L’éditorialiste en chef de La Presse reproche aux indépendantistes qui ne veulent pas “commémorer” la défaite des Plaines d’Abraham de vouloir “effacer tout ce qui dans notre héritage, nous vient des Anglais”. Il a écrit aussi : “Le refus de commémorer la bataille des Plaines est également révélateur du déni de notre héritage britannique. Cet héritage fait pourtant partie intégrante de ce que sont les Québécois d’aujourd’hui. Notre culture, nos institutions, notre économie portent la marque de la coexistence de nos deux peuples. Refuser de l’admettre, c’est occulter ce que nous sommes au profit d’un mythe, au profit d’une cause.”
Notons en passant qu’il accuse les convaincus de l’indépendance “d’occulter ce que nous sommes au profit d’un mythe, au profit d’une cause.” Le projet d’indépendance qui est “une cause” devient “un mythe” à l’opposé de “notre héritage britannique” qui, lui, est bien réel. mais que Pratte se sent le devoir de défendre parce qu’il est menacé par les partisans d’un “mythe”. Chez Pratte, on voit constamment poindre le polémiste de seconde classe contaminé par le service d’une cause, d’un mythe, le fédéralisme d’ouverture.
Camille Laurin, le père de la loi 101, était un vrai indépendantiste. Dans son témoignage publié aux Editions du Parti québécois en 1972 intitulé : Pourquoi je suis souverainiste ?, il écrit :
“Au fil des années, les Québécois ont appris à connaître les Anglais, à cohabiter avec eux, à apprécier leur conception de la démocratie, leurs institutions parlementaires, leur pragmatisme, leur sens du commerce, leur génie politique et militaire, leur immense apport culturel et scientifique au patrimoine commun de la civilisation occidentale. Ce qui ne les empêchait pas de subir à contrecoeur leur domination politique et économique, mais qui tempérait du moins de forts éléments positifs une lutte qui gardait tout son sens, sa valeur et sa nécessité.”
Mais venons-en à mon propos.
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Hélène Baril écrit dans La Presse du 27 janvier 2009 :
“Le dévoilement progressif des principaux éléments du budget fédéral auquel les Canadiens ont assisté au cours des derniers jours est une première dans un pays où la tradition du secret budgétaire a toujours été scrupuleusement respectée, par Ottawa et par les provinces.
Raymond Garneau, ancien ministre des Finances du Québec, n’en revient pas de constater que plusieurs ministres ont reçu du bureau du premier ministre la mission de dévoiler un bout du budget qui sera présenté officiellement aujourd’hui. « Ça indique que l’appareil politique commencer à jouer avec les règles du jeu et c’est un manque d’éthique fondamental », a commenté celui qui a préparé et déposé six budgets.
Le secret budgétaire est une tradition du système parlementaire britannique qui vise à éviter qu’un groupe de contribuables tirent avantage d’informations contenues dans le budget. Le secret vaut surtout pour les mesures fiscales, comme les nouvelles taxes par exemple, mais aussi pour les prévisions de dépenses et déficit qui peuvent perturber les marchés financiers.
Il s’agit d’une règle non écrite, mais qui a toujours été prise très au sérieux par les gouvernements. Le ministre des Finances peut en effet être obligé de démissionner en cas de fuite. C’est la raison pour laquelle les documents budgétaires sont surveillés comme si c’était des lingots d’or et que les journalistes qui doivent en communiquer le contenu ont accès aux documents d’avance à condition de s’enfermer sous bonne garde et sans aucun contact avec l’extérieur.
En demandant à plusieurs de ces ministres de dévoiler des pans entiers du budget, le premier ministre Stephen Harper rompt avec la tradition, et pas à moitié.”
En agissant ainsi, Steven Harper brise une tradition du système parlementaire britannique qui fait partie de notre héritage britannique. Or, dans son éditorial : “le striptease budgétaire” André Pratte écrit : “Il s’agit d’une façon de faire très inhabituelle” qu’il ne blâme pas.
Si je comprends bien, le manque de respect de l’héritage britannique ne s’applique qu’aux indépendantistes. Quand un Anglais de l’Ouest ne le respecte pas, André Pratte ne le souligne pas. “Le respect de l’héritage britannique” n’est donc rien d’autre pour le penseur à gages de Paul Desmarais qu’un élément de son arsenal polémique contre les souverainistes qui seront satisfaits de lire l’article d’Hélène Baril dans la section Affaires ou l’article de Lysiane Gagnon contre la “commémoration’” de la défaite de 1759.
Nommons André Pratte, commissaire à notre héritage britannique que seuls les indépendantistes ont le devoir de respecter.
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On dit aussi que le “fairplay” est une tradition anglaise qui fait partie de “notre” héritage britannique. Les forces du OUI ont été fairplay pendant la campagne du référendum de 1995. Lisez les livres de Robin Philpot (et Normand Lester) sur le référendum volé et Option Canada et demandez-vous si les “forces” du NON ont respecté ce “fairplay” qui fait partie de notre héritage britannique en considérant la loi québécoise sur les consultations populaires comme une virgule ou comme “les fleurs du tapis” dans lesquelles il ne fallait pas s’enfarger.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 27 janvier 2009
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

