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Jour de vérité pour la Caisse de dépôt et placement
CDPQ : La "passe" des banques
Pierre Cloutier
Tribune libre de Vigile
jeudi 26 février 2009      799 visites      1 message


Jeudi 26 février 2009

CDPQ : La "passe" des banques

[1] Non seulement la Caisse de dépôt et placement du Québec, transformée en "Caisse de casino et rendement" par le gouvernement Charest, a été l’artisan de son propre malheur en participant au capital-actions des promoteurs de PCAA, en particulier Coventree Capital Inc et son associée au Québec, Alter-Moneda, mais elle s’est fait avoir aussi comme un enfant d’école par les banques.

[2] Les banques canadiennes et étrangères avaient promis d’agir comme fournisseurs de liquidités dans ce marché, mais elles ont, pour la plupart, posé une condition importante qui était celle de la "désorganisation générale du marché". C’est d’ailleurs à cause de cette clause ambigüe et mal définie que 2 agences de notation américaines, se sont retirées de ce marché pour laisser toute grande la place à une agence de Toronto, Dominion Bond Rating Service, qui ne s’est pas gênée pour accorder la meilleure cote à ce produit. (Boeuf certifié à 100% au lieu du vulgaire "baloney")

[3] En août 2007, quand le marché s’est effondré pour 27% des fiducies mises sur pied par des institutions non- bancaires, les banques, au lieu de laisser aller leurs propres fiducies (autonomes) - comme elles auraient dû le faire - les ont soutenues et ont empêché ainsi la "désorganisation générale du marché", de telle sorte que les pertes ont été transférées aux investisseurs comme la CDPQ qui en avait pour 12,8 milliards. En effet, si elles avaient laisser aller leurs fiducies qui est la règle de base lorsqu’on veut sortir ses actifs de ses bilans, pour éviter les exigences de fonds propres, les banques ont maintenu le marché et n’ont donc pas été obligées de payer. C’est donc, dans le cas de la CDPQ et la SGF, le "bon peuple", propriétaire collectif de ces organismes, qui va payer.

[4] En plus, quand les principaux créanciers avec les débiteurs ont conclu l’entente de Montréal - le plan de restructuration Crawford - ils ont accordé une immunité quasi-totale en cas de poursuites aux banques, y compris pour certains cas de fraude. Les investisseurs mineurs, comme la Société générale de financement, le Groupe Jean Coutu et Domtar, qui ont tous été intoxiqué par la Banque Nationale du Canada, n’en finissent plus de décolèrer. Le plan des gros requins - avec la participation du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada - ne s’est pas soucié des petits poissons.

[5] "Pourquoi parle-t-on toujours des "requins de la finance" et non pas des "saumons de la finance" ou des "sardines de la finance" ? Si vous ne le savez pas, les saumons et les sardines, eux le savent".

***

[1] Selon un sondage Léger Marketing, 9 québécois sur 10 estiment que le gouvernement Charest doit être tenu responsable des déboires de la "Caisse de dépôt et placement, transformé sous le gouvernement Charest en une "Caisse de casino et rendement du Québec".

[2] 77% sont favorables à une enquête publique.

[3] Pourquoi, croyez-vous, que le gouvernement Charest a déclenché des élections en décembre 2008 ?

[4] Comment est-il possible de concevoir que le premier ministre Charest n’était pas au courant de l’ampleur du déficit, comme il l’a déclaré pendant la campagne électorale ?

[5] Plus le mensonge est gros, plus il risque d’être cru.

[6] Ce n’est pas la CDPQ qu’il faut démanteler, c’est la pensée néo-libérale en son sein. C’est la mentalité "affairiste" de l’État Desmarais qui y régne au détriment des intérêts supérieurs du Québec, depuis que le PLQCharest est au pouvoir, dont il faut se débarasser. En bout de ligne, c’est du gouvernement Charest lui-même dont il faut se débarasser, reprendre en main notre semi-État national et en faire un vrai État optimal. Sinon c’est la catastrophe. Les citoyens vont finir par s’en rendre compte.

http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2009/02/20090226-062809.html

***

Mercredi 25 février 2009

[1] Il y a 2 choses à surveiller dans le dossier de la "Caisse de casino et de rendement du Québec".

[2] La première est de noter précieusement le nom des personnes et des groupes qui vont monter aux barricades, de constituer un front commun et même examiner avec un avocat - autre que moi - la possibilité d’un recours collectif. Vous pouvez m’écrire à cloutip@cooptel.qc.ca

[3] Il faut suivre avec intérêt le développement du dossier pour décoder la stratégie médiatique qui sera utilisée par les néo-libéraux de l’État Desmarais (Gesca-La Presse) et ses alliés pour "sauver le soldat Charest", démanteler la CDPQ et se la partager entre eux ou renforcer l’idéologie néo-libérale en son sein. Cela se fera probablement par étapes : courte commission parlementaire pour noyer le poisson, nomination de nouveaux administrateurs néo-libéraux et démantèlement progressive de la Caisse. Le navire amiral de l’État québécois est entouré de requins qui ne demandent pas mieux que de le faire disparaître.

[4] J’ajoute une autre chose très importante. Après l’aveu des dirigeants de la Caisse concernant "l’erreur" du PCAA, il faut déterminer maintenant à qui a profité le "crime". C’est bien beau de ne pas donner de bonus en 2008, mais il faut mentionner que le marché du PCAA s’est effondré en août 2007 et que les bonis se sont payés avant et non pas après. Pas un mot non plus de la part des dirigeants de la Caisse de son double rôle comme vendeur (avec Coventree et Alter Moneta) et comme acheteur. Opacité et brouillage de l’information, d’un bord et aveuglement volontaire de l’autre.

