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Agir pour le pays
Éric Tremblay
Tribune libre de Vigile
mercredi 4 juillet 2007      725 visites      9 messages


Depuis trop longtemps le Parti Québécois, contaminé par le dogme référendaire, nous a conditionnés à penser l’indépendance dans le cadre des limites imposées par l’ordre constitutionnel canadien dont on veut se débarrasser. Ainsi, nous en sommes venus à croire, à tort, que pour réussir l’indépendance, nous devions obligatoirement négocier les modalités de transition de notre statut de province à celui de pays avec le gouvernement fédéral et les autorités d’Ottawa. D’où la nécessité de procéder à un référendum qui, advenant une victoire, nous donnerait un rapport de force nous permettant de négocier correctement avec Ottawa. Pour que cette démarche produise l’effet escompté, il faudrait s’assurer qu’Ottawa négocie les modalités de la transition de bonne foi.

À la lumière des évènements politiques qui se sont produits depuis le 30 octobre 1995, notamment le Renvoi relatif à la sécession du Québec à la Cour suprême et l’adoption de la Loi C-20, peut-on sincèrement croire que nos adversaires les plus coriaces seraient prêts à négocier de bonne foi la destruction de leur pays ? Peut-on réellement croire qu’advenant une victoire référendaire, Ottawa nous ouvrirait la porte pour nous dire : «  Allez-y, vous avez notre permission, vous pouvez non seulement sortir du Canada et construire le pays du Québec, mais, en plus, nous allons vous aider » ? Le croire relève, à mon humble avis, de la plus dangereuse des naïvetés.

Certains disent qu’advenant une victoire référendaire, Ottawa n’aurait d’autre choix que de respecter l’avis de sa Cour suprême et de négocier, surtout si, comme l’exige C-20, la question posée était claire et la majorité obtenue ne laissait aucune équivoque sur la volonté des Québécois de se doter d’un pays. En êtes-vous bien sûr ? Croyez-vous qu’un pays se brise aussi facilement ? La Raison d’État commanderait plutôt qu’Ottawa refuse de laisser le pays se disloquer en se soumettant béatement à l’avis des juges du plus haut tribunal du pays. La Raison d’État se situe au-dessus et au-delà des balises imposées par l’ordre juridique. Lorsque vient le temps de défendre l’intégrité territoriale d’un pays, le principe de la séparation des pouvoirs s’évapore au profit des pouvoirs exceptionnels de l’exécutif qui se justifie de la Raison d’État pour imposer sa volonté. Nous devrions comprendre correctement cette réalité. De toute façon, que nous proposent les tenants de l’approche du référendum consultatif advenant l’échec inévitable des négociations ? Bien, ils nous disent qu’ils procéderont à une Déclaration d’indépendance, comme le prévoyait Parizeau en 1995 !

D’autres, sachant très bien qu’Ottawa va toujours s’opposer farouchement à toute négociation advenant une victoire référendaire, proposent de modifier la Loi sur les consultations populaires afin de permettre de rendre le référendum exécutoire. Ainsi, ils proposent de déclarer l’indépendance et d’adopter une Constitution initiale du Québec pays à la suite de la victoire référendaire afin de contrecarrer l’effet déstabilisateur d’un refus de négocier exprimé par Ottawa pendant la campagne référendaire. Cette démarche s’avère plus solide que celle des négociations après une victoire à un référendum simplement consultatif. Par contre, elle nous expose au même risque de détournement de notre démocratie par les forces d’Ottawa et de « Corporate Canada » que nous avons vécu en 1995.

Pourquoi devrions-nous encore une fois jouer le jeu dont nous savons les règles viciées ? Pourquoi s’exposer à un second vol de notre pays par nos adversaires peu soucieux du respect de nos lois et principes démocratiques ? Sommes-nous à ce point masochistes ? Croyons-nous que la prochaine fois nos adversaires vont demeurer les bras croisés ? Nous devrions pourtant comprendre, qu’à ce jeu, les acteurs qui s’affrontent sont de forces tellement inégales que le risque de voir le scénario de 1995 se répéter exige que l’on définisse une autre démarche d’accession à l’indépendance. Notre idéal commande que l’on abandonne la voie référendaire qui l’expose inutilement à la raison d’État d’Ottawa et aux tractations, manipulations, pratiques frauduleuses et dépenses d’argent pharaoniques visant le détournement de notre démocratie qui en découle.

