d’un comté fort prisé, puisque l’ex-ministre Hélène Scherrer comptait elle aussi se présenter dans ce comté, mais elle aurait été placée sur la voie d’évitement. Plusieurs sources indiquent qu’elle ne figurait pas dans les plans de Denis Coderre, lieutenant politique de Michael Ignatieff au Québec.
Lors du congrès du PLC à Vancouver, en avril dernier, Mme Scherrer avait écarté la possibilité de se présenter dans un autre comté. « Louis-Hébert, c’est chez moi », avait-elle lancé.
Deux personnalités bien connues à Québec, l’homme d’affaires Jean Leclerc et l’avocat Jean Beaupré, brigueront l’investiture pour devenir candidats du PLC dans le comté de Louis-Hébert.”
Ainsi donc avec la dextérité d’un éléphant dans un salon de porcelaine, Denis Coderre mécontente les militants du comté d’Outremont et risque de perdre ce bon comté aux mains de Thomas Mulcair du NPD tout en s’aliénant un homme d’envergure comme Martin Cauchon. Coderre a aussi subi la défaite dans Gatineau. Et ce qui se passe à Québec, selon Emmanuelle Latraverse. montre la maladresse d’un lieutenant qui en mène trop large, opinion partagée par Chantal Hébert et Michel C. Auger et exprimée aux Coulisses du pouvoir.
Imaginez porté au pouvoir ce parti dirigé par un Michael Ignatieff qui manque déjà de jugement en donnant carte blanche à un rustre (homme grossier et brutal) ou un olibrius (comme dirait Yves Michaud) tel que Denis Coderre. J’encourage le dinosaure Denis Coderre à continuer son beau travail de semeur de zizanie.
Quant à Michael Ignatieff, qui promet de concilier l’environnement et le développement économique sans dire comment il s’y prendra, son seul programme jusqu’ici consiste à nous dire, avec un sourire destiné à hypnotiser un cobra, qu’il connaît la meilleure recette de tarte aux pommes au Canada.
Au printemps peut-être, je vais voter pour le Bloc québécois et pour Jean Dorion.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 21 septembre 2009
