Les écologistes nous répètent que la meilleure forme d’énergie est celle qu’on ne consomme pas (énergie solaire, oui, mais mieux isoler la maison, idéal). Grand gaspillage d’énergie : s’acharner en manœuvres de réanimation sur un corps inerte qui refroidit. La nation québécoise a donné sa démission et ses sauveteurs sur Vigile.net s’acharnent en vain… Gaspillage d’énergie que de creuser encore à la recherche d’une majorité significative favorable à vivre en français.
Le Q400 sonne le glas de notre différence. L’objectif avoué des célébrations : Avoir du fun ! Quelqu’un souligne le paradoxe : la chef des indépendantistes rabroue ses troupes : devoir de réserve ! Faut fêter ! S’ouvrir au « pluss meilleur » beatle au monde, pour notre visibilité « mondiale » (Christian Rioux a écrit : Quand International rime avec Provincial). What about Félix, Dufresne, Flinn, Séguin, Rivard ? D’la marde, glapissait un Yannick dénationnalisé… Il nous fallait être salués par un membre de la Cour Royale, qui ne s’est pas trompé de drapeau pour nous faire dégouliner de contentement. La représentante officielle de la Reine Élizabeth II nous fit honneur auprès de Sarkozy, qui s’en vient nous dire de faire confiance à Harper comme porte-parole (la nation sur le strapontin à l’UNESCO).
La nation s’indigne-t-elle des affronts successifs ? Descend-elle dans la rue pour secouer la limo de Charest qui jure que le français est sacré alors qu’il nous inonde d’immigrants non intégrés ?
La nation se révolte-t-elle aux portes de Paul Desmarais (l’ami du prisonnier Conrad Black) qui paie(lui aussi) des marionnettes à nous convaincre qu’on ne peut vivre en français au Québec ? Qu’on doit tripler, nonobstant nos retards jamais rattrapés, les frais de scolarité à l’université pour pouvoir dédoubler nos systèmes d’enseignement, de santé et d’information ?
La nation fait-elle front commun pour voter en bloc contre les voleurs de démocratie ?
La nation subdivisée en factions cannibales reconnaît-elle avoir été manipulée sous les prétextes de personnalités des chefs ? Stratégies référendaires à courte vue, dérisoire cadeau de taxe, pension de vieillesse et boulot McDo, bonententisme au quotidien en échange contre la LIBERTÉ de décision, la gestion de sa destinée, l’INDÉPENDANCE. Non, ces idéaux sont revanchards, désuets, dépassés, petits… Merci, Canada, pour ces millions de nos impôts : faut FÊTER ! Avoir du fun !
La nation se reflète même sur Vigile. net : Une stratégie commune ? Peut-être… mais faudrait marcher sur son orgueil, faire des concessions, des alliances… et si au bout, on ne reconnaissait pas ma formule électorale, s’il fallait devoir accepter tel chef… s’il fallait subir les foudres des Canadian, s’il fallait qu’en bout de ligne, on ne me garantisse pas la parfaite égalité entre les sexes, les couleurs, les religions dans la constitution première du pays… ou si la constitution devait m’enchaîner au Canada… Vigile propose plusieurs moyens d’unité mais il y a toujours un plus « smatte » pour dire : Essayez encore…
La nation recherche la facilité. Pas le courage de la liberté. Si la nation n’avait pas été progressivement éteinte, elle se serait trouvé depuis longtemps un leader de confiance.
Ce que cherche le Canada depuis la conquête, c’est notre disparition en vue d’une culture, une langue unifiée. Peur des mots ? Génocide par attrition. Désormais inondés de l’intérieur comme de l’extérieur, sommes trop peu nombreux pour protester efficacement. Leur mission sera bientôt accomplie. J’ai entendu des Louisianais dire que leur culture survit même sans la langue… Illusion ! Y’a qu’à les visiter. Les Irlandais ? Pourrais pas dire s’ils conservent leur culture (du Nord ou du Sud ?). Charest peut préférer la Saint-Patrick à la Saint-Jean, mais que pensent ses compatriotes de lui ?
La nation québécoise adore d’autres veaux d’or : ne se libèrera jamais ! Ce n’est pas la première nation à disparaître. C’est un échec de la France. Pourtant, une plus persistante HANTISE du pays de la part de Parizeau aux lendemains du 30 octobre 1995 aurait pu tout changer(*).
L’énergie que nous gaspillons n’est pas disponible pour se faire une vie. Voulons-nous encore combattre des moulins à vent ? M. Érick Frappier participe déjà à notre sevrage progressif en ouvrant Vigile moins longtemps dans une semaine.
Pour une génération encore, il y les arts, les sports, le plein air, question de vivre en français, sans oublier la gastronomie, l’horticulture, le bénévolat pour suppléer aux incuries de nos gouvernants…
Cessons de harceler les assimilés : eux aussi se font une vie, quand ils réussissent à masquer leur nom et leur accent.
(*) Revivre après le coup de pied dans la fourmilière de 1995 Ainsi la "circonstance" n’est jamais devenue "événement" Ouhgo Tribune libre de Vigile samedi 2 août 2008 179 visites
Victor-Lévy Beaulieu nous gratifie d’éclairants parallèles entre le Québec et l’Irlande dans son essai : « James Joyce, l’Irlande, le Québec, les mots. » Éditions Trois-Pistoles. 2006, pp331 et suiv. Ceux qui ont « mis du sens dans l’humanité » (Alexandre LeGrand, Shakespeare, Abraham Lincoln, James Joyce, Napoléon, Einstein…), soient, les chefs significatifs des civilisations qui ont émergé, étaient mus par une pulsion qu’on peut appeler « obsession, idée fixe, compulsion, manie, HANTISE ».
