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Dans Le Devoir de ce matin, j’ai lu que le pétillant premier ministre de Terre-Neuve, M. Danny Williams, a invité ses collègues des autres provinces à soutenir l’Alberta, en ce sens qu’ils ne doivent pas tenter de sauver la planète au détriment de l’Alberta et de sa propre province, tant qu’à y être. Gonflé à bloc par les pétrodollars et les gazodollars que sa province reçoit déjà et ceux qu’il espère reprendre d’Ottawa, M. Williams a ajouté la petite perle désintéressée qui suit : en regard des émissions de gaz à effet de serre et du protocole de Kyoto, il a déclaré qu’il faut offrir plus de souplesse à l’Alberta qui traverse - tenez-vous bien - des temps difficiles.
Pour passer à un autre bouffon s’illustrant avec moins d’éclat à ce forum provincial de Moncton, Jean Charest, l’air fatigué et un peu défrisé, celui-là même qui avait misé tellement sur son concept du Conseil de la fédération, ayant aussi beaucoup surestimé ses capacités d’exercer un leadership positif auprès des autres provinces pour aboutir à sa fantaisie de fédéralisme d’ouverture pour la nation annexée du Québec, Charest a tenté de marquer des points auprès de son électorat - québécois dois-je préciser ici - en proposant quelque chose qui aurait ressemblé à un amendement constitutionnel, une hypothétique reconnaissance de la nation du Québec dans ce fameux Canada uni, à être incluse dans la mythique constitution canadienne, éventuellement...
Va sans dire que sa proposition a rencontré l’indifférence, voire la froideur de ses collègues et elle n’est même pas apparue à "l’ordure du jour" de cette si fraternelle réunion de canadians.
Également, et c’est là un strict minimum à exiger, M. Charest s’est positionnné contre une intrusion potentielle ou éventuelle du fédéral dans le champ du transport hydroélectrique réservé jusqu’à maintenant uniquement aux provinces. M. Charest s’est prononcé contre l’alliance de l’Ontario et de Terre-Neuve qui cherchent l’aide bienveillante d’Ottawa pour faciliter le transport d’électricité entre ces deux provinces, et ce, sans avoir le désagrément d’avoir Hydro-Québec leur jouer entre les pattes.
Il faut comprendre que pour faire plus écolo et plus vert, la très riche et puissante Ontario doit disposer de l’électricité à bon marché du Labrador pour faire disparaître quelques centrales au charbon du paysage de sa grise province. Le bouffon en chef de cette province, le discret Dalton McGuinty, encourage ouvertement le gouvernement fédéral d’investir dans une infrastrusture permettant le transport d’électricité du territoire du Labrador vers sa province.
Maintenant, ne me dites surtout pas que c’est à cause des vacances, comment se fait-il que je n’aie rien entendu sur la position des deux partis d’opposition à Québec par rapport à cette question névralgique de transport interprovincial d’énergie ?
Gros vide à combler...
Le PI va voir le jour bientôt. En tant que militant en attente de ce parti à venir, j’aimerais savoir comment on se positionnerait par rapport à cette problématique de transport interprovincial d’électricité dans la perspective d’un Québec - économiquement et culturellement - indépendant ?
Sur le plan personnel, ma lecture de l’histoire me fait pencher vers la position suivante : à savoir qu’à l’avènement d’un Québec indépendant - si jamais ça se réalisait et j’ai le droit bien intime d’y rêver - le Labrador devrait être revendiqué et/ou réintégré à ce que fut le Bas-Canada, soit le Québec d’aujourd’hui.
Un petit rappel, une étroite bande côtière, nommée le Labrador, avait été cédée à Terre-Neuve en 1809 par Londres. Avant ça, en 1791, au moment de la partition du bas et du haut Canada, le Labrador faisait partie du Bas-Canada. En 1927, nos tuteurs du conseil privé de Londres attribuèrent le territoire du Labrador à Terre Neuve, province britannique qui n’était pas encore annexée au Canada. Plus tard, en 1949, les frontières modernes du Labrador furent reconnues par le gouvernement du très superstitieux William Lyon Mackenzie King.
Certains d’entre vous diront qu’avec la faiblesse actuelle du mouvement indépendantiste, pourquoi ramener cette vieille histoire du Labrador sur le tapis du débat sur l’indépendance du Québec ? Pourquoi pas ?
Daniel Sénéchal
Montréal
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