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De la malhonnêteté intellectuelle de Gilbert Lavoie
Ou quand on invente des réponses !
Jacques Noël
Tribune libre de Vigile
mercredi 14 octobre 2009      262 visites      4 messages


8 octobre, Gilbert Lavoie écrit à la fin de son article :

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil...

« Pourquoi fallait-il qu’ils sabordent ensuite leur propre offensive en rallumant la mèche des accommodements raisonnables ? Ce n’est pas surprenant de la part de l’ADQ, qui a fait ses choux gras de ce thème sous Mario Dumont. Mais de la part du PQ ? Il faut que Pauline Marois et son caucus soient bien mal en point pour tenter de se faire du « capital politique » sur un sujet aussi porteur en démagogie et aussi éloigné des vrais problèmes quotidiens de la population. »

J’écris à M. Lavoie :

« J’aime bien vous lire et je suis souvent assez d’accord avec ce que vs dites généralement. Mais là, scusez, vous êtes dans le champ et pas à peu près !

Tout le monde autour de moi est outré, scandalisé par ces histoires de fanatiques religieux qui abusent scandaleusement du système. Tout le monde est outré de voir que Charest s’est complètement écrasé, qu’il n’a pas écouté ces centaines de femmes qui sont venues dire, exprimer leur inquiétude à la Commission Taylor Bouchard.

L’ADQ est passée de 15% à 37% sur les accommodements raisonnables. Si vous pensez que c’est éloigné des problèmes quotidiens de la population ? »

Lavoie me répond par une question :

« Vous me citez bien : j’ai dit « des problèmes quotidiens de la population ». Je n’ai pas dit « des préjugés quotidiens ». Si vous me dites que vous mêmes avez été frustrés dans votre vie personnelle ou professionnelle, par le fanatisme religieux de ces groupes, c’est une autre affaire. Mais personnellement, je n’ai jamais été frustré par ces groupes, et je ne connais personne qui ait été victime de ces groupes. Les problèmes quotidiens de la population, c’est le chômage, le décrochage scolaire des enfants, les files d’attente aux urgences etc...Ne croyez-vous pas ? »

Je l’invite à écouter la radio où on débat de ses propos. Réponse de Lavoie :

« Quand vous allez à la clinique médicale et que vous demandez de consulter un médecin homme ou femme, selon votre sexe, est-ce que vous brimez l’égalité des hommes et des femmes qui pratiquent la médecine »

La réponse de Lavoie est tellement idiote et sans rapport que je ne lui réponds pas (un examen de conduire à la SAAQ n’a rien à voir avec l’examen de la prostate !). Samedi matin, j’ouvre mon Soleil et je tombe sur une réponse que je n’ai jamais donnée

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil...

« Le Québec politiquement correct n’aime pas être associé à ce genre de discours. C’est donc avec une certaine surprise que ce débat, que l’on croyait clos, a repris cette semaine à l’Assemblée nationale. En deux temps, trois mouvements, la controverse avait atteint les tribunes téléphoniques, les blogues et les courriels du chroniqueur... « Je suis souvent assez d’accord avec ce que vous dites. Mais là, s’cusez, vous êtes dans le champ et pas à peu près ! » m’a écrit un lecteur offensé par ma chronique de jeudi, dans laquelle je déplorais que l’opposition alimente cette controverse au lieu de débattre des problèmes quotidiens de la population. « Tout le monde autour de moi est outré, scandalisé par ces histoires de fanatiques religieux qui abusent scandaleusement du système », ajoutait le lecteur.

Question : si vous allez à la clinique sans rendez-vous et demandez de voir un médecin homme parce que vous êtes un homme, est-ce que vous portez atteinte à l’égalité des sexes ? « Ben non ! me direz-vous. C’est normal d’être plus à l’aise au toucher rectal effectué par un homme, ou à l’examen gynécologique par une femme. » Ah bon ! Et si une femme musulmane fait la même demande « pour des raisons religieuses », ce serait discriminatoire ? :»

--------------- Voilà comment on invente des réponses ! Comment on vous met dans la bouche des propos que vous n’avez jamais tenus !




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Vos commentaires:
  • De la malhonnêteté intellectuelle de Gilbert Lavoie
    14 octobre 2009, par Jean-François-le-Québécois

    Il n’y a absolument rien, dans le présent contexte, qui soit démagogique dans le fait de discuter des accomodements raisonnables... ou pas si raisonnables que ça.

