1- Coupables
A la fin de cet hiver 2008 particulièrement neigeux, le printemps du Québec viendra-t-il un jour ? Dans notre belle province, le taux de chômage chez les immigrants d’Afrique du Nord est de 27% et d’Afrique tout court de 28%. Rima Elkouri, dans La Presse, aligne ces statistiques pour nous dire quels sont les vrais problèmes et les vraies priorités. Alors sentons-nous coupables de parler de francisation des immigrants ; coupables de vouloir éviter que les francophones ne deviennent bientôt minoritaires à Montréal. Coupables de vouloir exister !
Nous sommes des "losers" comme l’a
dit Pierre Pettigrew, ex-député libéral fédéral, ce "penseur" payé
illégalement 10,000 $ par Option Canada pour écrire une série d’articles
publiés dans La Presse un peu avant le référendum de 1995. "Comment peut-on
décemment rêver de faire un pays quand la rue Sherbrooke et les ponts
s’effondrent" demande un homme de théâtre qui tonitrue à Tout le monde en
parle. On remarque d’ailleurs que personne ne dialogue avec lui : il parle
comme un facho. Son long monologue a créé un malaise. Un citélibriste
facho, on aura tout vu. Ma défunte mère aurait dit : "Qu’avez-vous fait au
bon Dieu pour avoir de tels épais comme adversaires !"
2- Un premier geste de souveraineté.
Je conseille à Pauline Marois de ne parler qu’en français aux journalistes.
En tant que porte-parole d’un parti qui a voté la loi 101 et qui veut exiger des immigrants la connaissance du français afin d’acquérir la citoyenneté québécoise pour que le français ne devienne pas minoritaire dans la région de Montréal, qu’elle donne l’exemple. Elle n’est pas chef du Parti québécois pour faire la promotion du bilinguisme.
L’Etat du Québec doit être français ; que Pauline Marois parle français comme chef politique. Elle peut bien apprendre l’anglais si elle veut, mais elle n’est pas obligée de répondre aux questions en anglais. Des journalistes comme Rhéal Séguin du Globe and Mail vont en profiter pour essayer de la niaiser comme ils l’ont fait avec André Boisclair.
Je vais être plus cinglant. Souvent les journalistes anglophones font de
la politique plutôt que de l’information. Ils se croient mandatés pour
représenter la communauté anglophone et le fédéralisme et ils essaient de
coincer le porte-parole du Parti québécois. Quand The Gazette a sorti
l’histoire du zonage agricole pour la maison de Pauline Marois à l’île
Bizard, Pauline Marois les a poursuivis pour diffamation. Elle a été
obligée de produire tous les documents lors d’une conférence de presse dans
l’entrée de sa maison. Elle a refusé de répondre aux questions en anglais.
Et elle a eu raison. Les pauvres journalistes anglophones comprennent très bien le français. C’est être colonisé que de sentir obligé de leur répondre en anglais sur des questions complexes qui exigent des nuances et deviennent des pièges pour quelqu’un qui n’est pas parfaitement bilingue. Même Charest s’est fait prendre lui qui se croit bilingue : il s’est enfargé sur la partition lors de la dernière campagne électorale.
Pauline Marois n’a pas d’affaire à être traumatisée en pensant aux questions des journalistes anglophones lors de son prochain point de presse. Qu’elle arrête d’avoir des complexes pour l’amour du ciel. Elle a bien assez de s’occuper de certains journalistes francophones qui se prennent pour l’opposition officielle.
Pauline Marois ne doit plus répondre en anglais aux journalistes anglophones qui lui posent des questions. Ce serait un premier geste de souveraineté.
3- les critères que Claude Morin applique à l’action politique
A propos de la conduite que les souverainistes devraient adopter, je cite Claude Morin.
"Certains rejettent le recours au référendum ; d’aucuns mettent leur espoir dans l’approche Parizeau-Laplante ; d’autres comptent sur des regroupements de partis, sur la voie proposée par le RIQ ou sur les calculs de Denis Monière ; quelques-uns sont favorables à celle de Louis Bernard ou au référendum d’initiative populaire du SPQLibre ; et que sais-je encore. (Note : Morin s’adresse à Gilbert Paquette ; ajoutons les propositions de Gérald Larose)
À la lumière des faits, force est malheureusement de constater que ces propositions contiennent toutes des modalités qui soit les rendraient inapplicables, soit soulèveraient des problématiques peu rassurantes pour le public, soit inviteraient des interrogations dont les fédéralistes seraient trop heureux de se servir pour nous mettre sur la défensive.”
J’attire l’attention sur ce dernier paragraphe de Claude Morin et en particulier sur le fait que les actions souverainistes ou les gestes de souveraineté qui “ soulèveraient des problématiques peu rassurantes pour le public” doivent être rejetées. C’est ce genre de mentalité qui est à la base de l’étapisme. Au contraire, je pense qu’il faut poser des gestes qui vont brasser la cage fédéraliste et faire prendre conscience aux Québécois de certaines réalités qui sont des entraves à notre épanouissement collectif et à l’affirmation sans complexe de notre identité française.
A venir : courtepointes 2
1- Sergio Kokis et Julie Payette "dialoguent" avec Pauline Marois à TLMEP.
2- André Pratte et Joseph Facal "dialoguent" en présence de Michael Forcier.
3- Michel Bergeron et Michel Fugain sur l’Afghanistan.
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 4 mars 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

