Anglais : pour un apprentissage intensif

lundi 21 février 2011


Le Parti québécois propose un apprentissage intensif de l’anglais. Pendant trois ans de suite, les élèves du réseau français recevraient 250 heures d’enseignement de la langue seconde.

PHOTO : FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre Curzi - L’auteur réplique à la chronique de Lysiane Gagnon intitulée « L’unilinguisme pour les pauvres », qui a été publiée le 5 février.*

***

Comme vous y faites référence dans votre chronique (Lysiane Gagnon, « L’unilinguisme pour les pauvres »), le Parti québécois s’est effectivement engagé à étendre l’application de la Charte de la langue française au collégial, faisant suite à une étude que j’ai rendue publique et qui démontre la nécessité d’une telle mesure. À la lecture de cette étude, vous pourrez constater que nous affirmons fermement que celle-ci devra s’accompagner d’un apprentissage intensif de l’anglais pour tous les élèves du Québec.

Vous me demanderez pourquoi l’apprentissage intensif et non l’immersion pour tous ? Il est vrai que la meilleure façon d’apprendre une nouvelle langue rapidement est sans contredit l’immersion totale. Idéalement, les francophones et les allophones du Québec pourraient passer six mois dans une province canadienne afin d’apprendre rapidement et efficacement la langue anglaise. Cependant, cette opération serait extrêmement complexe.

Les tenants de l’immersion suggèrent fortement de favoriser sa pratique à l’intérieur du cadre québécois. Ils préconisent deux options. La première serait que les écoles procèdent entre elles à des échanges d’une durée de six mois entre un établissement scolaire anglophone et un établissement francophone. La deuxième serait d’organiser l’immersion à l’intérieur de l’école francophone en enseignant en anglais l’ensemble des cours comme l’histoire, les mathématiques et les sciences.

Ces deux façons de faire sont idéales pour les élèves forts de la région de Montréal, mais laissent en plan ceux qui ont le moins de chance d’apprendre l’anglais, soient ceux qui n’obtiennent pas de diplôme d’études postsecondaires et ceux qui vivent à l’extérieur de la région métropolitaine. L’immersion par échange est d’une portée limitée pour deux raisons. La première est que le ratio entre les effectifs des réseaux secondaires français et anglais est de 10 pour 1. Le réseau anglais est donc techniquement incapable d’accueillir, même temporairement, tous les élèves du réseau français. C’est mathématiquement impossible !

Deuxièmement, l’immersion n’est possible que dans les cas où les établissements scolaires sont situés à proximité l’un de l’autre. Une école francophone de Longueuil peut faire ce type d’échange avec un établissement scolaire de Saint-Lambert, mais ça se complique dans le cas des écoles francophones situées à plusieurs dizaines de kilomètres d’un établissement anglophone !

Comme l’immersion par échange est très limitée, pratiquons l’immersion dans les établissements francophones, diront certains. Enseignons toutes les matières en anglais pendant six mois et le tour sera joué. Pour des élèves forts, le succès semble assuré. Mais pour ceux qui obtiennent des résultats faibles, ou même moyens, dans une matière, est-ce que ce ne serait pas leur imposer un handicap supplémentaire ?

Comme nous voulons que les Québécois puissent bénéficier d’une connaissance solide de l’anglais avant l’arrivée au collégial, nous proposons de regrouper sur les trois premières années du secondaire les 750 heures d’enseignement de l’anglais présentement saupoudrées sur les 11 ans du parcours scolaire primaire et secondaire. De cette façon, l’ensemble des élèves du réseau français bénéficierait d’une formation intensive de la langue seconde anglaise. Pendant trois ans de suite, les élèves du réseau français recevraient 250 heures d’enseignement de l’anglais.

Il est maintenant démontré par plusieurs études que la fréquentation du collégial anglais a un effet anglicisant majeur sur les allophones et les francophones qui font ce choix. Si l’on désire réellement que tous les élèves québécois acquièrent une solide connaissance de la langue anglaise, il ne faut pas miser sur l’immersion, mais sur un apprentissage intensif.

* L’auteur est député de Borduas et porte-parole de l’opposition officielle en matière de langue.


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