Depuis quelques mois, M. Dany Laferrière est revenu à quelques reprises sur la place public, tel Diogène tenant sa lanterne allumée en plein jour disant « Je cherche un homme », nous dire « Je cherche un grand intellectuel » (au Québec). Un brave qui « sortirait la tête » pour prendre position d’autorité et viendrait dénoncer le silence honteux que l’on garde sur le racisme qui serait rampant au Québec. Racistes dont font partie évidemment, ceux qui osent « sortir la tête » pour mettre en lumière l’instrumentalisation de l’ethnicité par le camp fédéraliste, qui le joue de manière machiavélique contre la cause souverainiste.
On s’étonne que M. Dany Laferrière feint de ne pas voir que depuis que Trudeau a choisi de noyer l’existence même du peuple québécois dans le multiculturalisme à la canadienne, les fédéralismes ont instrumentalisé l’ethnicité pour l’opposer à notre volonté d’affirmation.
Un des cas le plus patent de cette stratégie qui consiste à instrumentaliser l’ethnicité à des fins politiques fut la nomination de Mme Michaëlle Jean au poste de Gouverneur Générale par Paul Martin. Dans le débat qui a suivi la révélation par le Journal Le Québécois, la candidate choisie avait déjà fréquenté des ex felquistes, M. Dany Laferrière est venu dire (TVA) qu’il ne fallait pas remettre en question cette nomination car cela susciterait de la colère dans la communauté haïtienne dont il faudrait craindre la réaction. M. Bourgeois (auteur de la révélation) lui a répliqué que dans un état démocratique, il est du devoir de la presse de questionner une décision du Premier Ministre aussi importante que la nomination d’un Chef d’État, sans égard à l’appartenance ethnique de la personne. Surtout quand la candidate au poste a déjà affiché ses sympathies souverainistes (preuve vidéo à l’appui).
On voit par cette réaction de M. Dany Laferrière, qui a campé du côté de la solidarité ethnique pour taire le débat démocratique, l’efficacité de la stratégie de Paul Martin.
Le sujet de la nomination de Mme Michaëlle Jean et de l’instrumentalisation de l’ethnicité dans la stratégie fédéraliste est revenu d’actualité avec la publication du pamphlet de VLB : La Reine nègre du Canada. Appelé à commenter sur ce sujet sur les ondes de Radio Canada, M. Dany Laferrière, tenant toujours sa lanterne allumée à la main, a dit qu’il cherchait encore un grand intellectuel au Québec, mais que VLB, quoique un « immense écrivain » qui a le courage de « sortir la tête » disait des « conneries ».
Des « conneries » dit il. En fait ce pamphlet porte sur un sujet sur lequel il a gardé un étrange silence toute sa vie (Pourquoi ? ) : Le colonialisme, que VLB a le courage d’aborder en utilisant la terminologie exacte qui fut créée par les grands chantres de la négritude. Particulièrement ce concept clé qui désigne un des rouages importants de la mécanique du colonialisme : Le Roi nègre. Qu’il a féminisé pour la circonstance.
Terminologie qui ramène de manière percutante le débat sur l’institution coloniale qu’est le poste de Gouverneur Général, et l’instrumentalisation de l’ethnicité à des fins politiques de la part des fédéralistes. .
Un débat entre VLB et M. Dany Laferrière sur ces thèmes aurait pu susciter un grand intérêt. Mais comme ce dernier s’est défilé, par le manque de courage qu’il reproche aux autres, il ne nous reste plus qu’à lui dire : Dany, éteints ta lanterne.
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