04 décembre 2008 - 19:51

Éditorial
Bernard Drainville, un des plus grands atouts du Parti Québécois

23 mars 2007    23:36

C’était hier sa dernière apparition à l’émission animée par Denis Lévesque à LCN, où Drainville débattait des positions de son parti avec Jean Norbert de l’ADQ et Line Beauchamps, du Parti libéral du Québec. À chacune de ses présences, l’ex-journaliste a toujours été solide et très bien préparé dans la défense des dossiers de son parti. Évidemment, il n’est pas toujours facile pour quelqu’un qui a porté le chapeau de la vérité de le troquer pour celui du pouvoir, mais Drainville réussit plutôt bien ce tour de force.

Ce n’est pas évident, car le pouvoir et la vérité sont des forces qu’on pourrait qualifier d’antagonistes, tellement elles s’affrontent la plupart du temps. En effet, pour prendre le pouvoir, il peut être tentant de déformer la réalité ou de tordre la vérité. Certains s’y appliquent d’ailleurs allègrement. De la même façon, celui qui dit toujours la vérité peut voir ses chances de prendre le pouvoir diminuer, car l’électeur préfère parfois entendre ce qui lui fait plaisir plutôt que la vérité. Mais celle-ci est toujours gagnante à long-terme. Pour cette raison, il faut féliciter ceux qui font preuve de transparence en politique.

Certains ont accusé Bernard Drainville de n’avoir pas accordé une entrevue objective à André Boisclair, juste avant de se présenter comme candidat du PQ. Le libéral Jacques Dupuis a affirmé : « Vous avez quelqu’un qui se représente comme un journaliste objectif, il sait très bien qu’il s’en va faire une entrevue avec son chef de parti éventuel. C’est de la manipulation de l’information, c’est de l’hypocrisie, et c’est du manque de loyauté ». Mario Dumont a accusé Drainville de s’être livré à une « comédie » en ce qui concerne les explications de l’ex-journaliste sur cette entrevue. « Avec Pierre Curzi, André Boisclair et Bernard Drainville, on a trois excellents comédiens » a-t-il rajouté.

Ceux qui portent ces accusations, soit ils n’ont aucun sens de la psychologie, soit ils n’ont jamais vu l’entrevue, soit ils sont prêts à dire n’importe quoi pour dénigrer leurs adversaires et obtenir le pouvoir. Car Drainville a été tout sauf complaisant avec le chef péquiste. Il lui a demandé à cinq reprises s’il croyait vraiment être la personne appropriée pour diriger le parti souverainiste, étant donné que Boisclair avait reconnu lui-même avoir commis des erreurs de parcours durant la semaine précédente. Ce qu’on peut en conclure en fait, c’est que Drainville voulait se faire réconforter sur la force du chef péquiste. Les réponses de celui-ci ont dû le rassurer, car l’ancien journaliste a décidé de plonger avec le PQ.

Il n’y a pas que Drainville qui ait décidé de quitter le journalisme pour la politique, il y a aussi son ex-collègue de Radio-Canada, Christine St-Pierre. Mais celle-ci semble être plus du côté du pouvoir que de la vérité, à cause de son appui aux soldats canadiens en Afghanistan. Drainville semble être même plus pur que le journaliste-politicien le plus célèbre du Québec, René Lévesque.

C’est sous la gouverne de Lévesque qu’a été sanctionnée la Loi sur la consultation populaire le 23 juin 1978. Par contre, il faut déplorer qu’à l’époque on ne se soit pas inspiré de l’expérience référendaire suisse pour créer notre loi. La Suisse aurait été le pays parfait pour puiser notre inspiration. C’est le pays qui a le meilleur système démocratique au monde, la grosseur de sa population se compare à celle du Québec, une de ses langues officielles est le français, et l’information en matière de référendum y est présentée d’une façon tout à fait objective, incluant les arguments favorables et défavorables pour chaque projet présenté à la population. Il aurait été bien d’implanter cette culture d’objectivité et de transparence au Québec.

