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Conférence sur les changements climatiques
Après Bali, en attendant Copenhague, le Québec peut jouer un rôle continental
André Rousseau
Tribune libre de Vigile
mardi 18 décembre 2007      352 visites      2 messages


Texte publié dans Le Devoir du jeudi 27 décembre 2007

***

Victoire relative

La Conférence de Bali sur les changements climatiques s’est conclue par une victoire relative, surtout diplomatique, engageant pour la première fois tous les pays participant aux négociations d’un accord post-Kyoto qui doivent s’amorcer en avril 2008 et se terminer fin 2009 à Copenhague au Danemark. Victoire car les États-Unis ont dû se rallier au principe de la responsabilité commune mais différenciée (qu’ils rejetaient dans l’accord de Kyoto) permettant d’unir pays développés et en voie de développement à une même table de négociations bien qu’ils aient fait reporter l’adoption de mesures fermes, chiffrées à la fin de ces prochaines négociations.

Cependant l’Union Européenne et les pays en voie de développement se sont entendus sur l’accélération des transferts technologiques, la lutte à la désertification, l’aide en cas de catastrophes naturelles.

Les engagements fermes recommandés par les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), appuyés par l’Union Européenne, soit une réduction globale de 25 à 40% des émissions de gaz à effet de serre pour 2020, sont reportés comme base de discussion à la fin de 2009. L’urgence de décider immédiatement ses engagements se base sur le travail de 800 scientifiques, de plus de 2500 études et un taux d’exactitude de plus de 80%.

Le gouvernement canadien actuel, tout en refusant de ratifier l’accord de Kyoto, s’opposait aussi, durant la conférence, à des objectifs chiffrés pour déplorer après la faiblesse de l’accord. Suite aux pressions publiques, il a dû se rallier aux autres accords importants mis de l’avant par l’Union européenne et les pays en voie de développement.

Penser globalement, agir localement

Après cette conférence cruciale, on doit revenir au mot d’ordre « Penser globalement, agir localement ». Montréal et le Québec peuvent faire plus et mieux au niveau de la réduction des émissions de gaz à effets de serre bien que nous appuyions déjà le protocole de Kyoto.

Le Québec peut exporter davantage d’énergie propre, renouvelable (hydro-électrique, éolienne) au Canada (Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, etc.) et aux États-Unis pour leur permettre de fermer des centrales polluantes au charbon ou au gaz. Hydro-Québec construit une ligne pour doubler ses exportations en Ontario. Les exportations génèrent aussi des profits dont la moitié, versée au gouvernement, finance en partie nos services publics.

Une nouvelle gestion de la forêt boréale, avec 8% d’aires protégées, sans coupe à blanc, permet à la forêt de jouer son rôle de puits de carbone pouvant capter 100 tonnes annuelles de CO2 par hectare de forêt.

En stimulant le transport des marchandises par train et bateau, cela contribue à réduire le transport routier par camion et donc la pollution et la facture de réfection du réseau routier. Des projets de trains rapides pourraient aussi être lancés.

Le gouvernement du Québec peut aussi accélérer la mise sur pied d’une industrie éolienne intégrée par des exemptions fiscales prolongées, attirant de nouveaux investisseurs. Le Danemark et l’Allemagne ont appliqué une telle politique avec une réussite extraordinaire. À l’échelle du Canada, on pourrait hausser les impôts des entreprises d’énergie fossiles pour provoquer un transfert de capitaux vers les énergies renouvelables plus rentables, et donc un remplacement plus rapide de ces énergies traditionnelles polluantes (pétrole, gaz, etc.). Les entreprises doivent penser l’innovation technologique autant sur le plan environnemental que productif.

Le nouveau plan de transport devant être adopté par la Ville de Montréal peut réduire substantiellement la pollution et les épisodes de smog dans la grande région métropolitaine. Dans tous les centres urbains, on peut planter de dizaines de milliers d’arbres comme puits de carbone, capteurs de la pollution par l’automobile.

Ces objectifs, ces mesures appuyés par la majorité de l’opinion publique peuvent faire du Québec en Amérique du Nord un leader exemplaire qui ne compte pas ses efforts pour améliorer l’environnement, pour appliquer Kyoto et pour se préparer à l’après-Kyoto en 2012.

La mobilisation citoyenne alliée à la volonté politique de nos gouvernants fera la différence.

André Rousseau

membre de l’Association Québécoise de Lutte contre la Pollution Atmosphérique (AQLPA)

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Après Bali, en attendant Copenhague, le Québec peut jouer un rôle continental
    19 décembre 2007, par Richard Larouche
    Quoi, produire plus d’hydroélectricité pour la vendre à nos voisins ??? Alors que presque toutes nos rivières d’envergure sont déjà arnachées. On va la produire où cette hydroélectricité ??? Par contre, pour ce qui est des énergies vertes (éoliennes, solaire, géothermie), je souhaite également qu’on les utilise davantage, mais en délaissant progressivement les énergies polluantes (et surtout en interdisant les ports (...)

