Mais à quoi vous attendiez-vous donc Maître Roy ?
Vous croyiez réellement qu’en vous promenant dans le West Island en montrant patte blanche pour l’indépendance du Québec, on vous saluerait et vous donnerait même l’accolade ? Vous n’avez pas la moindre idée de leur haine à notre égard. Même si nous n’existions pas, ce serait déjà trop pour eux et elles que nous aurions pu avoir existé. None is too many.
C’est la politique du Vernichtung et il existe assez de fanatiques pour s’en prévaloir et souhaiter avoir l’occasion de l’appliquer. Nous étions destinés à disparaître sans laisser de traces. Si nous avons survécu et pris de l’expansion et de la force, c’est à cause de conditions géopolitiques que j’explique dans Géopolitique et avenir du Québec. J’ai fait des exposés de mes thèses un peu partout au Québec mais le défaitisme et la peur sont difficiles à effacer. J’ai fait des exposés aux États Unis et les Américains ont bien compris. Nous avons survécu et grandi en force à cause de conditions géographiques et historiques qui ont échappé à la conscience des générations précédentes. Il est temps que nous en prenions conscience.
Vous n’étiez pas avec nous, militants de la première heure, du temps de la fondation de l’Alliance Laurentienne. Nous n ’étions pas naïfs. Nous savions à qui nous avions affaire et nous n’entretenions aucune illusion sur l’adversaire,dont nous connaissons la haine et la férocité depuis longtemps. S’il ne nous a pas exterminés comme il voulait, c’est parce qu’il n’était pas en position de force et n’avait pas les moyens de le faire. Autrement il l’aurait fait, soyez-en sûr.
Les Anglais savent pourquoi les Québécois n’ont pas été déportés et menacés d’extermination comme les Irlandais et nous commençons à le savoir depuis que nous prenons conscience de la méthode géopolitique inconnue chez les historiens. Nous allons peu à peu cesser de croire cette propagande qui nous dit combien nous avons été traités avec tous les égards qu’on n’accorde généralement pas aux peuples "vaincus".
La vérité, comme nous l’apprend la géopolitique, c’est que nous n’avons jamais été vaincus. Pas même la bataille des plaines d’Abraham que nous aurions gagnée si les Français avaient attendu l’intervention de nos milices territoriales. Et nous l’avons prouvé le printemps suivant, le 18 avril 1760, avec la bataille de Sainte Foy.
Naifs et archi naÏfs que nous sommes. La politique est affaire d’intérêts, de rapports de forces et d’effecitivité, non de faveurs ou d’affection. Mais nous croyons aux apparences.
Dès les débuts, en 1954, nous avions pourvu un programme de défense patriotique et territoriale, sachant que nous en aurons besoin. Il a été alors convenu que tous les militants membres des Forces Armées Canadiennes et de la GRC seraient tenus à la règle du silence le plus strict, devaient rester dans leurs formations, s’entraîner, s’instruire, se former car il était certain que nous aurions besoin d’une puissante force armée pour nous défendre en cas de besoin.
Nous devions régler en partant un problème majeur d’ordre moral, car la majorité de nos membres étaient croyants et pratiquants. Que faire en cas de nécessité, au cas où nous devrions retourner nos armes contre nos "maîtres", qui nous menaceraient d’user de la force armée pour nous tenir sous leur giron, nous briser et nous soumettre ?
La réponse est dans les procès de Nûremberg, ceux qui ont suivi la seconde Guerre mondiale et qui ont condamné les militaires allemands pour crimes de guerre. Les Allemands se sont défendus en disant qu’ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres. Les tribunaux les ont condamnés parce que tout militaire doit obéir à sa conscience en premier lieu.
Pendant les années que j’ai passées comme officier des Canadian Armed Forces, j’ai constaté la même mentalité chez les militaires Anglo-Canadians que chez les Allemands. Donnez leur l’ordre de tirer sur les "lousy frogs", c’est ainsi qu’ils nous appellent, et ils n’hésiteront pas à le faire. Pendant la crise d’Octobre 70, ils n’ont pas hésité à pointer leurs armes chargées sur des gens sans défense, y compris des enfants. Au Royal 22e Régiment, lorsque nous avons fini par nous en rendre compte, nous nous sommes demandés contre qui nous devrons tourner nos armes ? C’était au Québec, non en Europe ou en Afrique ou en Asie.