[5] Ceci est un combat important contre le néo-libéralisme, les affairistes, tous ceux et celles qui participent à cette idéologie du capitalisme financier outrancier et qui squattent notre État national pour continuer à mieux le démolir sous prétexte de l’efficacité du marché. L’efficacité des marchés ? On en a un exemple frappant actuellement alors que le système financier et monétaire est en train de s’effondrer sous nos yeux entraînant avec lui la ruine de l’économie.

[6] Citoyens, à vos claviers.

***

Je résume la situation de la CDPQ pour 2008 :

1 - perte de 39,8 milliards$
2 - Rendement de -25% (6% en bas de la moyenne générale)
3 - Baisse de l’actif de 155 milliards$ 120 milliards$
4 - Causes principales : excès de la couverture de change et PCAA
5 - Sur le PCAA, la CDPQ admet son erreur : elle en a trop acheté.
6 - Pas un mot sur Coventree ni sur Alter Moneda. Se défend en disant que le PCAA avait été coté AAA, mais on ne parle pas de l’absence de prospectus, du conflit d’intérêts de DBRS, de l’opacité des promoteurs et vendeurs, du rôle des banques et de la position simultanée vendeur-acheteur de la CDPQ via Coventree et Alter-Moneda.
7 - Pas de bonus en 2008, mais les bonus sur les PCAA se sont pris dans les années antérieures particulièrement en 2006 et 2007.
8 - Commission parlementaire dans les prochaines semaines.
9 - Le rapport annuel 2008 sera disponible sur le site de la CDPQ à http://www.lacaisse.com

***

[1] À compter d’aujourd’hui, il va falloir surveiller intensément la stratégie médiatique adoptée par Gesca-La Presse + Radio-Canada (L’État Desmarais et ses alliés au gouvernement) pour faire passer en douce le désastre financier de la Caisse de dépôt et placement du Québec. (La Caisse du casino et rendement du Québec).

[2] - C’est déjà commencé. La Presse a publié la semaine dernière 2 articles pour questionner la pertinence de la CDPQ et dénoncer le "nombrilisme" québécois, c’est-à-dire l’obligation d’investir dans l’économie québécoise.

[3] Hier, c’était un article qui nous affirmait que le "mal" ne vient pas de Toronto, mais de Montréal.

[4] Demain et dans les jours qui suivront le thème sera la privatisation de la Caisse, ce qui veut dire en douce sa remise à l’État Desmarais. Exactement comme la privatisation d’Hydro-Québec réclamée par Claude Garcia.

[5] Ensuite, la commission parlementaire "élargie" que le gouvernement Charest va mettre sur pied - pour éviter une véritable enquête publique - va finir la job en noyant le poisson.

[6] Il faudra être vigilant.

***

Mardi 24 février 2009

[1] Demain, il y a de fortes chances que cela va barder dans les chaumières du Québec quand la Caisse de dépôt et placement va révéler l’ampleur du désastre annoncé.

[2] Premier rappel : pendant la campagne électorale, le premier ministre Charest a dit très clairement qu’il n’était pas au courant de l’ampleur du déficit de la caisse, même si sa ministre des Finances l’était. Wow, Chose. Tu es le premier ministre du Québec. Ta ministre des Finances est au courant et toi tu ne l’es pas. Plus le mensonge est gros, plus il risque d’être cru.

[3] Deuxième rappel : il est raisonnable de penser que les stratèges libéraux ont déclenché des élections en décembre pour éviter l’impact négatif que produiraient sur son gouvernement les déboires de la caisse. Il ne faut pas oublier cela.

[4] Plusieurs choses seront à surveiller : l’histoire du PCAA, bien sûr, la performance de la caisse par rapport aux autres fonds de pension, les bonus payés aux fonctionnaires de la caisse (39 millions$ en 2006 et 40,7 millions$ en 2007) la part des investissements dans l’économie québécoise et dans les PME et surtout les grandes manoeuvres des plumes à gages de Gesca pour sauver le soldat Charest.

->http://www.lacaisse.com/fr/Pages/Accueil.aspx[5] Branchez-vous sur le site de la CDPQ (http://www.lacaisse.com/fr/Pages/Accueil.aspx) et téléchargez le rapport annuel de 2008 tout en prenant le temps de le lire attentivement et de l’analyser. Vos lumières et observations seront les bienvenues. Après cela, on analysera la stratégie médiatique de ceux qui ont intérêt à minimiser les dégâts.

[6] À vos claviers citoyens.

Pierre Cloutier


ndlr

L’autodestruction de l’Occident commence en Mars 2009

Aucun analyste n’a encore tenté l’exercice d’imaginer dans quel état de délabrement finira la fuite en avant dans laquelle les Etats-Unis entraînent le reste de l’occident, et l’occident avec lui le reste de la planète. L’exercice semble en effet infaisable sur le plan économique. La crise, soupçonnée d’être selon Naomi Klein un montage de la Fed, ressemble au petit glouton jaune de Pac-Man, dont aucune mesure ne semble pouvoir assouvir l’abyssale voracité, et dont le spectre semble vouloir se poser sur le fondement même de l’économie, un fondement dans lequel aucun débat ni projet ne semble vouloir descendre.

lire la suite : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=51569




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Vos commentaires:
  • Jour de vérité pour la Caisse de dépôt et placement
    25 février 2009, par Jean Paul Tellier

    Fondamentalement....

    Le problème de gestion du risque par des meilleurs candidats sans égard à leurs affiliations.


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