Puisque les forces d’Ottawa souhaitent nous amener, par le traquenard référendaire, en terrain miné, il faut dès maintenant déjouer leur plan en proposant une démarche claire, franche, honnête et transparente nous menant à la création du pays. La grande majorité des indépendantistes appellent cette nouvelle démarche, mais le PQ s’entête dans l’attentisme étapiste référendaire. Quel manque de vision et de volonté politique ! Contrairement à l’adage populaire voulant que la politique soit l’art du possible, nous devrions plutôt comprendre que la politique se veut l’instrument permettant de réaliser ce que l’on croit juste et nécessaire.

Pour reprendre l’initiative et passer à l’action, il faut utiliser le plein potentiel de notre système parlementaire de type britannique et profiter du silence du droit international quant à la procédure à suivre afin de réaliser l’indépendance. Il faut adopter une démarche légale et légitime exigée par une lecture correcte du contexte et de la situation propres au Québec. Le droit international ne prescrit pas de recette standardisée en ce qui concerne le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. En ce sens, notre situation est unique dans le monde. Chaque peuple qui veut se donner un pays doit adopter sa propre démarche. Ce qui a fonctionné pour les uns, ne fonctionnera pas nécessairement pour les autres. Ce qui veut dire que le peuple québécois doit définir et suivre son propre chemin le conduisant à son indépendance, à sa libération nationale.

Nous sommes d’ailleurs avantageusement positionnés par rapport à d’autres peuples voulant créer leur pays. Nous avons un État, tel que confirmé par la Loi 99 adoptée à notre Assemblée nationale, et nous sommes une nation qui, peu importe ici le débat entourant la signification du libellé de la motion adoptée à la Chambre des Communes, est désormais reconnue par nos adversaires d’Ottawa. Il ne suffit plus que d’affirmer l’existence de l’État-nation québécois à la face du monde. Pour y arriver, nous n’avons qu’à procéder à la Déclaration d’indépendance et à l’adoption de la Constitution d’État provisoire du Québec indépendant à la suite de l’élection d’un gouvernement majoritaire indépendantiste.

Cette Constitution provisoire comportera la création d’une Cour suprême du Québec et de la citoyenneté québécoise. L’adoption d’une série de lois remplaçant les lois fédérales qui s’appliquent actuellement au Québec province viendra compléter le tout afin d’assurer le contrôle effectif du territoire québécois. D’ailleurs, il faudra mettre sur pied une armée québécoise. L’ensemble de ces décisions faciliteront la reconnaissance internationale du pays du Québec. Nul besoin de l’accord d’Ottawa ou de la reconnaissance du Canada pour réaliser l’indépendance du Québec. Quant à d’éventuelles négociations avec Ottawa, ces dernières ne porteront que sur le partage des actifs et de la dette, ainsi que sur une entente visant à assurer la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux entre les deux pays. Nous n’avons pas à négocier quoi que ce soit d’autre. Enfin, l’Assemblée nationale du Québec pays devra créer une Assemblée constituante qui mènera à l’adoption d’une Constitution permanente à la suite de différentes consultations où les citoyens seront conviés à déposer des mémoires. On pourrait même soumettre le projet final de cette constitution à un référendum. Cette Constitution permanente sera protégée par un Conseil constitutionnel.

Pour réaliser l’indépendance du Québec, nous devons désarmer Ottawa et désamorcer son Plan B. Il faut le mettre hors-jeu. Pour créer le pays du Québec, nous devons briser le lien canadien, expulser le gouvernement d’Ottawa et l’État canadien de notre territoire et renverser son ordre constitutionnel. C’est ce que visent la Déclaration d’indépendance et l’adoption d’une Constitution d’État provisoire. Cette démarche se veut non seulement légale et légitime sur le plan du droit international, mais l’analyse du contexte et de la situation du Québec l’exige. Procéder autrement nous condamne à l’échec. Il faut se débarrasser des vieilles ornières imposées par le dogme référendaire qui nous empêchent de penser l’accession à l’indépendance autrement que par les limites imposées par l’ordre constitutionnel canadien.