    Lire ce commentaire

    Quoi, produire plus d’hydroélectricité pour la vendre à nos voisins ??? Alors que presque toutes nos rivières d’envergure sont déjà arnachées. On va la produire où cette hydroélectricité ???

    Par contre, pour ce qui est des énergies vertes (éoliennes, solaire, géothermie), je souhaite également qu’on les utilise davantage, mais en délaissant progressivement les énergies polluantes (et surtout en interdisant les ports méthaniers ! J’espère que les russes daigneront nous refuser cet approvisionnement... surtout avec tous les nauffrages de cargos qui ont eu lieu dernièrement).

    J’appuie en général vos propositions (à part celle sur l’hydroélectricité), mais je suis surpris que vous n’abordez pas beaucoup la question du gaspillage et de la surconsommation qui est certainement l’un des principaux éléments qui font en sorte que le Québec est un grand parleur petit faiseur en matière d’environnement.

    Il conviendrait également d’améliorer les infrastructures routières de façon à les rendre plus propices au transport actif afin de réduire le nombre de véhicules en circulation. Simultanément, l’État devrait se réengager dans le financement des réseaux de transport en commun urbains ou interrurbains dont le taux d’utilisation a diminué depuis 30 ans malgré le problème croissant des GES.

    Il faudrait aussi lutter contre l’étalement urbain et son corrolaire, la diminution de la densité des milieux humains, qui contribuent à augmenter la distance parcourue en automobile. L’ancien modèle d’urbanisme (zonage mixte et densité élevée), caractéristique de certains vieux quartiers, est à privilégier.

    Les impacts positifs de telles mesures ne sont pas seulement de nature écologique. En fait, une étude américaine (Frank et coll., 2004) a démontré que chaque heure quotidienne supplémentaire passée dans un véhicule augmente de 6% le risque d’obésité tandis que chaque kilomètre marché additionnel le diminue de 4.8%. Il serait donc fort possible de réduire les dépenses québécoises en soins de santé d’au moins une centaine de millions de dollars annuellement en réussissant à promouvoir efficacement le transport actif (sachant que les coûts directs associés à la sédentarité étaient estimés, de façon conservatrice, à 2.1 milliards par année au Canada en 1999 et que ces chiffres ne peuvent qu’avoir augmenté depuis en raison de la pandémie d’obésité).

    Mon allusion à la santé publique peut sembler hors sujet pour certains, mais je suis profondément convaincu qu’en attaquant des problèmes comme celui-ci sur plusieurs fronts, nous augmenteront nos chances de succès.

    Par exemple, les écologistes militent pour que soient préservés les espaces verts en milieu urbain en raison notamment de leur impact positif sur la qualité de l’air et du stockage du carbone. Pour leur part, les spécialistes de la santé publique reconnaissent de plus en plus leur importante contribution à la pratique d’activités physiques des citadins qui exerce une influence favorable sur leur santé.

    Ceci constitue un exemple de secteur où les revendications des écologistes sont fortement compatibles avec celles des étudiants, professeurs et chercheurs en santé publique. En tant qu’étudiant à la maîtrise en sciences de l’activité physique à l’université du Québec à Trois-Rivières et militant dans un groupe écologiste, cette compatibilité ne peut que me sauter aux yeux.

    Justement, dans le cadre d’un cours de santé préventive, nous avons évalué la compatibilité avec le transport actif de différents endroits de la ville de Trois-Rivières. Nous travaillerons à peaufiner ces travaux afin de soumettre un rapport à la municipalité avec des recommandations pour corriger les principales lacunes identifiées.

    Nous insisterons sur la volonté dont la ville a fait part à l’idée de se doter d’une politique de développement durable. En espérant que celle-ci n’interprète pas le concept de façon élastique (i.e. développement qui se poursuit durablement...), ce que je redoute, ayant déménagé dans cette ville depuis 30 mois et vu 3 boisés urbains d’importance être sacrifiés au profit de projets d’étalement urbain en si peu de temps.


  • Après Bali, en attendant Copenhague, le Québec peut jouer un rôle continental
    22 décembre 2007, par francis déry

    L’exportation d’énergie propre aux États-Unis n’aidera pas à la réduction des GES, quoiqu’en dise notre premier ministre, Jean Charest.

    En effet, on confortera les Américains dans l’usage abusif des ressources énergétiques et ils pourraient même accroître leur consommation.

    Si on veut développer une accoutumance pour maintenir des entrées de capitaux, je comprendrais. Mais la piastre américaine n’est plus une monnaie stable. Oublions-la !

    Laissons la pénurie s’installer et les Américains devront se démerder et se motiver pour réduire leur consommation, d’autant plus que les Chinois et les Indiens s’alignent pour leur part en hydrocarbures et en charbon.

    C’est à nous de développer des infrastructures de transport basées sur l’énergie renouvelable et produite localement.



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