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La commémoration de la défaite des plaines d’Abraham le 13 septembre 1759
André Pratte se ridiculise une fois de plus
"On ne célèbre pas une défaite, disent les péquistes. Ah… Pourquoi célèbrent-ils la rébellion de 1837 chaque année ?" André Pratte
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
vendredi 23 janvier 2009      684 visites      5 messages


Le député péquiste Bernard Drainville a déclaré qu’il était difficile de célébrer la victoire des Britanniques contre les Français, le 13 septembre 1759.

« C’est une défaite. Il n’y a rien à célébrer là dedans, et nous, on est des souverainistes, des indépendantistes et on pense quelque part qu’il faut corriger ce fait historique », a-t-il dit.

A cette déclaration, sur son blogue de l’éditorial sur Cyberpresse, André Pratte a réagi en donnant une leçon de vocabulaire au député de Marie-Victorin.

"Pourtant, écrit Pratte, personne ne parle de célébrer. On veut commémorer, c’est-à-dire rappeler à la mémoire des gens. Faudrait-il oublier cet événement, marquant s’il en est un ? Faut-il oublier le fait que le Québec est devenu ce qu’il est devenu en partie en raison de la Conquête ? (...) Ce qu’on sait, c’est que 250 ans après la victoire du général Wolfe, le Québec est aujourd’hui une région privilégiée du monde par sa prospérité, sa démocratie, la qualité de vie."

Donc, apparemment, Pratte et Drainville semblent d’accord sur un point : il n’est pas question de célébrer, ni de fêter ; il s’agit de se souvenir d’un événement, d’une bataille entre les Anglais et les Français qu’il s’agit de reconstituer. C’est le sens du mot commémorer. Un grand jeu de société quoi, un spectacle offert dont on ne peut nier le caractère "festif" (dit Pratte) comme on peut le voir sur le site de la Commission des champs de bataille nationaux qui organise plusieurs activités autour de cet événement historique. Ces activités visent des objectifs touristiques mais aussi, selon Pratte, des objectifs pédagogiques. Mais surtout pas des objectifs politiques. Quand Michaêlle Jean a fait son discours sous la pluie à Québec et a cité Gaston Miron et Pauline Julien, elle ne faisait pas de politique : c’était émouvant, elle avait le coeur à la tendresse !...

Quand nous souverainistes entendons parler de pédagogie historique de la part d’un organisme fédéral, nous nous méfions. Nous avons vu ce que ça veut dire pendant les fêtes du 400è de Québec. Michaëlle Jean est devenue la successeure de Champlain. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’était une pédagogie déformante.

Ici, par exemple, du point de vue des Anglais et d’André Pratte, la bataille des plaines d’Abraham est une victoire, une Conquête ; mais du point de vue des Français dont nous sommes les descendants et de Bernard Drainville, c’est une défaite. Les points de vue indépendantistes et fédéralistes diffèrent.

"Mais attention, nous avertit le grandiloquent Pratte, les indépendantistes, comme tous les politiques, veulent tout simplement imposer leur vision de l’histoire. Mais l’histoire ne leur appartient pas, elle appartient au peuple."

Et le peuple qui parle par la bouche du penseur à gages de Paul Desmarais, voici ce qu’il dit : "oublier 1759, c’est effacer tout ce qui dans notre héritage, nous vient des Anglais." En affirmant que "le Québec est devenu ce qu’il est devenu en partie en raison de la Conquête"et en disant : "Ce qu’on sait, c’est que 250 ans après la victoire du général Wolfe, le Québec est aujourd’hui une région privilégiée du monde par sa prospérité, sa démocratie, la qualité de vie," est-ce qu’André Pratte n’est pas en train de transformer une défaite militaire en victoire politique ! Ne pourrait-t-on pas remplacer les prudents "En raison de" et "après la victoire du général Wolfe" par "à cause de" ! Qu’en pense Luc Archambault ?

Sur le blogue de l’éditorialiste, Ken Bourgault écrit :

"On devrait dire merci à la Couronne britannique de nous avoir donné la prospérité, la démocratie, et la qualité de vie ? Laissez-moi rire. Tout ce que le Québec a aujourd’hui, il l’a MALGRÉ la volonté de la couronne britannique de nous assimiler et de nous voir disparaître. Je vous savais radicalement fédéraliste M. Pratte, j’ignorais que vous pratiquiez aussi le révisionnisme historique." "Allez voir le site de la Commission, nous conseille Pratte ; les événements prévus pour cette année sont très intéressants, festifs oui mais surtout pédagogiques (sic). Ils permettront à chacun, y compris à M. Drainville, de faire valoir sa propre interprétation des événements."

Légère contradiction : ce sera "festif" mais il ne s’agit pas de fêter, de célébrer. A mon tour de donner une leçon de vocabulaire à l’éminent éditorialiste en chef de l’organe de propagande fédéraliste par excellence.

Mais voici le point culminant où Pratte fait la démonstration de sa culture historique hors pair et de sa mauvaise foi sans bornes quand il écrit :

"On ne célèbre pas une défaite, disent les péquistes. Ah… Pourquoi célèbrent-ils la rébellion de 1837 chaque année ?"

