À André Drouin et Bernard Thompson d’Hérouxville, avec respect
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En art comme en littérature et surtout en poésie, on doit privilégier l’intuition et l’esprit de finesse. Pourtant, il arrive que la logique et l’esprit de géométrie selon Blaise Pascal aient leur utilité. C’est ce que nous allons démontrer.
La méthode consiste à relire le texte publié aujourd’hui par Gérard Bouchard et à transformer ce qu’il appelle "des exemples ponctuels de faussetés couramment colportées" en affirmant le contraire de ces faussetés. Ainsi donc le Rapport qu’a signé l’intellectuel de Chicoutimi
1- ne demande pas au groupe majoritaire d’accorder plus d’accommodements ;
2- considère que le port du foulard islamique peut être un signe d’oppression ;
3- ne recommande pas l’octroi de lieux de prières permanents dans les institutions publiques ;
4- ne fait pas reposer sur la société d’accueil toute la responsabilité de l’intégration des immigrants et ne donne pas à la société d’accueil l’obligation unilatérale de s’adapter aux nouveaux venus ;
5- ne veut pas culpabiliser le groupe majoritaire et ne l’accuse pas d’intolérance ;
6- se montre très sensible à la situation de la langue française ;
7- s’appuie sur les valeurs fondamentales du Québec et ne verse pas dans le relativisme culturel ;
8- ne célèbre pas l’empire des chartes et n’en fait pas le paradigme de la culture nationale
9- ne fait pas la promotion pour le Québec d’un multiculturalisme à la Trudeau ;
10- ne plaide pas pour un retour aux « Canadiens français » de la survivance et ne ramène surtout pas les francophones québécois au rang de groupe ethnique qui serait placé sur le même pied que les autres au sein de la mosaïque canadienne ;
11- considère comme parfaitement légitime l’affirmation du groupe culturel majoritaire français à travers son passé et son histoire et ne verse pas dans un « cosmopolitisme » qui ignorerait ce passé et cette histoire dans la représentation des rapports interculturels ;
12- ne préconise pas le retour en force du religieux dans les institutions publiques (juste au moment où on achève de les déconfessionnaliser).
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Gérard Bouchard prétend qu’il pourrait montrer, références à l’appui, à travers de larges parties du Rapport que ces douze propositions y sont présentées noir sur blanc.
Il est le co-auteur du Rapport : il doit savoir ce qu’il a écrit. Comme je n’ai pas lu le Rapport, je lui fais confiance. Je peux dire toutefois que ces 12 propositions correspondent exactement à ce qu’il a dit dans toutes les entrevues qu’il a données le jour même de la présentation du rapport Bouchard-Taylor. Avec insistance pour dire que la majorité francophone au Québec est une minorité au Canada et en Amérique du nord et qu’elle a le droit et même le devoir de prendre tous les moyens pour affirmer ses valeurs fondamentales et principalemement son caractère français. Gérard Bouchard l’a dit plusieurs fois dans le style articulé et tenace d’un penseur québécois placé dans "une situation impossible" tel qu’il le dit lui-même et je cite :
"il est faux d’affirmer que le Rapport ne tient pas compte de l’existence du groupe ethnoculturel majoritaire. C’est justement l’une des principales raisons pour lesquelles il écarte le modèle du multicultualisme : précisément parce qu’il existe au Québec un très large noyau culturel, historiquement implanté, qui est une minorité sur le continent et dont la survie suscite une préoccupation constante, nécessaire. D’une manière assez irréaliste, certains auraient voulu que le Rapport propose des solutions politiques au problème identitaire. À cause de l’énoncé du mandat, à cause aussi de la composition de la Commission (un souverainiste et un fédéraliste), c’était manifestement impossible."
Est-ce qu’en signant ce rapport tel qu’il est avec les 12 propositions que j’ai formulées (et qui sont les siennes), il a trahi son option souverainiste ? La question est posée et elle est ouverte... Mais je ne risque pas de me tromper en disant que Gérard Bouchard, lui, pense qu’il ne s’est pas trahi. Jusqu’à nouvel ordre, c’est une opinion que je respecte.
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Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 10 juin 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