C’est justement parce que ces limites nous empêchent de nous gouverner nous-mêmes, de nous développer pleinement sur les plans économique, social et culturel au sens large, ainsi que de faire entendre notre voix propre sur la scène internationale que nous voulons les abolir. Dans le contexte actuel de la mondialisation, la nécessité pour l’État québécois de participer aux débats sur les enjeux planétaires tels la globalisation économique, la diversité culturelle et la lutte aux changements climatiques devrait crever les yeux.

En fait, pourquoi voulons-nous l’indépendance si ce n’est pour nous affranchir de notre état d’assujettissement à un régime étranger qui débute par la Conquête de 1760, passe par l’annexion de 1840 et l’imposition de l’AANB de 1867, puis le rapatriement unilatéral de 1982 ? Ce régime étranger qui nous empêche de voter toutes les lois qui s’appliquent au Québec, de prélever l’ensemble des impôts dont nous avons besoin afin de nous développer et financer des services publics de qualité, ainsi que de signer les traités internationaux auxquels l’on veut bien adhérer doit être renversé. Il faut proclamer son abolition. Pourquoi le peuple québécois devrait-il demander la permission à ses conquérants afin de se prendre en mains et devenir pleinement responsable de sa destinée ? Nous n’avons tout de même pas à négocier la cessation de notre état débilitant de dépendance  ! La liberté d’un peuple ça ne devrait pas se négocier. Ottawa ne nous ouvrira jamais la porte de la prison canadienne. À nous de l’enfoncer.

Certains doutent du potentiel de réussite d’une telle démarche advenant l’élection d’un gouvernement majoritaire indépendantiste qui ne profiterait pas de l’appui populaire de plus de 50 % des voix exprimées. Dans un système parlementaire de type britannique, la légitimité démocratique pour procéder à la réalisation intégrale de son programme provient de la victoire électorale à majorité de sièges. Demande-t-on au PLQ d’obtenir plus de 50 % des voix pour continuer l’œuvre canadienne d’infantilisation, de sujétion, d’infériorisation, de subordination et de minorisation du peuple québécois ? Alors, pourquoi en serait-il autrement pour un parti indépendantiste qui présenterait clairement et honnêtement une démarche menant à la réalisation du pays du Québec ? De toute façon, pour qu’un tel parti indépendantiste puisse former un gouvernement majoritaire, il devra compter sur l’appui populaire d’au moins 42 à 45 % de la population en raison du recoupement de la carte électorale.

De plus, quand a-t-on consulté le peuple québécois pour lui demander s’il était d’accord pour signer l’AANB de 1867 ? Quand l’a-t-on consulté pour lui demander s’il était d’accord pour le rapatriement de la Constitution de 1982 et l’enchâssement de la Charte canadienne des droits et libertés qui a notamment permis à la Cour suprême de charcuter la Loi 101 ?

Enfin, si le droit du peuple québécois à disposer de lui-même veut dire quelque chose, il faudra bien un jour que l’on finisse par respecter la volonté majoritaire des Québécois français. Nous ne devons plus tolérer que la minorité canadienne-anglaise du Québec, par son vote raciste, barre notre route vers l’indépendance.

Éric Tremblay

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




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Vos commentaires:
  • Agir pour le pays
    4 juillet 2007, par D’Iberville
    Quel magnifique texte que celui de M. Éric Tremblay. Il mériterait de figurer à coup sûr dans une anthologie des meilleurs textes indépendantistes. En plus, ce texte est clair comme de l’eau de roche, ce qui est une bien grande qualité de nos jours. Ceux qui voudraient nous entraîner dans un cul-de-sac avec des idées d’affirmation nationale ou de bonne-ententisme n’ont qu’à bien se tenir : le discours indépendantiste revient en force. Je vais diffuser le plus largement possible ce merveilleux texte. Que les fédéralistes se le tiennent pour dit : notre État indépendant nous l’aurons ! Vive le Québec libre et français !
  • Agir pour le pays
    4 juillet 2007, par François Tremblay