Comme disait Gaston Miron : "la confusion est dans nos poutres".

Sur le blogue, un anonyme a répliqué :

"Quant à comparer cette défaite de 1759 avec 1837, il faut être tordu, pour oser comparer ces événements. 1837 était un acte de révolte afin de reconquérir ce pays, mettre fin à un régime qui tapait allègrement sur la société canadienne française. Au moins ces gens ne se sont pas couchés. Ils croyaient à leur nation, et ils voulaient la reconquérir. Si j’avais une trentaine d’années de moins, laissez-moi vous dire que je réécrirais l’histoire, et je renverserais le résultat de la bataille. Ça ferait une maudite belle foire sur les plaines."

La Commission a tellement peur de ce genre de réaction qui gâcherait la commémoration qu’elle songe à tout annuler. Dommage, comme l’a dit Georges-Etienne Cartier, ça ferait un joli bordel sur les Plaines d’Abraham. Et pas besoin d’avoir trente ans de moins pour y participer, s’il y a lieu.

Pour revenir à André Pratte, ce n’est pas d’hier qu’il reproche aux indépendantistes leur présumée anglophobie. Il a écrit que nous avions tort de parler du fait que De Lorimier a été pendu par les Anglais ; que nous avions tort de souligner que Maurice Richard a été victime d’une injustice commise par un Anglais, Clarence Campbell. Pratte a alors parlé "du pendu et du suspendu" dont nous ferions des héros par anglophobie.

Mépriser comme il le fait des personnages de notre histoire dignes d’admiration, c’est démontrer un manque de noblesse flagrant et une mesquinerie sans bornes. Quand André Pratte fait un jeu de mots stupide en parlant "du pendu et du suspendu" à propos du Chevalier De Lorimier et de Maurice Richard, il perd toute crédibilité.

Que ce propagandiste approuve la commémoration de la défaite des plaines d’Abraham en dit long sur un homme dont Pierre Foglia, ce spécialiste de l’authenticité, a déjà vanté l’intégrité dans une conversation avec Pierre Falardeau, accessible sur le site de la radio de Radio-Canada. Ça arrive à tout le monde de se tromper.

Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 23 janvier 2009

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


1759-2009

Vendredi 23 Janvier 2009

Des députés du Parti québécois s’offusquent du fait que la Commission des champs de bataille nationaux a prévu souligner, cette année, le 250ème anniversaire de la bataille des Plaines d’Abraham. « On ne célèbre pas une défaite », a laissé tomber Bernard Drainville jeudi.

Pourtant, personne ne parle de célébrer. On veut commémorer, c’est-à-dire rappeler à la mémoire des gens. Faudrait-il oublier cet événement, marquant s’il en est un ? Faut-il oublier le fait que le Québec est devenu ce qu’il est devenu en partie en raison de la Conquête, pour le meilleur et pour le pire ?

On ignore ce qu’il serait advenu de la Nouvelle-France si les Français avaient gagné en 1759. Qui sait si ce n’est pas le sort de la Louisiane qui l’attendait ? Ou celui de la Guadeloupe ? Ce qu’on sait, c’est que 250 ans après la victoire du général Wolfe, le Québec est aujourd’hui une région privilégiée du monde par sa prospérité, sa démocratie, la qualité de vie.

Allez voir le site de la Commission : les événements prévus pour cette année sont très intéressants, festifs oui mais surtout pédagogiques. Ils permettront à chacun, y compris à M. Drainville, de faire valoir sa propre interprétation des événements.

On ne célèbre pas une défaite, disent les péquistes. Ah… Pourquoi célèbrent-ils la rébellion de 1837 chaque année ? L’anniversaire des référendums de 1980 et 1995 ? Les indépendantistes, comme tous les politiques, veulent tout simplement imposer leur vision de l’histoire. Mais l’histoire ne leur appartient pas, elle appartient au peuple.

S’il faut oublier 1759, alors il faudrait construire des condos sur le parc des Plaines, raser les fortifications et la Citadelle, faire sauter la Grande-Allée et l’édifice du Parlement… Bref, effacer tout ce qui dans notre héritage, nous vient des Anglais.

Jean Charest, né d’une mère d’origine irlandaise et dont l’électorat est en partie anglophone, s’est tout de suite écrasé devant la petite controverse soulevée par les péquistes : son gouvernement ne participera d’aucune façon à la commémoration. Quelle pathétique couardise venant de quelqu’un qui a déjà voulu gouverner le Canada !

Seul le député adéquiste Éric Caire a réagi avec maturité, soulignant que « c’est notre histoire, que ça plaise ou non » et que s’en offusquer aujourd’hui, c’est agir en « colonisé ».