Le Parlement fédéral d’Ottawa avait déclaré la guerre au Québec car c’est précisément ce que signifie le War Measures Act.
Fin Octobre 70, on a commencé à se rendre compte à Ottawa que nous, Québécois du Royal 22e Régiment, si nous allons prendre les armes, ce ne sera pas contre notre peuple, que nous savions innocent et nullement en train de préparer une rébellion, insurrection ou autre forme de soulèvement. J’en tremble de rage rien qu’à y penser. Non, nos armes, nous savions contre qui nous allions les tourner. En peu de temps, Ottawa a retiré toutes ses troupes hors du Québec.
P.E. Trudeau savait ce qu’il risquait à maintenir l’armée au Québec.
Et ce n’était pas fini. En 1971, l’Armée surveillait et espionnait les syndicats québécois. En 1971 également, l’armée préparait un autre plan d’intervention majeure contre le Québec, plan qui a été tué dans l’oeuf parce que nous l’avons exposé au grand public. De même en 1972, avec les exercices Northern Express.
De nouveau en 1977, alors qu’une intervention armée était ordonné par Trudeau pour abattre le gouvernement Lévesque, qui était pourtant inoffensif.
Nous avions alors un plan de contigentement et avions fait des arrangements pour acheter des armes, non en Russie ou en Chine communiste comme le voulaient ou le souhaitaient nos ennemis mortels, mais en Angleterre, avec un emprunt de 200 millions de Livres Sterling. Vous voulez vous battre, alors battons-nous. Trudeau a retiré ses menaces.
Si le référendum de 95 avait été gagné, il y aurait eu intervention armée sur ordre d’Ottawa, par le gouvernement de Jean Chrétien qui n’aurait jamais accepté une telle défaite. Que l’oligarchie de Bay Street ait approuvé cette intervention armée, personne n’en doute. Paul Desmarais approuvait aussi, au nom de la "défense de la démocratie et de la liberté", expression de son crû qu’il a servie à Bernard Landry qui n’a pas trouvé moyen de lui répondre.
Les oligarques n’ont conscience que de l’argent et la force et nul ne doit s’attendre à la moindre humanité de leur part. C’est une faiblesse inacceptable pour eux. Peu importe le nombre de morts et de vies détruites pourvu qu’ils ne perdent pas d’argent. Et puis, pensez aux gros contrats de "reconstruction" qui surgissent après une guerre. La guerre, y’a d’l’argent à faire.
Que les soldat obéissent, bombardent et tuent lorsqu’on leur en donne l’ordre. Ils ne sont que des pions alors qu’ils obéissent. C’est l’argent qui mène.
Et maintenant qu’Ottawa et le Canada sont en danger de dislocation, danger dont nous ne sommes nullement responsables, l’un et l’autre ont déja commencé à se chercher des boucs émissaires, dont le Bloc Québécois, en attendant autre chose.
Soyez sûrs et certains que ces boucs émissaires sont tous au Québec et sont tous les "lousy f.. frogs" à leurs yeux.
Vous verrez des gens qui vont chercher à jeter le blâme sur nous et à nous chercher noise et partant, à justifier une intervention armée contre le Québec, afin de distraire l’attention hors de l’essentiel, c’est-à-dire les pertes d’argent des oligarques, que le gouvernement se prépare à dépanner avec l’argent du peuple.
Nous avons le devoir moral strict de nous défendre.
Si nous allons être frappés d’une manière ou de l’autre, mieux vaut alors mourir honorablement les armes à la main que misérablement comme des chiens qu’on abat. Dans une société comme la nôtre, les plus forts doivent prendre les moyens de protéger les plus faibles en cas de guerre. Et la seule manière, c’est de dissuader l’ennemi où à défaut, de frapper court et dur afin que la guerre finisse le plus vite possible.
Par contre, nous pouvons également nous inspirer de Sun Tsu, pour qui le meilleur guerrier est celui contre qui personne n’ose faire la guerre. Celà s’appelle la dissuasion.