    M. Tremblay,

    Créer le pays Québec, j’en ai le désir depuis plus de quarante ans. Et ce n’est certe pas l’étapisme qui nous y conduira, je suis d’accord avec vous. Tout doit se passer au coeur de la réalité du désir, du choix et du résultat. Aujourd’hui, le désir est-il faible ou fort ? Voulons nous vraiment comme québécois une confédération véritable ou un pays ? À mon avis, les québécois doivent oublier une véritable confédération au sein du Canada. On dit souvent que le tango se danse à deux, ici, la nation québécoise n’a pas de partenaire pour danser. Les résultats obtenus depuis quarante ans, est-ce peu ou beaucoup ? Les choix, sont-ils claires ou frileux ? L’étapisme, à mon avis fut une erreur monumentale. Vouloir faire peur au fédéral en tapant du pied, ne les fera pas changer d’avis. Nous sommes dans un cadre de subordination et d’assimilation qu’il n’abandonnera jamais, et attendre que le maître nous dise : Ok, Ok, on va vous donner ce que vous voulez. Belle naïveté québécoise !

    Ce faire reconnaître comme nation, ce n’est pas recevoir un titre honorifique, c’est recevoir de la part d’un autre une reconnaissance de ce que nous sommes,nous québécois, depuis notre arrivée en terre d’amérique. Que M. Harper le reconnaisse aujourd’hui, -caressons le ventre de la bête pour la calmer, se dit-il - il ne fait que confirmer qu’il était soit en retard par rapport à certaines évènements historiques concernant notre peuple ou bien qu’il reconnaît avoir agit comme un impérialiste par le passé ou bien qu’il s’est transformé en illusionniste, en nous laissant croire à une réalité qui pour lui n’existe pas. Un jour, il nous dira, je vous ai bien eu, n’est-ce-pas ?

    Donc, le désir des québécois : un pays. Le choix : l’élection d’un parti vraiment indépendantiste. Le résultat : un pays, Québec.

    Tout ça pour vous dire que j’ai apprécié votre article. Un mot pour le dépeindre : lucidité.


  • Agir pour le pays
    4 juillet 2007
    Avec Pauline Marois, la renonciation à lutter pour l’indépendance devient transparente. Ce parti ne peut prétendre définir la « démarche » vers un objectif pour lequel il ne combat pas. Avec le PQ, on a vu glisser la lutte pour la souveraineté à une lutte pour un référendum. Revenons au fondamental. Ce pourquoi nous nous battons ce n’est pas une démarche, c’est une cause, la grande cause de l’indépendamce. La démarche est propre à chaque peuple, et elle prend forme derrière la largeur et la profondeur de l’engagement pour la cause elle-même. Aujourd’hui, les indépendantistes sont à la fois sans parti et de tous les partis. Il y a des patriotes dans l’ADQ, dans le PQ et dans l’UFP, chez les Verts et ailleurs. Ce qu’il nous manque c’est un état-major souverainiste capable d’insuffler à tous ces patriotes, là où ils sont, le désir de l’indépendance. Il importe de ne pas braquer les Québécois les uns contre les autres. Unissons-nous plutôt, comme peuple, au-delà des diversités partisanes derrière lesquels cherchent à nous maintenir les ennemis de l’indépendance et formons une véritable force nationale déterminée à réaliser l’indépendance. Ce qu’il nous manque, c’est moins un autre parti politique qu’un état-major indépendantiste voué à faire rayonner l’esprit et les idées indépendantistes dans toutes les couches de la nation. Le développement de cette forme large de mobilisation populaire nous dictera, le moment venu, les gestes à poser pour faire basculer l’ordre des choses. G Verrier
  • Agir pour le pays
    6 juillet 2007, par JAR

    Parlons stratégie et tactique. Permettez que je me fasse l’avocat du diable, histoire de valider la meilleure stratégie.

