* Un slogan copié de l’anglais : It’s the economy, stupid !
Vous vous souvenez du slogan des Conservateurs : “le Québec prend des forces” qui faisait penser à un patient qui a été affaibli par une maladie et qui lentement se rétablit. C’était complètement ridicule. Mauvaise traduction de : Quebec is getting strong dont le message était : le Québec devient fort... en élisant des députés conservateurs qui donneront un gouvernement majoritaire à Steven Harper et des ministres du Québec. Les électeurs ont répondu en élisant 49 députés du Bloc québécois.
Maintenant les Libéraux ont choisi : “L’économie d’abord OUI” traduction de It’s the economy, stupid ! expression préférée de Pierre Péladeau. Pourquoi ont-ils ajouté OUI ? Détournement des votes pour le OUI de 1995 ? Rappel même pas subtil de l’option souverainiste du Parti québécois ? Venant de Monsieur Passeport, le vice-président du Comité du NON lors du référendum de 1995 qui ignorait, paraît-il, l’existence d’Option Canada qui a dépensé illégalement plus d’un million, c’est ironique.
* Les improvisations de Bernard Derome
Avez-vous remarqué le visage stressé de Michel C. Auger ou de Pierre Duchesne quand Bernard Derome joue le décontracté et improvise des commentaires avant de poser sa question ? De toute évidence libéral et fédéraliste, Bernard Derome a de plus en plus de difficultés à rester neutre. Trois fois sur quatre, le journaliste qui répond à sa question doit rectifier ses commentaires qui sont tout croches. Le soir des élections fédérales, Derome a été absolument incapable de dire que le Bloc québécois avait gagné ce qui était pourtant le cas. Il ne faisait que revenir sur le pourcentage du vote. Il approche de la retraite et je lui prédis une médaille de la Gouverneure générale du Canada. Quand il recevra Pauline Marois en entrevue, espérons qu’il ne sera pas trop paternaliste comme il l’a été avec Gilles Duceppe.
* les journalistes agressifs et partisans
Le film sur Bernard Landry “A hauteur d’homme” met en évidence le rôle que les journalistes se donnent en campagne électorale. Audi alteram partem répondait Landry à propos de Jacques Parizeau. Au lieu d’avoir le courage d’appuyer son ancien chef et de prendre le taureau par les cornes, Landry essayait d’éluder des questions des journalistes qui l’auraient obligé à parler de l’argent et des votes ethniques, ce qu’il ne voulait visiblement pas faire. En insistant lourdement comme ils l’ont fait, les journalistes faisaient volontairement le jeu des Libéraux. Ces journalistes agressifs sont partisans. On pourrait souhaiter qu’il fasse leur métier avec plus de classe.
Ils ont continué avec André Boisclair. En appelant leur autobus Brodeback Mountain, ils ont posé un geste politique. Dans une de ses chroniques, Michel David se réjouissait du fait que les journalistes avaient mis Boisclair dans l’embarras lors d’une conférence de presse à propos de son homosexualité. Je lui ai demandé pourquoi les journalistes se donnent l’objectif de déstabiliser un homme politique comme des adolescents dans une classe poseraient des questions à leur professeur non pas pour apprendre mais pour l’embêter.
Ça recommence avec Pauline Marois. Cinq questions sur la souveraineté en quinze minutes de conférence de presse mercredi, quatre en français et une en anglais. On peut être d’accord ou pas, mais les réponses de Pauline Marois étaient nuancées et claires. Au journaliste qui répétera sa question sur la souveraineté, je suggère à Pauline Marois de lui dire : “La dernière fois que j’ai répondu, vous n’avez pas compris ma réponse ? Demandez à vos confrères de vous l’expliquer.” Ou bien, agressive : “Vous faites le jeu de Jean Charest. Que pensez-vous du OUI dans son slogan ?
Trouvez-vous ça honnête ? Il a essayé la même chose en détournant à son profit la mission que le Bloc s’assignait de défendre les intérêts du Québec. On l’a vu dix fois dire ça pendant la campagne fédérale.” Il ne faut pas que Pauline Marois soit à la merci de ces gens-là qui font essayer de transformer chaque conférence de presse en cauchemar. Elle les connaît : elle les a vus à l’île Bizard.
Vendredi, La Presse a généreusement informé la population d’un document interne de stratégie. En conférence de presse, Pauline Marois a bien répondu. Hier, c’était sympathique de voir Bernard Landry se donner l’accolade.
* Quand Jean-Pierre Charbonneau charrie au club des Ex
En discussion avec trois femmes (Durivage n’est malheureusement pas là), quand il a pu placer un mot, Charbonneau a affirmé que l’ADQ pourrait n’avoir que deux députés le 8 décembre au soir. Je félicite la représentante de l’ADQ d’avoir gardé son calme devant une affirmation aussi farfelue. Parlant de l’ADQ, vous savez que sur les bulletins de vote c’est écrit : Jos tartampion, Action démocratique du Québec-Equipe Mario Dumont. Est-il normal que le nom du chef d’un parti apparaisse sur tous les bulletins de vote ?
* La victoire de Barak Obama
J’ai été aussi heureux et ému que le soir de la victoire du 15 novembre 1976.
C’est la fin de huit ans de mensonges, de manipulations, d’unilatéralisme, d’exploitation (Halliburton), de médiocrité, de bêtise et de bellicisme. Quand il était en désaccord avec les Américains et ça lui arrivait souvent, mon père répétait : "American bullshit". Le soir de la victoire d’Obama, mon père n’aurait pas répété cette phrase. il aurait été content pour les Américains qui vont sortir du cauchemar des années de George W. Bush. Barak Obama a du style, de la substance, du charisme et il va rassembler autour de lui la meilleure équipe possible, ce qu’on appelle “the best and the brightest”. Les Républicains laissent les Etats-Unis dans une situation qui est à la mesure de leur incompétence et de leur manque de fibre morale.
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 7 novembre 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
