Pour une fois, faut l’admettre, André Pratte a raison. Il a 100 fois raison de mentionner que la démographie joue présentement contre nous, ce qui n’était pas le cas après le dernier référendum.
« Il y a 10 ans, Bernard Landry soutenait que l’évolution démographique rendait l’indépendance du Québec inéluctable. « Le simple écoulement du temps donne 0,5% de plus à l’option souverainiste chaque année parce que la fatalité fait que les plus vieux ne votent plus », avait déclaré celui qui était alors vice-premier ministre. On s’en doute, ces propos avaient choqué. Ils se sont aussi révélés inexacts (....)
« En 2016, il y aura quelque 1,1 million d’électeurs potentiels de plus que lors de la consultation de 1995. De ce nombre, plus de la moitié auront 65 ans et plus. Ces personnes âgées seront-elles, comme celles qui les ont précédées, très majoritairement opposées à la souveraineté ? Impossible à dire. On sait seulement que dans les plus récents sondages CROP, les trois quarts des personnes âgées sont défavorables à l’indépendance
« De plus en plus, la croissance de la population québécoise dépend de l’immigration. Depuis 2004, plus de 40 000 personnes venant de l’étranger s’installent chaque année au Québec. En 2016, on comptera par conséquent quelques centaines de milliers de Québécois nés hors du Canada de plus qu’en 1995. Bien qu’au sein du mouvement souverainiste, il y ait davantage de Québécois de souches diverses qu’autrefois, la très grande majorité des allophones reste opposée à la séparation (seulement 7% de oui selon CROP).
Deux arguments massus : le vieillissement de la population et l’immigration. On est rendu à 14% de personnes âgées. On va monter à 15 et 16%, assez rapidement. Les vieux, par définition, sont conservateurs et peu risqueux. Ils votent à 75% non.
Les immigrants faisaient 8% de la population en 1995. Ils ont fait la différence en votant à 92% pour le NON (le vote ethnique n’a jamais été une légende urbaine). Quatorze ans plus tard, rien n’a changé. Rien. Regardez comment leur vote a expulsé le PQ et le Bloc de l’Ile de Montréal. Ils sont rendus à 12% ! Et ca grimpe de 45,000 chaque année.
Lors du prochain référendum, on aura plus de 6 millions d’électeurs. Si on suppose que 90% vont aller voter, ca va prendre au moins 2,7 millions de OUI dans l’urne, juste pour avoir un modeste 50%.
Vous avez vu le score à Pauline lors de la dernière élection ? 1 141 751. Il manque 1,6 million de votes juste pour avoir 50%. On va les prendre où ??
La démographie est le plus gros défi à l’indépendance. Curieusement, personne n’en parle. Sauf Pratte. Parce que lui a compris que la démographie joue en sa faveur.