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Vos commentaires:
  • André Pratte se ridiculise une fois de plus
    24 janvier 2009, par L.P.
    Je ne vois qu’une manière de faire célébrer la fête de 1759 comme les orangistes fêtent leur victoire en Irlande. Nous nous habillons en bleu comme les troupes françaises de l’époque, nous ouvrons notre veste pour montrer notre chemise blanche, elle est couverte de teinture rouge pour montrer le sang des nôtres qui coule et nous nous couchons en avant des troupes des habits rouges qui veulent parader. Ils doivent alors passer sur notre corps. Avec 2000 gisants de la sorte placés dans les endroits stratégiques qui attrapent par la jambe ceux qui veulent marcher triomphalement, avec l’arrestation de ces résistants pacifiques, nous fêtons à notre manière un peu irlandaise -résistante la défaite de 1759 en attendant de célébrer la victoire de Lévis en 1760. Avis aux gens de Québec.
  • André Pratte se ridiculise une fois de plus
    24 janvier 2009, par Gilles

    S’ils tiennent absolument à se remémorer les événements de 1759, il faut se remémorer l’ensemble de l’oeuvre.

    Reconstituer la bataille ? D’accord. Mais reconstituer aussi ce qui s’est passé autour de la bataille, yes sir !

    J’espère bien que ceux qui planifient la réplique s’inspireront de l’ensemble des faits dont quelques éléments se retrouvent ici : http://www.geocities.com/marcel_mer...

    Et alors comment évaluer la valeur des dommages ? Et pourquoi ne pas réclamer des compensations financières pour les destructions de l’armée anglaise partout autour de Québec sur les rives du fleuve ?

    Et puis aussi pourtquoi le fédéral ne remettrait-il pas la propriété des plaines au gouvernement du Québec.

    Après tout nous sommes une nation, ils l’ont proclamé dans leur parlement. Ils nous aiment non ? Alors fraternellement ils nous en doivent une ou deux...


  • André Pratte se ridiculise une fois de plus
    25 janvier 2009

    André Pratte et ses semblables (et il y en a des milliers au Québec et même dans les milieux dits souverainistes) ressemblent à ces loups subalternes qui lèchent les pattes et le dessous du ventre de la louve alpha afin de bien signifier leur asservissement.

    Marie Mance V


  • André Pratte se ridiculise une fois de plus
    25 janvier 2009, par Daniel Roy, C.A.

    Chaque phrase du texte de M. Pratte me fait dire comment il doit remercier à chaque matin la reine d’angleterre, MM. Harper, Charest et Desmarais de lui permettre de gagner sa croute en descendant la nation québécoise.

    Daniel


  • André Pratte se ridiculise une fois de plus
    25 janvier 2009
    Réponse à André Pratte « Si la France et l’Allemagne peuvent commémorer côte à côte les événements marquants de la Seconde Guerre mondiale, comment expliquer que les Québécois de diverses origines et opinions ne puissent faire de même pour leur histoire commune ? » Vous précisez très bien que c’est le 60e anniversaire du débarquement de Normandie de 1944 que ces derniers ont commémoré. Je vous souligne que cette glorieuse (...)

    Lire ce commentaire

    Réponse à André Pratte

    « Si la France et l’Allemagne peuvent commémorer côte à côte les événements marquants de la Seconde Guerre mondiale, comment expliquer que les Québécois de diverses origines et opinions ne puissent faire de même pour leur histoire commune ? »

    Vous précisez très bien que c’est le 60e anniversaire du débarquement de Normandie de 1944 que ces derniers ont commémoré. Je vous souligne que cette glorieuse bataille signale de début de la libération de la France de l’emprise allemande, pour qu’elle puisse à nouveau jouir de son indépendance. Est-ce que vous croyez que la France serait prête à commémorer en 2010, et ceci aux cotés des Allemands, le 70e anniversaire de l’invasion de la France par ces derniers quatre ans plus tôt, à savoir en 1940 ?

    Pour justifier votre position, vous citez le député de La Peltrie : « Il faut vraiment avoir une mentalité de colonisés pour se sentir attaqués par ça ».

    Vous soulignez que des députés péquistes et votre collègue Lysiane Gagnon (dans La Presse d’ hier) soutiennent qu’on n’a pas à célébrer la défaite des Français.

    http://www.cyberpresse.ca/opinions/...

    Lorsqu’on voit la situation du français au Québec et l’assimilation des communautés minoritaires hors-Québec, votre collègue était plus que justifiée de se questionner sur la pertinence que le Québec célèbrerait la bataille qui a marqué la quasi-extinction de la culture française en Amérique ?

    De plus, vous vous collez sur les dires du député de La Peltrie, sous le prétexte que cette bataille « fait partie de notre histoire, de notre identité ».

    À partir de ce beau principe, seriez-vous prêt à recommander qu’on reconstitue :

    • la déportation des acadiens ???

    • Ensuite, le massacre des métis à Batoche ???

    • Comme grande finale… Les meurtres des patriotes qui fuyaient le feu dans l’église de St-Eustache ???

    Un beau spectacle sur l’histoire et l’identité canadien... from coast to coast...

    Laurent Desbois

    Longueuil (Québec)


    Bataille des Plaines d’Abraham 250e (vidéo)

    http://www.youtube.com/watch ?v=-VJxdZGkzoQ



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