« Il est humain de se tromper, mais seuls les stupides persévèrent dans l’erreur. » Cicéron
Nation, ethnicité, nationalisme et religion
Les quatre éléments distinctifs et déterminants dans l’histoire des peuples faisant partie d’un tout essentiel propre à amalgamer le maximum de ses membres ne peuvent être que : nation, ethnicité, nationalisme et religion(1). Aucun de ces éléments ne pourra être marginalisé par les responsables politiques préoccupés à comprendre la manière adoptée par la société actuelle, afin d’apporter les mécanismes essentiels pour assurer la survie collective. Ces quatre caractéristiques d’identité sociale sont tellement indissociables entre elles qu’il devient impossible d’écrire adéquatement l’histoire de l’un de ces éléments distinctifs sans faire largement référence aux trois autres.
Au Québec, tout particulièrement, l’on constate depuis trois décennies l’évidence qu’il se produit un schisme entre ces éléments distinctifs ―nation, ethnicité, nationalisme et religion―, provoqué par ceux que l’on peut appeler, afin de simplifier, les modernistes et révisionnistes. Ces derniers n’ont comme objectif que celui de bureaucratiser le pouvoir politique pour en retirer le maximum de privilèges, même au prix d’en arriver à déstructurer la nation, laquelle a rendu possible le surgissement d’une collectivité cohésionnée et hautement développée grâce à ces quatre éléments essentiels qui l’ont prémunie de la disparition comme entité nationale. Disparition continuellement recherchée par ceux qui sont à la solde du pouvoir colonisateur d’Ottawa, et par d’autres qui se débattent dans leur propre labyrinthe politique, imposant la québécité comme stratégie d’intégration à ceux qui composent les multiples groupes minoritaires au Québec, lesquels, en grande majorité, sont/seront réfractaires à leur postulats « nationalistes » et à la dissociation d’avec le pouvoir fédéral qui leur a procuré s’installer au pays.
Dans cette réalité de dualisme sociopolitique mené par ceux qui veulent fragmenter ces quatre caractéristiques nationales et historiques du Québec, enracinées dans la singularité ethnique des Canadiens français, en leur imposant la québécité comme facteur de convergence, ne résultera comme ultime objectif que l’inévitable déstructuration de leur propre entité nationale. Toutefois, il ne faut pas ignorer qu’avant d’avoir la « citoyenneté québécoise », comme prétendent les néo-nationalistes québécois, il faut avant tout conquérir la pleine souveraineté du Québec, et celle-ci ne s’obtient qu’avec une majorité de Canadiens français de souche et quelques milliers de ressortissants ―au maximum 250 000 qui voudront y adhérer― qui, par le fait de la gratitude d’avoir été reçus au Québec sans conditions, par des liens affectifs ou encore par cohérence intellectuelle et intelligence rationnelle, se sont intégrés à cette majorité de Canadiens français qui forment 78% de la population du Québec en 2009. Pourcentage qui continuera à diminuer par le fait de l’arrivée au Québec, à partir de 2009(2), des 55 000 nouveaux ressortissants par année. Sans oublier que de ces derniers, seulement 10% au maximum pourrait s’intégrer à ladite majorité si l’intégration leur aura été facilitée et acceptée par eux de manière favorable à leurs intérêts.
Les premières lignes écrites à la note 3 peuvent servir pour élucider cet épineux dilemme ethnopolitique de capitale importance susceptible de détruire plutôt que d’assurer la survie du peuple Canadien-français. Mêmes ces liens d’intégration des nouveaux ressortissants au Québec demeurent très fragiles en raison du matérialisme régnant et à la corruption du pouvoir d’Ottawa qui, en tout temps, achète les volontés fragiles et monnayables. Un exemple de cette réalité, nous l’avons eu avec le cas de Michaelle Jean et son consort vice-roi. L’article L’ingratitude et la trahison ont mené à Rideau Hall (publié à Vigile.net) confirme cette fragilité qui laisse au bienfaiteur ―le Pouvoir d’Ottawa― toute sa supériorité .
