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Décidément toujours fidèle à lui-même Claude Garcia recommence avec une nouvelle tentative pour affaiblir le Québec : la vente pure et simple d’Hydro-Québec à des intérêts "privés", entendez les tizamis.
Ce grand ami du Québec aurait bien aimé écraser les méchants "séparatisses, gr,gr,gr," et en finir une fois pour toutes avec un "problème" majeur pour les milieux d’affaires, pour qui l’existence se résume à l’argent, rien que l’argent, seulement l’argent et pas autre chose que l’argent. Leur vie appartient à l’argent et la vie des autres n’existe pas, puisque tout se mesure en termes d’argent.
Aucune gratuité n’est permise et, en fait, toute gratuité est subversion pour eux, eux qui "travaillent dur" pour leur argent. Ils n’admettront jamais qu’ils ont fait et font encore fortune avec le travail et la misère des autres, jusqu’à leur faire payer pour l’air qu’ils respirent.
Vendons Hydro-Québec que nous avons intégré à notre vie économique, sociale et politique et faisons plaisir à Môssieu Garcia et consorts, qui s’empresseront de multiplier par 500 le coût d’utilisation de l’électricité, comme cela s’est fait en Californie alors que la voracité des entrepreneurs ne connaissait aucune borne.
Sans oublier les multiples frais supplémentaires qui vont s’ajouter aux "services rendus" et qui iront grossir les poches d’une poignée d’oligarques au détriment de tous les citoyens sans défense contre leur rapacité.
Comme Paul Desmarais, Claude Garcia demeure serviteur de Mammon et méprise tout le reste, en commençant par la vie des autres. Malheur au gouvernement qui se laisse prendre à leur chantage ou leurs propositions mielleuses.
C’est ce que le philosophe français René Girard appelle le mimétisme du désir ou l’ambition sordide de tout posséder. Au delà des besoins essentiels, écrit Girard, nous désirons ce que nous désigne le désir d’autrui.
Que le peuple québécois, comme les autres peuples de la terre, se donne la peine de construire une utilité de valeur, il s’expose au mimétisme du désir et vous verrez monter les surenchères jusqu’à sa dépossession.
Nous avons réussi à nationaliser Hydro-Québec, qui a pris beaucoup de valeur. Nous devons nous attendre à attiser la cupidité des oligarques, qui ne connaissent aucune limite à leurs ambitions.
Tout ce que le peuple québécois a accompli et mis en valeur devient rapidement objet de convoitise, et malheur au Québec si les Québécois ne prennent pas les moyens nécessaires pour en assurer la défense, avant et après l’indépendance.
D’où l’importance de notre État doté des pleins pouvoirs juridiques et constitutionnels, avec pleins titres sur notre territoire, lequel a été mis en valeur par nous au prix de 400 ans d’un travail soutenu et acharné, travail des gens ordinaires comme ceux qu’on rencontre tous les jours et que nous n’avons pas encore appris à apprécier à sa pleine valeur. De plus, avec notre capital, constitué par ce travail, nous avons acheté une à une et à gros prix les domaines, propriétés et entreprises des Orangemen et United Empire Loyalists installés au Québec, de même que beaucoup d’autres, partis pour l’Ontario méridional où la nature permet deux récoltes par année au lieu d’une comme au Québec et où les communications vers le Centre de l’Amérique du nord sont plus faciles.
Comme la France, qui a quitté le Québec en 1760, les Orangemen, Loyalists et autres nouveaux venus ont quitté à leur tour le Québec après la construction des chemins de fer. Ce vaste mouvement migratoire peut se situer entre l’ouverture du pont Victoria en 1860 et celle de la Voie maritime 100 ans plus tard. Le siècle précédent, celui qui a suivi la bataille de Sainte Foy le 18 avril 1760 jusqu’à l’ouverture du pont Victoria, a surtout été celui de la fondation des États Unis et des préoccupations de l’Angleterre face à cette nouvelle puissance, rivale et potentiellement ennemie de Sa Majesté en Amérique du Nord. D’où les "concessions" qui ont été faites dans le Saint-Laurent aux colons de Nouvelle-France restés sur place et à leurs descendants, qui ont fait du Québec leur foyer national et l’assise de leur État naturel et optimal.
Nous avons été laissés seuls derrière à deux reprises.
Nous avons donc peu à peu pris charge de nos affaires et nous avons réussi, d’où les convoitises qui commencent à nous assaillir alors que ce n’est pas seulement Hydro-Québec mais tout le Québec qui a pris de la valeur grâce à notre travail et à nos soins.
Nous allons inviter le gouvernement post-impérial, artificiel, centralisateur et unitaire d’Ottawa, ses agents, ses valets et ses serviteurs, à quitter le Québec.
Nous avons notre propre État et nous n’en avons pas besoin d’un autre, celui d’Ottawa, au service des Claude Garcia, Paul Desmarais et cie.
Voyons quels trucs et quels coups-bas messieurs Garcia, Desmarais et tutti quanti vont sortir de leur manche pour nous faire échouer ?
Soyez sûrs que ce ne sera pas beau du tout mais nous sommes prêts cette fois.
René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec et Le Québec, carrefour des empires.

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