Quand Jean Charest énumère ses réalisations dans ses éloquentes cassettes à la période des questions de l’Assemblée nationale, il inclut la reconnaissance de la nation québécoise par le Parlement fédéral. Or, on le sait, Jean Charest n’y est strictement pour rien. C’est un mensonge de plus c’est-à-dire une affirmation contraire à la vérité. Cette reconnaissance du bout des lèvres “des Québécois” comme nation (sociologique dit Stéphane Dion) a été faite pour contourner une motion du Bloc québécois. Les fédéralistes dont Jean Charest, s’en servent comme soi-disant preuve du fédéralisme dit d’ouverture dont l’ouverture est cosmétique, sans conséquence sur la réalité politique des pouvoirs et de l’argent. C’est ce qu’on appelle de la rhétorique vide. Et Ignatieff vient de dire : le Québec n’a pas besoin de plus de pouvoirs pour plaire au ROC. La référence aux “Québécois” en français dans le texte anglais de la motion qui a été adoptée en Chambre a quand même une signification. Pour une fois, Lysiane Gagnon a vu juste. Elle signifie que c’est la langue française qui fait des “Québécois” une nation distincte de la nation Canadian qui, elle, est politique et a tous les pouvoirs pour se développer contrairement à la nation québécoise.
Ce détour pour en arriver à dire qu’Ottawa reconnaît que le français au Québec doit s’épanouir et se développer puisqu’il constitue l’essentiel d’une nation qui par sa différence fait partie de la richesse culturelle et humaine du Canada. Parenthèse : le refus des Conservateurs et des Libéraux de voter en faveur de la motion du Bloc Québécois pour que la loi 101 s’applique aux Québécois qui travaillent pour le gouvernement fédéral au Québec est en contradiction avec leur acceptation que le Québec est une nation. La Loi 101, la Charte de la langue française, affirme que le français est la langue commune du Québec et que la langue française est la langue de travail au Québec.
En conséquence, nous suggérons très fortement à Pauline Marois et à Louise Harel de parler français en tout temps. Mesdames, quand vous donnez une conférence de presse, votre langue de travail doit être le français. Quand les journalistes des médias anglophones posent des questions, au Québec, leur langue de travail doit être le français. En tout temps. Ils veulent des “clips” ? Qu’ils les aient en français et qu’ils traduisent pour les quelques unilingues anglais qui existent encore au Québec, ces dinausaures rhodésiens (dirait René Lévesque) qui ne veulent pas respecter la majorité française.
Dalton McGuinty le premier ministre de l’Ontario parle français ? S’il pense, pour avoir des votes, qu’il doit s’adresser à sa minorité française en voie d’assimilation dans la langue française, grand bien lui fasse. A ce que je sache, la langue française ne menace pas la langue anglaise en Ontario.
On nous dira : si mesdames Marois et Harel étaient bilingues, vous ne diriez rien. Et bien, nous en sommes rendus en 2009, à penser que même des hommes extrêmement bilingues comme René Lévesque s’il était vivant et Jacques Parizeau, s’il était premier ministre, ne devraient pas répondre aux questions des journalistes en anglais.
Il n’y a pas de problème au contraire à ce que Pauline Marois et Louise Harel prennent des cours d’anglais pour leur enrichissement personnel. Mais que les conférences de presse leur servent de travaux pratiques : non. Si elles continuent à baragouiner un peu d’anglais, elles feront la preuve que la connaissance de l’anglais, pour elles, est une exigence absolue pour être maire de Montréal ou premier ministre du Québec. C’est donner un très mauvais exemple aux immigrants déchirés entre deux langues avec des messages contradictoires, un message venant du Canada qui leur a fait prêter serment à la Reine d’Angleterre et un autre message venant du Québec avec d’une part une Charte de la langue qui dit que le français est la langue de travail au Québec et d’autre part deux leaders souverainistes qui trouvent normal que l’anglais soit leur langue de travail.
Mesdames soyez fières de parler français en tout temps. N’ayez aucun complexe. Donnez-nous l’image d’un pays français avant même qu’il ne soit réalisé pour en donner le goût. Vos compatriotes vous en seront reconnaissants. Ils iront même jusqu’à vous admirer.
Robert Barberis-Gervais et Marcelle Viger, 30 juin 2009
Et bonne fête à ceux et celles qui considèrent que le Canada est leur pays.
Je me souviens qu’en voyage pour me procurer des canards du lac Brome, une journaliste de la CBC me flanqua un micro sous le nez en me demandant : “For Thanksgiving day, what do you have to be thankful for ?” Je lui répondis en français : “Je remercie le Ciel de pouvoir parler français au Québec même dans les Cantons de l’Est où sévit Jean Charest.” (R.B.G)
Addendum à l’article sur Parizeau-Charest. "Jacques Parizeau est un grand seigneur de l’indépendance du Québec : Jean Charest est un petit mercenaire du Canada.
