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Il y a des semaines comme ça : vous mettez votre filet dans l’eau et l’actualité est d’une générosité biblique.
Je vous préviens cependant : voici un billet qui commence sérieusement, mais qui finit légèrement. Extrêmement légèrement.
Gérard Bouchard sent le besoin de répliquer aux détracteurs du rapport qu’il a cosigné avec Charles Taylor. On peut comprendre qu’il ait été piqué au vif par certains commentaires, pas tous avisés, notamment ceux faits avant la sortie du rapport.
Le problème est qu’en évoquant « certains représentants » de sa propre « famille » politique, sans préciser de qui il s’agit, des tas de gens se demandent s’ils doivent se sentir visés ou pas.
Je veux m’assurer que les choses soient bien claires. Ce rapport mérite deux reproches fondamentaux.
Oui, il critique durement le multiculturalisme trudeauiste. Mais c’est pour lui substituer un interculturalisme dont on saisit mal en quoi il est différent, hormis le rappel que le français doit être la langue commune au Québec. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les onze principes sur lesquels les auteurs le font reposer.
Certes, la culture du groupe francophone majoritaire n’est pas niée, mais elle n’est jamais posée comme le tronc central auquel doivent venir se greffer les apports culturels venus d’ailleurs. De ce point de vue, le rapport reste dans l’esprit du multiculturalisme canadien.
Mon second reproche est que le rapport fait reposer la responsabilité de l’intégration sur les épaules de la majorité. Combien, parmi les 37 recommandations concrètes, demandent quelque chose de plus à l’immigrant ?
Il est vrai que, théoriquement, c’est la majorité qui fixe les règles de la vie collective. Mais il aurait fallu affirmer avec force que s’établir dans un nouveau pays, c’est accepter de laisser une partie de son bagage culturel à l’entrée.
Aucun peuple n’est parfait, et bien des choses pourraient être faites mieux ou autrement. Mais tout le rapport dégage une odeur très claire : la majorité n’est pas assez ouverte et n’en fait pas encore assez. Et c’est deux fois faux.
Hilarant !
Changement de sujet : Justin Trudeau nous avait déjà dit, souvenez-vous, que les unilingues étaient « paresseux » et que le Québec n’était pas une nation.
Il nous apprend maintenant qu’un extra-terrestre qui deviendrait citoyen canadien serait protégé par la Charte puisque celle-ci ne tient pas compte de notre « planète d’origine ».
J’ai déjà déploré la place disproportionnée de l’humour au Québec. Mais nous ne bouderons pas une recrue au talent si évident.
Courez voir http://justin.ca/ et cliquez sur la vidéo où cet olibrius se présente. Quatre minutes de pur divertissement. On se pince.
Justin, qui déteste la « politique partisane », veut « adresser » (sic !) la « montée de l’intolérance entre les peuples ». Mais il est plein d’espoir car, voyez-vous, il sent un « awakening » chez les Canadiens. Un peu plus et il se met à léviter.
Sur le site d’une firme qui le propose comme conférencier, j’ai aussi appris que le candidat libéral dans le « compté » (re-sic !) de Papineau est préoccupé par « l’autonomisation » (re-re-sic !) des jeunes et fait aussi « parti » (re…etc. !) de divers regroupements écologistes.
J’oubliais le plus important : il a fait beaucoup de planche à neige à Whistler. Avouez, vous êtes jaloux, hein ?

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