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Depuis que le sujet de l’indépendance est sorti des limbes, voilà presque 50 ans, le B’nai Brith ne rate pas une occasion de crier à la xénophobie, au racisme, au fascisme, voire au nazisme à l’encontre de tout groupe indépendantiste. Les dernières propositions du Parti québécois n’y échappent pas. Je ne reprendrai pas ici les accusations particulières contre ces propositions : il en va de l’évidence qu’elles ne justifient en aucun cas les accusations dont elles sont l’objet.
La question que je pose : pourquoi ces attaques sous de faux prétextes ? En quoi la nation québécoise-française, lorsqu’elle veut s’appartenir ou à tout le moins se reconnaître chez elle, nuit-elle aux Canadiens juifs et aux Québécois juifs davantage que peut leur nuire le Canada souverain ? En quoi ce qui est considéré normal lorsqu’il vient d’Ottawa ou de Toronto doit-il être combattu lorsqu’il vient de Québec ou de Montréal ? En quoi ce qui parle français atteint-il les juifs alors que ce qui parle anglais est considéré normal ? En reprenant à son compte, d’une manière encore plus mensongère et avilissante, les attaques des fédéralistes patentés contre le Québec, quel but vise cette organisation ?
Le fait-elle pour remercier le Québec et le Parti québécois d’avoir commis l’erreur politique de faire du Québec l’un des seuls endroits au monde à reconnaître les écoles rabbiniques d’intérêt public ? En veut-elle au Parti québécois d’avoir accepté de considérer la communauté juive de Tash (à Boisbriand), à toutes fins utiles, comme une municipalité dans la municipalité, en ignorant volontairement l’entente non écrite qui fait du domaine rabbinique un territoire fermé ?
Si le B’nai Brith tient à tout prix à défendre une communauté menacée, expulsée, dépecée, privée d’État, de liberté, de paix, de pain, de travail, torturée, pleurant tous les jours de nouveaux morts et de nouveaux blessés civils, une communauté privée de territoire depuis 60 ans, que ne s’en prend-elle au responsable du sort des Palestiniens, soit l’État d’Israël ? Voilà au moins une situation où la bonne conscience pourrait agir sans hypocrisie et sans mauvaise foi, où les accusations de xénophobie, de discrimination, de haine, de nettoyage ethnique pourraient être justifiées.
Mais, pour le B’nai Brith, parler français au Québec est un crime et achever la nation palestinienne, un "détail" négligeable.
On a la conscience qu’on peut.
Raymond Poulin
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
Faudrait bien que les leaders juifs du Québec dénoncent les dernières déclarations du B’nai Brith. Autrement, on va penser que nos juifs pensent comme cette organisation juive.
On attend. J’espère qu’on n’attendra pas trop longtemps.

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