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Claude Morin, ce grand commis de l’État
Michel Vastel
Blogue de l’auteur
mardi 4 avril 2006


Claude Morin fut un grand commis de l’État du Québec. Il suffit de savoir à quel point Pierre Trudeau et ses mandarins se méfiaient de lui dans les conférences constitutionnelles - comme à Victoria en 1971 - pour mesurer son influence sur les premiers ministres du Québec.

Il fut surtout le père de la diplomatie québécoise moderne : à l’heure où on revendique le droit du Québec de s’exprimer à l’UNESCO, il faudrait aussi se souvenir de cela.

Je me souviens de lui comme d’une extraordinaire mémoire des dessus et des dessous des grandes batailles - constitutionnelles et autres - entre Québec et Ottawa. Je l’ai vu, en 1980, juste après le référendum, tenir tête à Jean Chrétien, ministre de la Justice du Canada.

Bref, Claude Morin a droit à sa réputation et à sa place dans les livres d’histoire du Québec.

Je n’ai pas encore lu son livre et, bien franchement, je n’ai pas envie de relire cette vieille histoire. Je n’ai jamais caché mon scepticisme face à la « thèse » de Normand Lester. Mon problème est que je connaissais trop bien sa « source » lorsque j’étais à Ottawa et que Lorraine Lagacé faisait la pluie et le beau temps au Bureau du Québec à Ottawa. Elle était à Ottawa aussi, elle, dans la nuit du 5 novembre 1981 - la « nuit des longs couteaux » - au cours de laquelle neuf provinces s’entendirent avec le gouvernement fédéral pour rapatrier la constitution et imposer une Charte des droits et libertés contre l’avis presque unanime de l’Assemblée nationale. Je sais, car j’étais là aussi, qu’elle ne se souciait pas beaucoup, alors, des relations douteuses de son patron - Claude Morin - avec la GRC.

Car, oui, Claude Morin a joué les agents doubles. Il ne s’en cache pas. Fut-il naïf ? Simplet ? Con tout simplement ? Peut-être... Mais cela ne retire rien à ses mérites.

De toutes manières, cétait à une époque où la paranoïa fédérale accusait le Bureau du Québec à Ottawa - il se trouvait alors à Hull d’ailleurs et comprenait Jocelyne Ouellet et Lorraine Lagacé - de recruter des prostituées et de les mettre dans le lit des politiciens et hauts fonctionnaires fédéraux pour leur soutirer des renseignements ! De la bouffonnerie...

Claude Morin a effectivement droit à sa réputation enviable de grand commis de l’État !




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