La québécité comme déstructuration sociopolitique des Canadiens français
Notons que ce dilemme d’appellation à caractère politique consistant à vouloir se considérer Québécois plutôt que Canadiens français, dénomination qui se résume en la québécité ―celle-ci imposée par ceux qui n’ont pas une perspective d’ensemble de la mouvance qui se développe dans les centres stratégiques du Pouvoir centraliste d’Ottawa et aussi par ceux qui manquent de vision par rapport aux corrélations sociopolitiques devant ce terrible dualisme qui tient le peuple canadien-français en otage depuis 1867― ne peut conduire, comme stratégie de convergence, qu’à l’anéantissement de cette même majorité ethnique dans les prochaines décennies, dû surtout à l’expansionnisme démographique antioccidental et à la lâcheté intellectuelle d’une partie appréciable de l’élite de cette même majorité. Pour préciser davantage ce qui vient d’être exposé, rappelons ceci :
Si nous étions tous des Canadiens français(4) et n’avions pas encore eu notre indépendance nationale à travers des référendums ou d’autres mécanismes démocratiques, ça ne poserait pas de problème. Mais ce qui est terrible, c’est qu’en raison de ceux qui sont arrivés et ont adopté ce régime fédéraliste, le Québec demeure, en ce XXIème siècle, la seule colonie en Amérique du Nord.
La stigmatisation qui se fait depuis quelques décennies de l’appellatif « Canadiens français », par calcul politique afin de se faire élire, ou par lâcheté intellectuelle, ne fera qu’augmenter le dualisme politique et les difficultés socio-économiques pour reconquérir la pleine souveraineté du Québec. L’analyse que l’on doit faire, tant de celui du nationalisme comme de celui de la nation, doit remettre en question l’actuelle orthodoxie « moderniste » de ceux qui veulent établir au Québec la « concession » de l’appellatif « Québécois » comme étant une condition intrinsèque au développement historique de la Nation canadienne-française. Car, nation, ethnicité, nationalisme et religion sont quatre éléments distinctifs et déterminants de l’histoire de l’identité d’une civilisation donnée. Aucun de ces éléments ne peut être marginalisé sans plus par l’historien ou le responsable politique préoccupé à comprendre la manière d’agir adoptée par l’actuelle société dans ce contexte d’expansionnisme démographique antioccidental et de darwinisme social, motivé par le phénomène du multiculturalisme. Il faut se rappeler que ces deux actions de survivance sont possibles seulement quand la lutte pour le contrôle de l’espace politique, économique, culturel et religieux est considérée comme étant un moyen de mainmise essentiel pour l’évolution des populations migrantes établies là où la société d’accueil a perdu la responsabilité collective de sauvegarder ses propres valeurs nationales(5).
À ne pas oublier : …ce qui est terrible, c’est qu’en raison de ceux qui sont arrivés et ont adopté ce régime fédéraliste, le Québec demeure, en ce XXIème siècle, la seule colonie en Amérique du Nord .
Jean-Louis Pérez
*. Pour discerner ce concept de piège ethnopolitique , consulter l’éditorial de Pierre Jury Mesurer la « québécité » ? et la réplique donnée par André Dorion à cet éditorial, intitulée La « québécité » de Michael Sabia (les deux publiés par Le Droit les 06 et 08 mai 2009).
**. Avec les concepts Canadiens français et Québécois qu’ils veulent amalgamer avec l’appellation « québécité » lui donnant un attrait civique et politique, même émis par ceux qui souhaitent conquérir la pleine souveraineté du Québec, ne connaîtront d’autre résultat que celui de la destruction de la Nation Canadienne-française. L’article Expansionnisme islamiste et conquête politique au Québec , lequel sera bientôt envoyé à Vigile.net, résume cette affirmation irréfutable basée sur des données et événements de déstructurations sociales, de saccages des ressources économiques et de sabotage de la formation intellectuelle pour les présentes et futures générations(6), constatés chaque jour et menés par ceux qui agissent contre les intérêts de l’immense majorité des Canadiens français. Le seul groupe ethnique qui peut vraiment réussir à faire l’indépendance du Québec.