Dans la loi québécoise, la seule référence à la qualité de l’information se retrouve à l’article 26, où on y dit que : « Au plus tard dix jours avant la tenue du scrutin, le directeur général des élections doit transmettre aux électeurs une brochure unique expliquant chacune des options soumises à la consultation populaire et dont le texte est déterminé par les comités nationaux respectifs. Cette brochure doit assurer à chaque option un espace égal fixé par le directeur général ». C’est tout, plus rien sur la qualité de l’information, avec les résultats que l’on connaît.

M. Drainville a dit qu’il avait de la difficulté à jouer le rôle de « plante verte » depuis qu’il est en politique. Il signifiait par là l’obligation de poser à côté du chef quand celui-ci est filmé ou photographié, en prenant la peine de faire un beau grand sourire. Espérons que M. Drainville ne se contentera pas de faire la plante verte à l’intérieur de la formation péquiste. C’est un des plus grands atouts du Parti Québécois.



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Commentaires (ordre chronologique)

Par  Nicole Hébert
24 mars 2007    10:11     he.nic@sympatico.ca

Monsieur Charron,

Ces lignes sont davantage l’expression d’une réaction de soupir qu’un commentaire : "Enfin, on le dit !" Car, en ce qui me concerne, l’arrivée de Bernard Drainville -et celle de Pierre Curzi - au PQ sont les évènements, avec celui du parachutage du "Bon Docteur Couillard" dans ma circonscription qui m’ont secouée et m’ont ramenée finalement au PQ. Je n’aurais pas voté libéral mais je cherchais encore mon avenue. Pour le reste, c’est l’attention, consécutive à ce réveil, que j’ai consentie à André Boisclair pour le découvrir, découvrir la feuille de route actuelle du PQ et cette magnifique priorité à l’Éducation, qui m’a permis de le choisir finalement comme chef.

Quant à Monsieur Drainville, j’estime comme vous qu’il parle "vrai". Et c’est incroyable ce que cela peut faire du bien à la confiance envers la classe politique que d’entendre un politicien parler "vrai", Ne pas manipuler ! Peut-être cette qualité lui vaudra-t-elle des revers mais peut-être aussi que les électeurs en ont un tel besoin au fond qu’ils en prendront conscience à travers lui et d’autres qui choisiraient la même transparence. Je le lui souhaite sincèrement et je nous souhaite qu’il soit élu et qu’il ne perde rien de cette précieuse authenticité.

Merci


Par  Jean Pierre Bouchard
24 mars 2007    12:53     jpbouchard@sympatico.ca

B.Drainville a très bien fait dans les débats de LCN. Sa connaissance des dossiers associé à l’expression vivante de sa parole fait de lui en tant que candidat l’un des 2 ou 3 facteurs qui a peut être stoppé l’hémorragie du Parti Québécois. Dans sa prise de parole on ressent une sensibilité, une vigueur notamment sur la question nationale qui ne peut être que mobilisatrice.

A.Boisclair s’est amélioré dans les deux dernières semaines mais la question de sa vision excessivement rationnelle de l’avenir du Québec a laissé le champ libre à Dumont qui a misé davantage sur le fond identitaire québécois.

Le PQ fera au mieux entre 29 et peut être 32% lundi moins encore (33%) qu’en 2003. C’est L’ADQ paradoxalement qui rend impossible un gouvernement majoritaire PQ mais qui en même temps rend possible un gouvernement minoritaire péquiste.

Ainsi, même si A.Boisclair (45% de probabilité considérant la prime à l’urne libérale) devient PM, il ne pourra faire comme si rien ne s’était passé. Par le biais de son équipe enrichie de la sensibilité culturelle de P.Curzi et de l’intelligence émotionnelle de B.Drainville, il devra recentrer le PQ sur notre patrimoine, notre fond historique. L’interrogation sur l’avenir du Québec ne se résume pas qu’en terme de chiffres, c’est la considération de nos racines qui rend sensible notre situation démographique et l’impossibilité de se satisfaire d’un statut de minoritaires.

Et si jamais lundi le PQ dans l’opposition fait plus mal que prévu notamment sur le pourcentage et secondairement en terme de députés élus. Tout autant que leadership du parti, ce qui sera en cause c’est sa définition de la nation incolore.

Au moment où B.Drainville a annoncé sa candidature lui plus sensible a su convaincre sur son engagement en exprimant comment ça le touchait "qu’au Québec après 400 ans qu’on puisse parler encore français et qu’il y avait une force là dedans".



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