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| Financement 2008 |
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Un budget fédéral qui prétend vouloir corriger le déséquilibre fiscal à une semaine des élections québécoises représente une situation vraiment inédite dans nos annales politiques. Inédite aussi parce que le premier ministre du Québec se fait le complice d’une telle opération avec son bon ami monsieur Harper.
Cela fait partie, bien sûr, de la stratégie et l’on ne peut pas reprocher aux politiciens d’en faire mais celle-ci a quelque chose de vicieux. Elle risque d’avoir un impact sérieux sur l’issue de la campagne. C’est indéniable et normal me direz-vous ? Peut-être. Machiavélique ? Certainement. On devine déjà le scénario cousu de fil blanc de ce mauvais film de série B. Stephen Harper va arriver avec une somme rondelette en vantant sa grande ouverture au fait québécois et Jean Charest, en bonne meneuse de claques, va agiter ses pompons pour vanter ce nouveau fédéralisme coopératif et pour nous réaffirmer combien il est avantageux de vivre dans le Canada.
En fait, Stephen Harper vient nous redonner une partie de notre argent qui nous avait été subtilisé par l’équipe de Jean Chrétien pour régler son problème de déficit budgétaire. Stephen Harper veut nous soudoyer et tenter de nous acheter avec notre propre argent. Finalement, Jean Charest laisse toute la place à un premier ministre fédéral pendant la campagne électorale québécoise. On croirait retourner au 19e siècle où les provinces n’étaient que de petites succursales du pourvoir central.
Il y a autre chose de profondément malsain dans toute cette démarche. Cela va permettre une campagne de peur et une période de chantage. Peur en laissant sous-entendre que cette manne fédérale n’existera plus si l’on se sépare et chantage en prétendant qu’un vote contre Charest pourrait peut-être mettre en péril cette mesure. On aura, une fois de plus, réussi à manipuler les Québécois en leur mettant devant les yeux un arbre qui les empêche d’évaluer la forêt en arrière. Voilà un autre bel épisode de cette navrante saga réductrice. Et notre premier ministre en est complice !
Et le 27 mars prochain, si jamais nous avons réélu ce gouvernement provincial, il faudra vraisemblablement s’attendre, peu après, à la réélection d’un gouvernement Harper majoritaire puisque les destinées de ces deux politiciens sont intimement liées. Je n’en dis pas plus, je ne veux pas tomber dans des arguments de peur. À chacun de se faire une idée.
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