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Une nation fatiguée de longs débats consent volontiers qu’on la dupe, pourvu qu’on la repose, et l’histoire nous apprend qu’il suffit alors pour la contenter de ramasser dans tout le pays un certain nombre d’hommes obscurs ou dépendants, et de leur faire jouer devant elle le rôle d’une assemblée politique, moyennant salaire. - Alexis Tocqueville
             
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De quelle essence est la langue de bois ?
La faiblesse et le pouvoir des mots
Ivan Parent
Tribune libre de Vigile
samedi 26 juillet 2008      157 visites      1 message


J’ai gardé de mon enfance, comme tout le monde d’ailleurs, de bons et de mauvais souvenirs. Ma mère, comme beaucoup de femmes au Québec, était très autoritaire et pour mon père, ma sœur et moi, il fallait « passer par là ! ». Elle avait aussi bien sûr de très grandes qualités. Les mouvements féministes ont tenté, avec un certain succès, de remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne les doits égaux homme/femmes. Dans beaucoup de domaines sociaux la femme passait au deuxième rang derrière l’homme quand elle n’était tout simplement pas éliminée du portrait : droit de vote, salaires etc.

On semble toutefois oublier que dans la famille entre autre, c’était la femme qui gouvernait. Le ‘’bonhomme’’ et les enfants comme je le disais précédemment, devaient obéir à sa majesté. La femme avait raison et le mari devait prendre son trou…pas dans toutes les familles bien sûr mais trop souvent. Ce n’est pas un phénomène exclusif au Québec. En Orient, dans certains pays, en public c’est l’homme mais à la maison c’est l’impératrice de Chine, c’est même pire qu’ici à certains égards. Je le sais par expérience.

Pendant mes études primaires, suite à une maladie de ma mère, j’ai été mis pensionnaire chez les « bonnes sœurs ». Même si plus tard j’ai exécré la religion catholique je dois dire que certaines religieuses ont été extraordinaires, d’incomparables enseignantes. Mais là, j’ai retrouvé une autorité que j’appellerais le ‘’syndrome de la sœur supérieure’’ celle qui gouverne sans partage, qui sait tout et qui fait la morale à tout le monde sans toutefois connaître tous les tenants et aboutissants. J’ai alors réalisé que dans le monde religieux comme civil on était coincé dans la même dialectique.

Au Québec, serions-nous devenus pleutres et timides à cause de ça ? Je ne sais pas. Quand une personne publique bifurque de son rôle premier et commet des impairs majeurs par ignorance et/ou duplicité, certaines personnes s’insurgent que les mots utilisés soient quelque peu trop colorés. Tenter de faire ressortir la vérité quand quelqu’un a été injustement accusé c’est admirable, mais défendre l’indéfendable m’apparaît de la mauvaise foi ou je ne sais quoi de pernicieux.

Si on veut avancer au Québec, on doit en premier lieu dénoncer nos « assassins ». On ne oeut pas se défendre à des tentatives d’assassinat en lançant des balles en caoutchouc, n’en déplaise aux puristes de l’esthétisme verbal. J’aime beaucoup la poésie, la douceur des mots mais j’ai encore de la difficulté à présenter la joue gauche quand on me gifle sur la joue droite, ou l’inverse.

Je crois que ces jours-ci, le Québec n’a jamais eu à subir des traitrises aussi flagrantes provenant des siens et de ceux qui y sont associés. Dénoncer ces attaques en utilisant une langue de bois mène tout droit à frapper un nœud. Encore une fois on attaque le messager plutôt que le message, ça demande moins de courage.

Ivan Parent

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Vos commentaires:
  • De quelle essence est la langue de bois ?
    26 juillet 2008, par Mario Goyette
    Bonsoir M.Parent. Comment se fait-il qu’on puisse trouver facilement des traducteurs à RDI pour le Ministre transfuge libéral des Affaires Extérieures canadiennes David Emerson lorsqu’il s’agit de la Minute du Patrimoine hebdomadaire en provenance de Kandahar en Afghanistan, en l’occurence réclamer 200 soldats supplémentaires pour faire la lutte au Taliban et reprocher dans les médias à Pauline Marois de ne pouvoir s’exprimer en anglais ? La traduction ne se fait pas dans les deux sens, au Canada ?
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