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Caisse de dépôt - Les risques de crise


Henri-Paul Rousseau est désolé et il s’excuse de l’erreur des PCAA, mais pour le reste, il n’y est pour rien : meilleure chance la prochaine fois !

Ainsi peut-on résumer le témoignage de l’ancien grand manitou de la Caisse de dépôt devant la commission parlementaire chargée d’étudier les mauvais rendements de 2008. Même si M. Rousseau avait quitté l’institution au moment de la crise financière, tous les mécanismes d’investissement et de gestion de risque qui ont failli lamentablement avaient été mis en place ou, à tout le moins, revus sous son règne.

Malgré les six heures de comparution, hier, on ne sait toujours par pourquoi la Caisse détenait autant de PCAA, pourquoi personne ne faisait de différence entre le papier bancaire et non bancaire, pourquoi aucun dirigeant ne savait qu’on en détenait autant, et pourquoi personne n’y voyait de danger contrairement aux autres sociétés de placement ? Voilà un troublant aveu d’ignorance !

Dans la même veine, M. Rousseau refuse d’admettre que la perte de 2 milliards $ enregistrée au seul chapitre du nébuleux portefeuille de « Répartition de l’actif » soit le résultat de placements spéculatifs. Arbitrage de taux d’intérêt, gageures sur la direction empruntée par les obligations à long terme... les bollés de la Caisse ont eu tout faux. Il a donc fallu liquider la totalité du portefeuille au plus fort de la crise. Une perte sèche, majeure et inexcusable, comme au Casino.

Dans le secteur des investissements immobiliers, on ne comprend pas non plus l’écart qui sépare le rendement négatif de la Caisse de celui des autres grands fonds de placement canadiens. Et lorsqu’il est question du portefeuille d’actions américaines, M. Rousseau se contente de dire qu’il s’agit d’un marché très difficile, sans admettre que la Caisse a pris, là aussi, des risques inutiles quand on compare sa performance à celle des indices du marché qui sont pourtant beaucoup moins coûteux à gérer.

En somme, si on fait le bilan des interventions de M. Rousseau, on constate que malgré l’importance fondamentale de la Caisse de dépôt dans la vie de tous les Québécois, cette institution n’a pas été capable de faire face à la crise. Non seulement la direction de la Caisse ne connaissait pas les risques inhérents à plusieurs de ses activités, mais elle n’avait aucun plan de contingence pour limiter les dégâts.

Hier, M. Rousseau ne nous a pas beaucoup appris. Mais il nous a convaincus de la nécessité absolue pour le gouvernement de forcer la Caisse à se doter d’un plan de gestion détaillé qui tienne compte non seulement des périodes de croissance, mais surtout des risques qu’une nouvelle crise encore plus forte ferait peser sur l’avenir financier de tous les Québécois.



Source
http://www.ledevoir.com/2009/05/20/251182.html




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