"J’ai voulu vous démontrer ce que pouvait être notre patrie. J’ai fait mon possible pour vous « ouvrir » de nouveaux horizons et, en vous les faisant entrevoir, pousser vos cœurs vers la réalisation de nos destinées nationales."
— Honoré Mercier 1901
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(...) Il y a donc, au Québec, un clair manque de leadership politique indépendantiste.
Cela ne veut pas dire, en revanche, que l’indépendantisme n’a pas d’avenir, mais simplement qu’il n’a pas d’avenir dans les structures présentes du pouvoir partisan. Nous sommes encore dans la phase du souverainisme, qui est en phase terminale, il importe donc de préparer, sans précipitation, la phase indépendantiste qui, elle, pourra réaliser l’indépendance du Québec. (...)
En revanche, l’idée d’investir soit le PI ou le PQ, elle, me semble mauvaise, car la premier a déjà tracé son chemin, qu’il a le droit de défendre et de promouvoir, tandis que le second lui, admettons-le, fonce droit dans le mur. Le PQ est irréformable, ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir entente avec ce parti sur certaines choses, mais il ne faut pas espérer que ce parti plie sous la pression, bien au contraire, ce n’est pas la pression qu’il faut, mais bien une compétition légitime, celle de l’indépendantisme pur et dur face au souverainisme des flous et mous. L’indépendantisme doit donc sortir de cette mentalité de lobby, et justement, assumer, ironie oblige, son indépendance.
Les conciliateurs (Paquette et cie.), donc, qui veulent rassembler tout le monde, ont tort, c’est du leadership qu’il faut, pas une bonne entente avec des gens qui n’ont pas de vision de pays, le peuple, lui, suivra, mais il faut absolument, impérativement, écarter les élites péquistes ou souverainistes de la construction d’une nouvelle formation politique, sans quoi, ces gens, qui ont plus à cœur le pouvoir que le pays, chercheront le pouvoir, et sacrifieront, comme l’a fait le PQ, le pays.
Merci à M. Frappier de tenter de susciter un débat sur ces questions sur Vigile. Pourquoi ne pas créer une rubrique « Débats Vigile » pour ce genre d’article qui vise plus spécifiquement à faire un brainstorming sur les idées de la communauté de Vigile. Les propositions de débats (question, propos, article) pourraient être envoyées à M. Frappier, qui en ferait le difficile tri et qui pourrait sélectionner ou synthétiser lorsque cela s’applique (plusieurs propositions convergentes). Un jour précis à toutes les semaines ou à tous les mois pourrait être le jour du lancement de ces « Débats Vigile ».
David Poulin-Litvak
Version intégrale de cet article-commentaire ici.
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Note de Vigile
Je remercie David Poulin-Litvak pour cette suggestion qui apparaît tout à fait pertinente. Ces débats, en retrait de la vie partisane, pourraient bien offrir des perspectives plus fondamentales et plus constructives. La communauté indépendantiste québécoise ne peut que profiter de tels échanges. Une "conversation nationale" qui, plutôt qu’un alibi à l’inaction, serait une sorte de préparation à la mise en place d’une action résolue, concertée et décidée à atteindre son but.
Le PQ et le PI ont fait leurs choix. Le premier, dans l’esprit de plusieurs, a tout simplement capitulé devant l’intransigeance canadian. Son projet de "refonder" le fédéralisme a échoué. Les effets de ce "terrible échec" se font sentir, c’est toute une génération de politiciens "souverainistes" qui voit s’effilocher sa base partisane, et plus gravement encore, ses appuis dans les milieux économiques.
Ce parti, prolongement de l’esprit de la Révolution tranquille, a également échoué à protéger la social-démocratie québécoise, le modèle québécois, Québec inc., cet espace bien à nous qui, sous l’intervention éclairée de l’État, en concertation avec les acteurs socio-économiques, exprimait les valeurs québécoises de créativité et de solidarité.
Il a échoué fondamentalement parce qu’il a conçu son projet sur des bases erronées, en raison de la naïveté de ses prémisses (bonne foi d’Ottawa, deux peuples fondateurs, etc.) et de l’angélisme de ses pratiques (loi référendaire déficiente). Ses énergies se sont épuisées dans cet échec. N’étant plus que l’ombre de lui-même, apparemment incapable d’un virage indépendantiste pur et simple, il s’est résolu au rapetissement provincial. La "gouvernance nationale" dans un Canada uni... pour mieux préparer la sortie du Canada, dont on va faire l’objet d’une "conversation nationale"... Les mots, à Québec comme à Ottawa, affaiblissent les réalités qu’ils sont censés désigner.
Quant au PI, nous l’avons déjà écrit, il mesurera son échec électoral imminent, en raison de sa précipitation et de son manque de réalisme politique. Il aurait dû réussir à convaincre quelques grosses pointures, des noms associés sans ambiguïté à la cause de l’indépendance. Et fort de cette expérience et de cette notoriété de candidats connus, il aurait pu réussir à jouer un rôle considérable, majeur dans le déroulement des événements à venir. Mais personne ne s’est présenté. Sa politique d’une déclaration unilatérale d’indépendance sur simple mandat électoral d’une majorité de sièges a eu un effet repoussoir bien évident. Et c’est très dommage.
Un état des lieux qui ressemble à un creux de vague. Ou à un creuset... Le temps présent est un temps de transition, d’épuration, un temps propice à 1- tirer les leçons du passé, 2- préciser la cible et 3- baliser le chemin pour y parvenir. Les DÉBATS DE VIGILE vont utiliser ce temps dans ce dessein.
Trois chantiers donc pour lesquels Vigile offrira son espace de débat tous les samedis. On y retrouvera les articles reçus pendant la semaine, sur un thème proposé le lundi.
BF
PS - J’attire votre attention sur le fait que DÉBATS VIGILE n’est pas un forum de discussion où l’un répond à l’autre. C’est un lieu de débats, échanges d’idées, ce qui appelle des textes argumentés, élaborés, faisant référence aux idées plutôt qu’aux personnes. La qualité de la langue sera, en outre, un critère de sélection des textes publiés.

