Le français à Montréal

Ce qui est inquiétant

mardi 13 septembre 2011

La nouvelle présidente de l’Office québécois de la langue française (OQLF), Louise Marchand, assurait dans une entrevue au Devoir en février qu’il y aurait de la transparence désormais au sein de son organisme. Elle promettait la publication intégrale de la nouvelle série d’études démolinguistiques à venir. Ce fut fait vendredi. Mais en catimini, en toute fin de journée, pour que la mauvaise nouvelle passe le plus inaperçue possible.

Car mauvaise nouvelle il y a. Le poids démographique des francophones sur l’île de Montréal devrait glisser d’ici dix ans sous le seuil des 50 % et n’être plus que de 47,4 % en 2031, effet de la place qu’y prennent les allophones. Ceux-ci seront plus nombreux que les anglophones et représenteront 29,5 % de la population de l’île. Mais, en fait, ils viendront s’ajouter à ceux-ci puisque les transferts linguistiques chez les immigrants se font pour moitié en leur faveur. Montréal, deuxième ville française du monde, ce ne sera bientôt plus vrai.

Ces données ne sont pas une surprise. Elles confirment de précédentes études. La mauvaise nouvelle est dans le fait qu’il n’y a pas de renversement de tendance. Tout au plus observe-t-on une amélioration des transferts linguistiques en faveur du français qui demeurent nettement insuffisants pour assurer aux francophones de préserver leur poids démographique.

Que faire devant cela ? Les auteurs de ces études rappellent ce que tous savent : À Montréal où l’anglais est bien présent, il est d’autant plus important de s’assurer que les nouveaux arrivants choisiront le français à l’école, au travail ou dans les services publics ou privés. Façon pour eux de dire avec beaucoup de retenue que les mesures prises par les gouvernements ces deux dernières décennies se sont révélées insuffisantes et qu’un coup vigoureux de barre doit être donné.

Le premier ministre Jean Charest avoue certaines inquiétudes à la lecture de ces études. C’est le moins que puisse dire celui qui est chef d’un gouvernement dont la responsabilité première est d’assurer la pérennité de langue française en Amérique du Nord. Mais quant à savoir ce qui l’inquiète et ce qu’il fera, c’est une autre affaire.

C’est bien là le problème avec ce gouvernement qui, lorsqu’il est question de langue, dit et fait le moins possible. Il y a là une attitude qui, au-delà des budgets et des lois qui peuvent être adoptés, porte un message. Ainsi, l’OQLF ne « mettra pas ses culottes » pour appliquer avec rigueur la loi 101, comme le presse de le faire François Legault, si le gouvernement est lui-même indolent. Les simples citoyens ne seront pas encouragés à faire valoir leur droit à être servi en français si leurs plaintes n’aboutissent qu’à de molles réprimandes.

Vrai, c’est moins des résultats de ces études qu’il faut s’alarmer que de l’absence de réaction devant la réalité démolinguistique de Montréal. Il suffit pourtant de marcher dans les rues de Montréal pour la mesurer.


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