|
|
| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
Les chiffres viennent de tomber comme une tonne de briques : les résultats scolaires de nos jeunes reculent au lieu de progresser.
Le fossé semble plus infranchissable que jamais entre partisans et détracteurs de la réforme en cours. Que faire dans le meilleur intérêt des jeunes ?
En 2000, 90 % des jeunes réussissaient l’épreuve obligatoire d’écriture en français du dernier cycle du primaire. Cinq ans plus tard, ce taux de réussite avait chuté à 83 %. D’autres données, qu’il faut interpréter avec une grande prudence, semblent aussi montrer un recul en mathématiques et en sciences entre 1995 et 2003, matières dans lesquelles excellaient traditionnellement les jeunes Québécois.
Que viennent de décider les autorités ? De continuer à foncer, mais d’introduire des ajustements en cours de route. Les artisans de la réforme se disent en effet convaincus que ses fondements sont les bons et qu’il ne sert donc à rien de freiner. Partisans et détracteurs de la réforme s’affrontent dans ce qui prend progressivement des allures de guerre de religion.
D’un côté, les détracteurs de la réforme s’en prennent moins aux objectifs de départ qu’aux nouvelles méthodes pédagogiques proposées, qui accordent la priorité à l’autonomie individuelle et la créativité, au détriment, disent-ils, de l’apprentissage systématique, qu’il ne faut pas confondre avec le bourrage de crâne d’antan.
De l’autre, les partisans de la réforme montrent du doigt, pour expliquer les ratés, le boycottage syndical, le manque de ressources, les déficiences de la formation des maîtres et les mauvaises habitudes induites par l’ordinateur et les jeux électroniques. Ils rappellent aussi que l’enseignant reste libre du choix de ses méthodes pourvu que les objectifs pédagogiques soient atteints.
Dérapage
Cette réforme s’appuyait pourtant, à l’origine, sur un très fort consensus. Tous avaient convenu, à l’issue des États généraux de 1995, que les contenus scolaires devaient cesser de s’éparpiller, qu’il fallait accorder la priorité aux matières les plus fondamentales et qu’il fallait exiger davantage d’efforts de la part des jeunes. Que s’est-il passé en cours de route ?
En fait, c’est comme si un vaste exercice de réflexion sur ce que doit être une école -un lieu où l’on vient apprendre les choses que la société juge les plus importantes- avait été progressivement détourné pour se transformer en un virage assez radical sur la manière dont il faut que nos jeunes apprennent et dans lequel on peine à retrouver les intentions initiales.
Le Québec semble d’ailleurs avoir pris l’habitude de ces virages radicaux, pas seulement en éducation, qui donnent l’impression de vouloir faire table rase de tout ce qui a précédé, déboussolent tout le monde et ne sèment que rancoeur et acrimonie.
Personne ne connaît mieux sa salle de classe que l’enseignant lui-même. Invités à dire ce qu’ils pensaient de cette réforme, 68 % des enseignants disent qu’elle n’aidera pas les élèves les plus en difficulté, ceux qu’elle visait à soutenir en premier. Bref, ceux qui sont dans les tranchées à tous les jours, ceux sans qui cette réforme ne peut réussir, n’y croient pas. Voilà qui parle au moins aussi fort que les mauvais résultats des jeunes. Peut-on sérieusement mettre sur le compte d’un sombre complot syndical le scepticisme des enseignants ?
Que faire ? N’introduire que des changements cosmétiques tout en fonçant plein gaz serait particulièrement cynique. Si c’est la conception même de la réforme qui est le problème, demander à ceux qui en sont les promoteurs les plus zélés de la corriger n’a aucun sens.
Personne n’aime admettre publiquement qu’il s’est trompé. Mais il n’est pas prouvé non plus que les causes du fiasco soient exactement celles que les détracteurs montrent du doigt. Une seule solution : stopper la machine et prendre le temps qu’il faut pour faire tout évaluer par des instances non partisanes, avant de décider, collectivement et en toute transparence, ce qui est dans les meilleurs intérêts des enfants.

12731$ 64%
|
Pour contribuer en ligne
|