    Cette façon qu’ont certains représentants de minorités d’utiliser une Charte canadienne, qui nous a été rentrée dans la gorge (on pense à la Nuit des longs couteaux), pour vivre ici d’une façon absolument contraire à l’esprit de nos lois, finit par être une sorte de menace à notre souveraineté, en tant que nation.

    Je dis que cela devient une menace à notre souveraineté, pour la simple et bonne raison que ce qu’on observe sur le terrain, ce sont des gens venus d’ailleurs, qui pour des motifs religieux (ou autres), reproduisent ici un mode de vie étranger. Et souvent, contraire à nos lois et principes fondamentaux. Et ce, en utilisant des dispositions inscrites dans une constitution qu’aucun premier ministre du Québec (pas même Charest !), n’a jusqu’à présent signée !


  • De la malhonnêteté intellectuelle de Gilbert Lavoie
    14 octobre 2009, par virgule

    Merci Jacques Noel pour votre article.

    Pour l’édification de ce M. Lavoie et de vos lecteurs, je vais vous faire part d’une anecdote. Bien que je partage le patronyme de ce M. je n’en partage pas du tout les opinions.

    Au milieu des années 80, j’ai été vivre dans le quartier Portuguais à Montréal. Je me serais crue à Lisbonne dans les années 50. Étant monoparentale et traître à ma race puisque ma fille, bien que je sois québécoise de souche, est elle, une minorité visible, on m’y a accueillie en venant jeter des œufs dans mes fenêtres. On a même été jusqu’à venir vider des sacs de poubelle dans la barboteuse de ma fille. Mais, bon, je n’avais qu’à ne pas ternir ainsi la race blanche et à me conformer au saint Sacrement du mariage.

    Aujourd’hui, je suis maintenant fonctionnaire provinciale, fausse occasionnelle depuis 9 ans et me suis fait passer devant en janvier dernier par la magie de la discrimination positive, par quelqu’un issu des communautés culturelles qui n’avait même pas un an de service. Je n’en veux pas à cette personne, pas plus que je n’en veux aux Portugais qui, dans leur ensemble, ne m’ont jamais traité de la manière infecte exclusive à des voisins trop pratiquants. Mais j’en veux énormément aux gens qui instaurent et légitiment ces inégalités des droits. Je me sens tellement concernée par ces problèmes que je risque le congédiement en les exposant ainsi sur la place publique.

    Vous m’auriez dit, voilà trente ans que mon ouverture aux autres allait un jour me fermer la porte à un poste régulier dans la fonction publique à cause de ma race et je vous aurait ri au nez.

    Aujourd’hui, je n’ai plus du tout envie de rire. J’ai même de la difficulté à arrêter de pleurer.


  • @virgule
    14 octobre 2009, par Jacques Noel

    Je comprends très bien votre frustration. Il y a quelques années, la Ville de Montréal avait embauché 340 étudiants pour l’été. Croyez-le ou pas mais il n’y avait pas un seul mâle blanc francophone.

    Je le dis souvent, les souverainistes ne mèment pas le bon combat dans le sens qu’ils ne réalisent pas le Québec a changé et les adversaires aussi. La vieille dichotomie Anglais-Français a fait place à une dichotomie Nous vs Eux, le Eux dépassant de très loin l’ennemi héréditaire.

    Mais avec cette deuxième vague des accommodements déraisonnables, je sens une petit changement dans le discours. Un tout petit changement, mais un changement quand même, comme enfin une prise de conscience que l’anglicisation du Québec n’est pas le seul lot des Anglais de Westmount.


  • De la malhonnêteté intellectuelle de Gilbert Lavoie
    15 octobre 2009, par Marcel Haché

    Le projet de loi 16 va permettre à l’intérieur de la fonction publique de multiplier à l’infini les situations de discriminations positives. C’est cela le plus triste.

    Des québécois et québécoises les plus sans voix qu’on puisse imaginer, les fonctionnaires, vont voir se déployer via les ressources humaines tout un appareillage qui les discriminera au nom de la vertu multiculturelle.

    C’est beaucoup moins l’intrusion du religieux dans la sphère laique dont il est question, que d’une offensive du multiculturalisme dans les institutions.

    Et lorsque la fonction publique aura été asservie à ce moralisme bâtard, elle pourra et devra exporter, via ses budgets, le multiculturalisme à toutes les entreprises du Québec. C’est déjà commencé. La « diversité », c’est commencé. Et des indépendantistes pensent que le peuple dort au gaz…

    Derrière la religion, c’est le multiculturalisme qui se répand.



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