    Suite à une déclaration d’indépendance et l’envahissement de champs de compétence aussi stratégique que les forces armées et les télécommunications par une province, si j’étais le ROC j’en appellerait à ma cours suprême pour légitimer l’intervention de mon armée, sous prétexte qu’une province aurait légiféré illégalement dans des domaines de juridiction exclusivement « canadian ». Ce qui me permettrait d’emprisonner les têtes dirigeantes du mouvement insurrectionnel pour trahison. Par la suite, en bon père de famille, j’organiserais une nouvelle élection dans la province en question avec mes partenaires dépendantistes - que la population dans la peur élirait à forte majorité.

    Et le problème serait réglé pour au moins une autre génération. Par la suite, le temps jouant pour l’assimilation, ferait son œuvre.

    Dans votre vision des choses, comment prévoyez-vous contrer cette possibilité ?


  • Agir pour le pays
    6 juillet 2007, par Éric Tremblay

    Pour qu’un parti indépendantiste procède selon la démarche proposée dans « Agir pour le Pays », il devra minimalement s’assurer l’appui majoritaire des Québécois français.

    Ce qui veut dire que ce parti devra gagner les votes d’au moins 41 % des électeurs (50 % des 82 % de Québécois français).

    Évidemment, plus le résultat électoral dépassera ce seuil, plus nous aurons les coudées franches pour procéder. D’ailleurs, pourquoi ne pourrions-nous pas espérer plus de 50 % des votes exprimés si nous faisons ce qui doit être fait ?

    Le 30 octobre 1995, 61 % des Québécois français ont voté pour le pays. Je vous laisse en tirer vos propres conclusions.


  • Agir pour le pays
    6 juillet 2007, par @ Bernard Frappier

    M. Tremblay

    Il serait éminemment souhaitable de préciser que votre proposition ne doit pas être entendue comme un nationalisme ethnique, un nationalisme d’exclusion. Une majorité démocratique, c’est bien de cela qu’il est question, n’est-ce pas ?, ne peut pas se contenter de refléter une majorité québéco-française. Qu’est-ce donc cela ?

    SVP. Des précisions à ce sujet sont primordiales si vous voulez éviter de faire régresser la lutte nationale dans de tels méandres. Autrement, ce n’est pas une relance de la lutte nationale, mais un élan par en arrière, un recul, une ethnicisation du projet indépendantiste québécois qui serait proposé. Et ça, c’est inacceptable. Démocratiquement. Et diplomatiquement voué à un échec de la reconnaissance internationale, nécessaire au succès de cette entreprise.


  • Agir pour le pays
    6 juillet 2007, par Éric Tremblay

    Bonjour M. Frappier,

    Bien sûr, ce projet s’en veut un d’ouverture. Il nous faudra rassembler le plus de citoyens québécois possibles de toutes les origines derrière le projet indépendantiste. Après tout, si nous voulons l’indépendance, c’est pour qu’enfin nous puissions passer d’une identité nationale refuge à une identité nationale relationnelle.

    La création du pays du Québec nous permettra enfin de nous ouvrir au monde et à sa diversité. Par le fait même, le pays du Québec sera plus ouvert à sa propre diversité et les droits des minorités seront protégés et respectés.

    Par contre, il ne faudrait pas que l’on tombe dans le nationalisme civique à la sauce multiculturelle trudeauiste. Sans un appui majoritaire des Québécois français, nous sommes aussi bien d’oublier l’indépendance du Québec, et ce, peu importe le mode d’accession à l’indépendance retenu.

    Soyez assuré, Monsieur Frappier, de mon plus grand respect.

    Éric Tremblay


  • Agir pour le pays
    7 juillet 2007, par Jacques Bergeron
    Lorsque je lis que M. Frappier veut faire dire à M. Éric Tremblay que sa position n’est pas un « nationalisme ethnique » lorsqu’il appuie sa démarche sur les Québécois français,« sic » que je nomme toujours « Canadien-français québécois,je me dis que nous ne sommes pas sortis du bois, et que l’indépendance n’est pas à portée de main. Même si nous souhaitons , tous et toutes, que l’ensemble des Québécois votent (...)