Dans notre cas, pour les raisons déjà expliquées il y a trente ans au gouvernement Lévesque, la dissuasion et possible, souhaitable, réalisable et nécessaire. ET la nécessité n’a pas de loi.
Par contre, la dissuasion doit être CRÉDIBLE et à cette fin, il y a du travail à faire.
Préparation logistique en premier. Nous avons besoin de trois ans de stocks alimentaires et toutes nos terres doivent servir à cette seule fin.
Deuxième préparation : Défense civile. C’est là un vaste programme sur lequel nous devons nous instruire et nous préparer.
Troisième préparation : Défense armée. Nous n’avons pas d’armée et nous n’en avons pas besoin.
Ce que nous allons faire ressemble à ce que fait la Suisse, qui n’a pas d’armée mais compte parmi les pays les plus fortement organisés au monde pour la défense.
Nous n’avons pas de camps ni d’installations militaires et nous n’en avons pas besoin.
Nous devons organiser et entraîner des milliers de commandos prêts pour des frappes rapides et décisives. Quiconque veut en faire partie doit dès maintenant s’entraîner à la marche et à la course, apprendre carte et boussoles, jour, nuit et par tous les temps. apprendre la survie à l’extérieur, la discipline des marches et des bivouacs et étudier et préparer la formation et l’entrainement de commandos. Tout doit se faire en silence et dans le plus grand secret. Tout individu qui se permet la moindre incartade à cette règle et à beaucoup d’autres qui viendront doit être renvoyé du programme de défense.
Une organisation est déjà en place et s ’occupera du reste. Le combat et le tir s’apprennent en dernier.
Je n’aime pas la guerre, loin de là. Personne parmi nous n’aime la guerre et c’est parce que nous n’aimons pas la guerre que nous devons la préparer. Nous n’aurons pas le choix. La guerre est comme le cancer. Si on veut l’éviter, il y a beaucoup de précautions à prendre et de travail à faire.
JRMS
Original Message -----
From : Daniel Roy, C.A.
Compte rendu - manifestations et MISE EN GARDE
Compte rendu de la course pour appuyer le PQ à Pierrefonds et de la manifestation Anti-Charest à Montréal le 4 décembre 2008.
· Une dizaine de milliers d’automobilistes et de camionneurs ont vu le drapeau du Québec, une pancarte PQ et un chandail Québec un pays, déambuler le long du boulevard St-Charles à Pierrefonds et sur la voie élevée passant au dessus de l’autoroute 40, jeudi matin à l’heure de pointe le 4 décembre 2008. Plusieurs ont klaxonné en guise d’approbation.
· Quelques milliers d’automobilistes et passants ont vu le drapeau du Québec, une pancarte PQ , une pancarte Non Charest et un chandail Québec un pays, devant le bureau de M. Charest à Montréal, au coin des rues Sherbrooke et McGill, jeudi à midi le 4 décembre 2008. Plusieurs, principalement des étudiants de l’Université anglophone McGill, me lançant des injures, ont finalement compris après des discussions parfois houleuses, que le projet d’un pays du Québec ne veut pas dire que nous ferons aux Anglais ce qu’ils nous ont fait. J’ai même eu l’occasion de serrer quelques mains et eu droit à une interview par une journaliste de Global News.
· MISE EN GARDE : Je ne peux passer sous silence les actions malheureuses que j’ai dû endurer durant ces deux manifestations pacifiques :
- Plusieurs m’ont fait le signe du majeur en l’air.
- Plusieurs m’ont fait le signe ou m’ont dit de sauter en bas de la voie élevée, en criant « jump ».
- Un automobiliste a donné un coup de volant, faisant bifurquer sa voiture vers le trottoir, en menaçant de m’écraser.
- Plusieurs m’ont lancé des injures telles que « Fuck you, fuck Quebec »
- Un homme m’a crié en plein centre ville « Fuck Quebec » Je lui répondis : « Ne parlez-vous pas contre la province où vous vivez présentement ? », il me cria « If Quebec ever separate from Canada, I will move to Ontario and come back with a gun and kill you all. »
- Malgré que je sois prêt à recommencer n’importe quand, je recommande que les manifestions se fassent en rangs serrés et avec le plus grand nombre de personnes.
Daniel Roy, C.A.