1. Concernant cet élément capital qu’est la religion, source de cohésion collective pour une nation minoritaire en Amérique du Nord, laquelle se débat dans un monde d’expansionnisme démographique antioccidental, consulter l’article Expansionnisme islamiste et conquête politique au Québec à paraître à Vigile.net
2. Afin de constater l’ampleur de cette croissance démographique exogène, opposée à l’indépendance du Québec et provoquant des répercutions négatives telle, entre autre, le déclin de la population canadienne-française. En effet, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) prévoit maintenant que « L’augmentation de l’immigration mais surtout l’augmentation du taux de fécondité des femmes québécoises ―c’est ça, l’idéalisation de la québécité ! ― signalent un renversement de tendance, de sorte que l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) prévoit maintenant une croissance de la population du Québec d’ici 2056. Dans ses nouvelles Perspectives démographiques du Québec et des régions 2006-2056 , l’Institut prévoit que la population du Québec atteindra 8 millions d’habitants en 2012 et s’établira à 9,2 millions en 2056. C’est la première fois depuis des décennies que ces prévisions ne concluent pas à un éventuel déclin à moyen terme de la population québécoise ». Pour plus de détails, consulter l’article Renversement de tendance : le Québec en croissance démographique , publié le 15 juillet 2009 à Cyberpresse.
3. Voici mon exposé (n. 24 et dernier des commentaires jusqu’au 17-07-2009) intitulé La charrette avant les bœufs , qui apparaît à la fin d’autres opinions concernant l’article de Michel Gendron Une contribution à la stratégie de convergence (publié à Tribune libre de Vigile, 20 juin 2009) :
[« Avez-vous écouté l’allocution de Daniel Turp, le 6 juin dernier ? Je n’ai pas assisté au colloque des IPSO, mais j’ai visionné les videos. Plusieurs interventions me sont parues pertinentes, dont celles de messieurs Turp et Paquette, qui vont justement dans le sens de la convergence souhaitée. Françoise David semble ouverte à cette idée, et c’est là une bonne nouvelle. » Michel Gendron
Avant de proposer ou songer à réaliser ce que vous exposez ici –les participants favorables à un quelconque moyen de convergence des souverainistes, sans oublier ceux qui ont organisé la rencontre IPSO du 6 juin— pourquoi, avant d’aller plus loin, n’analysez-vous pas la défaite de Daniel Turp dans la circonscription de Mercier ? Quand on aura compris la raison pour laquelle ce compté électoral est passé du Parti Québécois à Québec Solidaire, alors on pourra continuer à chercher la façon de libérer la NATION CANADIENNE FRANÇAISE. Seule celle-ci peut le faire ! En effet, aucune autre collectivité au Québec ne pourrait la libérer de cette Confédération qui fait venir 55 000 nouveaux immigrants par année au Québec afin de diluer le pouvoir de cette nation qui va à la dérive et à sa totale dépendance politique, faisant que dans un proche futur d’autres comptés y passeront, comme celui de Marguerite- Bourgeoys gagné par le PLQ le 22 juin dernier avec seulement 23% d’électorat, pourcentage composé en grande majorité d’anglo-allophones.]
4. L’appartenance de souche filiale ou d’intégration par d’autres liens affectifs ou moraux au groupe majoritaire au Québec doit avoir une seule et unique condition pour que prévale cette affirmation de convergence : connexion possible entre les unions politiques et ethnolinguistiques conformant un idéal rationaliste et de comportement humaniste. C’est-à-dire que l’appartenance à une majorité sociale donnée comportant ces deux conditions, ne se circonscrit pas seulement à un rapport protoparental du membre de ce groupe. En effet, les Canadiens français qui ont travaillé consciemment et volontairement pour trahir, saccager ou saboter la Nation québécoise afin de l’empêcher de réaliser son le plein potentiel d’épanouissement comme pays indépendant, sont si nombreux que le Québec, s’il était reconnu comme tel, ces actes d’infidélité se considéreraient comme étant un complot collectif de lèse-humanité.
5. Ces deux paragraphes sont extraits de l’article Un dualisme fratricide. Québécois contre Canadiens français (publié à Vigile.net le 22 juin 2008).
6. En ce qui a trait au sabotage institutionnalisé de la formation intellectuelle pour les présentes et futures générations, voici ce que rapporte la journaliste Sophie Cousineau dans son article Au pays des illettrés financiers : « Ce que l’on sait de façon certaine, c’est que les bonnes habitudes se prennent tôt. Ainsi, l’école est la meilleure façon de rejoindre tout le monde, puisque les destins se séparent ensuite. Dans le contexte, il est complètement aberrant que le ministère québécois de l’Éducation ait choisi de faire disparaître, à compter de la prochaine rentrée, le cours d’éducation économique. Ce cours était obligatoire au secondaire depuis 1982 ». Pour plus d’information, consulter :

