Aide à l’auto - Les chars, ça fera !

samedi 6 juin 2009

Après avoir obtenu d’Ottawa qu’il injecte pas moins de 10,8 milliards de dollars de fonds publics pour leur venir en aide cette année, voilà que les constructeurs de bagnoles nord-américains, appuyés par leurs associations de concessionnaires, reviennent à la charge pour ajouter de la crème sur le gâteau.

Hier, en conférence de presse, ils ont pressé le gouvernement Harper d’injecter une autre tranche de 350 millions pour inciter les propriétaires de voitures vieilles d’au moins dix ans à se procurer un modèle neuf. Agir ainsi aurait le double avantage, disent-ils, de stimuler la demande pour des autos neuves, dont les ventes sont en chute libre depuis l’automne, et bien sûr de réduire la pollution. Comme si ces gens qui ont toujours été opposés aux nouvelles normes antipollution des gouvernements venaient subitement de se convertir au vert !

Selon la proposition empruntée à quelques pays européens, où elle a eu un effet positif temporaire sur les ventes de voitures neuves, Ottawa devrait accorder un crédit d’impôt de 3500 $ par auto échangée. L’histoire ne dit pas si les acheteurs auraient le choix du modèle, mais compte tenu du sans-gêne des constructeurs nord-américains, qui ont toujours revendiqué des mesures protectionnistes pour masquer leur incurie, on peut supposer que le choix serait restreint aux seules voitures qu’ils mettent en marché eux-mêmes, soit les moins fiables et les plus énergivores de l’industrie...

Trêve de plaisanterie, ces considérations sont sans importance, puisqu’il faut s’opposer à quelque programme que ce soit dans le genre. Comment peut-on être assez irresponsable et nombriliste pour revendiquer des gouvernements qu’ils empruntent un tiers de milliard supplémentaire afin d’encourager les familles à s’endetter elles-mêmes d’au moins 20 000 $ chacune pour « changer de char ? » Le Canada n’a-t-il pas déjà assez fait pour cette industrie coupable de tant de problèmes financiers et environnementaux, collectifs et familiaux ? Et de toute façon, il existe déjà un petit programme fédéral appelé Adieu bazou qui vise à retirer des vieilles bagnoles de la route en échange d’un laissez-passer de transport en commun, pas d’une voiture neuve !

S’il faut absolument emprunter à l’heure actuelle, ce n’est certainement pas à l’achat de voitures neuves que l’argent doit aller. Même sur le plan strictement économique, le projet n’a pas de sens puisque, si la demande pour des autos neuves a ralenti récemment, ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne reparte à la hausse. Devancer le mouvement alors qu’il y a tant à faire ne serait que gaspillage de fonds publics.


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