M. Pratte, l’acceptation sociale, ça ne se gagne pas avec des éditoriaux, aussi pressants soient-ils

Dans le noir

Si Pétrolia a pu forer à Gaspé depuis 2005, pourquoi l’arrêter aujourd’hui ?

vendredi 8 février 2013

Le premier forage de Pétrolia dans le sous-sol de la ville de Gaspé a été réalisé il y a huit ans. Depuis ce temps, l’entreprise québécoise étudie le gisement baptisé Haldimand dans l’espoir de l’exploiter un jour commercialement. Voici que, au moment où elle approche du but, la municipalité lui bloque la route, craignant la contamination de son eau potable.

Ni le permis accordé par le ministère des Ressources naturelles ni les propos rassurants d’un expert de l’INRS n’ont calmé les inquiétudes du maire de Gaspé, François Roussy, et de plusieurs de ses citoyens. Selon M. Roussy, Pétrolia devrait tout simplement abandonner le projet Haldimand et se concentrer sur d’autres gisements.

L’évolution récente du projet Haldimand illustre l’incertitude qui pèse aujourd’hui sur le développement pétrolier au Québec. Pendant des années, sans trop y croire, le gouvernement du Québec a encouragé l’exploration dans la province. Maintenant que le rêve a des chances de devenir réalité, on met les freins. L’industrie se retrouve dans le noir. Le gouvernement Marois affirme souhaiter l’exploitation des ressources d’hydrocarbures. À quelles conditions financières et environnementales ? On l’ignore.

De nombreuses questions se posent. Si Pétrolia a pu forer à Gaspé depuis 2005, pourquoi l’arrêter aujourd’hui ? Comment l’entreprise récupérera-t-elle les sommes investies jusqu’à maintenant dans ce secteur ?

De façon plus générale, devrait-on interdire l’exploration dans toutes les municipalités du Québec ? Sinon, qui décidera, Québec ou les villes concernées ?

Devrait-on au contraire permettre l’exploration pratiquement partout, de façon à savoir où se trouvent les gisements prometteurs et donc à approuver ou rejeter des projets en toute connaissance de cause ?

Si les citadins veulent éloigner le forage des zones urbanisées, les écologistes ne voudront-ils pas, pour leur part, l’empêcher dans les régions sauvages (l’île d’Anticosti, par exemple) ? Dans ces conditions, où pourra-t-on rechercher de l’or noir ? Les règles doivent-elles être différentes selon que le forage est de type conventionnel ou que l’on a recours à la fracturation ?

Une éventuelle loi sur les hydrocarbures permettra de mettre fin à une incertitude qui, si elle perdure, refroidira les ardeurs des entreprises intéressées. Il est évidemment souhaitable que le gouvernement aille de l’avant le plus tôt possible. Toutefois, la complexité du dossier appelle un travail rigoureux.

Comme l’a souligné Philippe Couillard lors d’une entrevue à La Presse cette semaine, « c’est une illusion dangereuse de penser qu’on peut passer à côté de l’acceptabilité sociale. » Les partisans de l’exploitation des ressources pétrolières du Québec, dont nous sommes, doivent oeuvrer, de façon intelligente et franche, à obtenir l’appui de la majorité des Québécois à cette vision. Cela dit, citons M. Couillard à nouveau, « l’acceptabilité sociale ne veut pas dire le veto de chaque communauté de façon balkanisée ». C’est pourquoi, en définitive, c’est le gouvernement du Québec qui devra trancher les questions litigieuses, notamment quant aux endroits où le forage sera autorisé.


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