Passant en coup de vent et interrogée par un journaliste dans le contexte du débat sur les conflits qui surgissent entre la liberté de religion et l’égalité homme-femme, Christine St-Pierre, responsable de la condition féminine, a pris position : le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes doit avoir priorité et doit s’appliquer dans des situations concrètes.
Or, telle n’est pas la position prise par Yolande James et Jean Charest. Interrogé à la période des questions mercredi par une chef de l’opposition pugnace, Jean Charest a refusé d’affirmer la priorité de l’égalité hommes-femmes dans des situations où des adeptes mâles d’une religion refusent d’être servis par une femme. Par ailleurs, la suave Yolande James, grande partisane des oeufs brouillés et de la tarte aux pommes, a évoqué le mielleux “vouloir vivre ensemble” pour contourner la question qui était bien claire. Ce qui équivaut à dire que des citoyens, au nom de leur religion, peuvent obtenir des dérogations au principe de l’égalité. Yolande James est une championne du patinage de fantaisie à l’égale de Barbara Ann Scott.
De toute évidence, malgré les cassettes apprises par coeur, il y a de la bisbille au conseil des ministres sur la question de la priorité à donner à l’égalité entre les hommes et les femmes au Québec qui est supposément une valeur sacrée de la société québécoise. Bonne chance Christine St-Pierre. Il va bien vous falloir un jour faire de la politique et défendre vos principes.
Quant à y être, j’en profite pour parler de cette autre valeur supposément sacrée qui est la primauté du français. Jean Charest continue de reprocher au Parti québécois cette clause du projet de loi sur la citoyenneté qui exigeait la connaissance du français pour être citoyen du Québec et conséquemment pour pouvoir se présenter aux élections. Si la primauté du français veut dire quelque chose monsieur Charest, il faut savoir le français pour devenir citoyen du Québec comme il faut savoir ou le français ou l’anglais pour devenir citoyen canadien. Arrêtez de jouer les vierges offensées quand on essaie de mettre du contenu dans le principe de la primauté du français au Québec. Vous vous pensez bien malin avec vos esquives et vos attaques démagogiques pendant la période des questions, mais vous êtes bien chanceux que Pauline Marois ait de la classe.
Si elle était une bum comme moi, elle vous aurait répondu qu’un homme comme lui est incapable de vraiment défendre les femmes (sinon en apparence) et que, conséquemment, les citoyens et citoyennes du Québec qui croient au principe de l’égalité homme-femme devraient élire une femme comme première ministre du Québec.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 8 octobre 2009

