Voici mes amis des extraits du dernier livre d’Alain Dubuc, cet ex-trotskyste devenu éditorialiste à gages pour l’empire Gesca et son "big boss" Paul Desmarais, le mentor du président de la France, le petit Sarkozy, qui sont en train de nous faire une autre job de bras pour les Fêtes du 400e de Québec.
Selon Dubuc, il est temps pour les souverainistes d’admettre leur défaite et de rendre les armes.
De quoi nous donner le goût de nous battre encore plus fort !
"Ce que je suggère, c’est que les souverainistes, et plus particulièrement ceux du Parti québécois, cessent de faire de la souveraineté leur objectif premier, qu’ils défendent les intérêts du Québec d’une autre façon, avec d’autres objectifs. Le temps est venu pour les souverainistes de déposer les armes, d’abandonner le combat dans la forme qu’il prend depuis 40 ans, de modifier le programme de leur parti pour l’ajuster à la réalité politique".
Entendons-nous. Il ne s’agit pas de réclamer une apostasie, de vouloir que les péquistes renient ce à quoi ils croient, qu’ils deviennent libéraux ou qu’ils militent dans le camp du Non. Le fait d’accepter de ne plus se battre pour la souveraineté ne doit pas empêcher un péquiste de croire et d’affirmer que c’est, à son avis, la meilleure solution, le plus beau projet, un rêve merveilleux, tout en reconnaissant que la réalité politique et sociale québécoise le rend impossible et doit le forcer à écarter cette solution. Rien n’empêche un souverainiste de rester souverainiste.
De façon concrète, cela exigerait néanmoins une autre modification de l’article 1, pour le clarifier et sortir du flou actuel. Ce pourrait être une formulation qui, sans renier la souveraineté, affirme par exemple que le Parti, tout en estimant que la souveraineté est la meilleure voie pour le Québec, la définit comme un objectif très lointain qui se fera peut-être un jour si les Québécois en manifestent le désir ; autrement dit, définir la souveraineté non pas comme un objectif immédiat ni comme la finalité de la stratégie politique, mais comme une façon de voir le Québec, d’exprimer l’existence de la nation.
Mieux encore, ce pourrait être une redéfinition du concept même de la souveraineté, une démarche qui me paraîtrait plus limpide et plus cohérente. Admettre que le projet de pays peut prendre d’autres formes que la souveraineté. Et de miser carrément sur une forme d’affirmation en phase avec le sentiment très majoritaire au Québec en faveur d’une démarche autonomiste.
Je tiens à vous faire remarquer respecteusement avec calme mais avec une colère rentrée que c’est exactement ce qui est en train de se passer sous le leadership de Mme Marois. Le Conseil national de mars 2008 a, en effet, mis aux poubelles le "projet de pays" voté lors du XVè congrès, ainsi que l’obligation référendaire pour une période minimale de 2 mandats ou de 10 ans, sans même passer par un autre congrès et en violation du programme officiel et des statuts. L’objectif selon la proposition du Conseil national n’est plus de "réaliser la souveraineté du Québec" mais de "faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays". Dans combien de temps ? 10 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans ? C’est la souveraineté fantasme !
Mme Marois et ses acolytes, au lieu de prendre le taureau par les cornes et de se présenter visière baissée devant l’électorat avec le "projet de pays" comme l’exige le XVè Congrès nous a concocté de façon illégitime et illégale - un conseil national ne peut pas défaire ce qui a été voté en congrès - un projet d’affirmation nationale qui ressemble en tout point à celui que Pierre-Marc Johnson avait préparé en 1987 avec le résultat que l’on connait. Et il n’y a plus de Jacques Parizeau pour nous sortir du trou.
Voilà où nous en sommes rendus ! Il va falloir être courageux, mes amis, si nous ne voulons pas mourir étouffés par la bêtise et la démission des élites péquistes !
Pierre Cloutier ll.m
avocat

