« Y a des moments où le cynisme passe pour de l’intelligence, où l’indifférence passe pour de la sagesse. » Luc Picard
 - source

De l’inconvénient de vivre au présent

Le Devoir
lundi 19 novembre 2007
2 messages

Dans un commentaire de Jérôme Guay paru dans Le Devoir du 27 octobre, l’auteur écrit avec beaucoup de conviction : « Le Québec réel est un Québec qui s’est toujours défini par sa survie, à un point tel qu’il a toujours refusé de considérer l’hypothèse de sa disparition, pourtant inéluctable. » Suit un essai de démonstration de ce qu’il croit être inéluctable.

Si l’on s’arrêtait aux tendances actuelles de la démographie du Québec, sur lesquelles se fonde Jérôme Guay, sa démonstration serait acceptable, mais l’histoire de la démographie dans le monde est pleine de rebondissements inattendus, comme l’histoire en général, d’ailleurs. [...]

Dans le cas précis du Québec, par exemple, on ne peut ignorer les fissures sous-jacentes à la partie anglaise de la fédération. Qui peut assurer que la Colombie-Britannique et l’Alberta accepteront de rester dans la fédération lorsque leur puissance économique aura dépassé celle de l’Ontario ? Et comment ne pas tenir compte des nombreuses sécessions récentes : la Tchécoslovaquie, la Malaisie, le Pakistan, etc.

Plus encore, qui pourrait affirmer que l’unité des États-Unis se tirera indemne de sa rétrogradation historique devant la Chine, dans quelques années ? [...] Certes, les nations européennes semblent s’être groupées en une organisation unique. Mais l’unité politique en Europe tarde à se concrétiser.

Seule la maintient pour le moment en place la rivalité souterraine que l’Europe entretient avec les États-Unis, mais d’importantes divergences culturelles couvent, avec la Pologne, la Grande-Bretagne, etc. Elle pourrait bien sauter à son tour lorsque la Chine aura terminé son asphyxie du colosse américain, dont le déclin est en route.

Déconcentration du pouvoir

Pourtant, peu de personnes sont disposées à l’admettre. Surtout pas aux États-Unis, les moins bien placés pour le comprendre. Tous ces mouvements géopolitiques dessinent un orbe continu de déconcentration du pouvoir politique autour de la planète. Il est difficile de le nier, et il est probable qu’à son terme, un nouveau cycle de reconcentration interviendra à nouveau, peut-être bien sous la férule doucereuse de la Chine. Mais ce sera seulement pour après-demain.

Il est cependant vrai que beaucoup de Québécois pensent qu’il leur sera possible de parvenir à l’indépendance par leurs propres moyens. En effet personne ne semble avoir pensé que ce pourrait être des événements extérieurs, indépendants de leur volonté et de leur initiative, qui leur ouvriraient la porte du large toute grande. Aujourd’hui, nous ne sommes pas capables de seulement imaginer ce que pourraient être de tels événements.

Alors taisons-nous et laissons l’histoire se dérouler à son aise. Elle est en marche et aucun homme jusqu’ici, aucun monarque, dictateur ou prophète n’a réussi à la faire dévier de ses tendances souterraines. Pour ma part, je pense que l’indépendance du Québec est inscrite dans la tendance historique de ce pays, comme elle l’était pour tous les peuples qui y sont parvenus au cours de chaque cycle de déconcentration politique de l’histoire humaine. La mondialisation politique n’aura pas lieu.

***

André Serra, Montréal

- source

Suggérer cet article par courriel
À la conquête de soi

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2014: 60 000$
14 606$  24%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 19/07 A. B. Barbel : 100$
  • 19/07 S.N.B. Énergie : 50$
  • 19/07 Hélène Brassard : 25$
  • 19/07 SSJB - Le Gardeur: 100$
  • 19/07 Robert Dean: 5$
  • 19/07 Anonyme : 5$
  • 19/07 LIVRALIRE Inc.: 5$
  • 19/07 Gaétan Frappier: 10$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!