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    Lorsque je lis que M. Frappier veut faire dire à M. Éric Tremblay que sa position n’est pas un « nationalisme ethnique » lorsqu’il appuie sa démarche sur les Québécois français,« sic » que je nomme toujours « Canadien-français québécois,je me dis que nous ne sommes pas sortis du bois, et que l’indépendance n’est pas à portée de main. Même si nous souhaitons , tous et toutes, que l’ensemble des Québécois votent pour l’indépendance du Québec lors d’un référendum ou lors d’une élection, il demeure que ceux et celles qui recherchent à se donner un pays indépendant de langue française en terre des Amériques,sont les Canadiens-français vivant au Québec, eux qui ont décidé de se libérer du « carcan fédéral » en se dotant , d’abord d’un mouvement pour ce faire,puis d’un parti politique afin d’atteindre la plénitude de leur idéal.Et ce sont eux qui décideront de leur avenir, tout en souhaitant que de nombreux « sic » nouveaux Québécois se joignent à eux dans leur démarche émancipatrice. Dans ce sens, il nous faut éviter de trop demander à ces nouveaux Québécois, pusqu’ils ont déjà choisi de se donner un pays en venant s’établir ici. Et ce n’est pas un euphémisme de dire que ce pays est le Canada. Si malgré ce 1er choix, ils décident de se joindre à nous dans notre désir d’émancipation, nous devrons nous en réjouir. Mais faire croire aux gens que prétendre d’abord solliciter celles et ceux qui veulent faire du Québec, un pays indépendant de langue française, les Canadiens français québécois en l’occurrence, est de l’ethnicité, m’apparaît de la part de celui qui le souhaite, de la haute voltige politique. Quant à moi, dans quelques articles que j’ai pu écrire, dans l’Action indépendantiste du Québec, sur Vigile et sur Voxlatina, j’ai toujours prétendu qu’exiger que les nouveaux Québécois se joignent à nous dans notre combat, était de « l’indécence envers eux »,et un manque de confiance en nous, en laissant croire que nous sommes incapables de convaincre nos frères et nos soeurs du bien-fondé de notre idéal et de notre cause, puisque ce sont elles et eux,sans nous oublier, qui veulent se donner un pays indépendant de langue française en terre « inhospitalière » anglo-saxonne.Dans ce sens, nous devons éviter de violenter les nouveaux Québécois, tout en continuant à essayer de les convaincre de la justesse de notre idéal et de notre combat.

  • Agir pour le pays
    9 juillet 2007, par Gilles Bousquet

    L’histoire, par les durs et purs et impatients, que le PQ n’est pas indépendantiste, me fait bien rire. L’article 1 du PQ indique bien que son option constitutionnelle est la SOUVERAINETÉ. Même l’association de M. René Lévesque n’y figure plus. C’est un peu comme accuser le pape de n’être pas assez catholique oui Céline de ne pas être assez fine.

    Par impatience,on peut trouver l’anarchie dans le ROC et chez-nous aussi. Lisez bien ce qui suit : LA SOUVERAINETÉ "l’indépendance" DU QUÉBEC NE S’EST PAS ENCORE FAITE PARCE QU’IL N’Y A PAS SUFFISAMMENT DE SOUVERAINISTES CONVAINCUS AU QUÉBEC.

    C’est vrai qu’il y a probablement 60 % de francophones qui ont voté OUI en 1995 à la SOUVERAINETÉ-PARTENARIAT parce qu’il y a eut les forces conjugée de messieurs Parizeau, Bouchard et Dumont. La SOUVERAINETÉ PURE n’aurait gagné qu’environ 30 % de OUI. Si on fait une différence entre les votes de fancophones et des anglophones, est-ce que ça pourrait s’appliquer aux élections en plus des référendums ? Et les bilingues, on en fait quoi ? Est-ce les anglophones qui auraient été mis de côté pourraient faire partition et joindre l’ouest de Montréal et Westmount au Canada ? Et les indiens qui parlent anglais majoritairement et les Inuits, est-ce qu’ils auraient droit de vote ?

    Fait que...si les souverainistes pressés veulent réduire leurs chances, qu’ils fondent un nouveau parti indépendantiste pour prendre, quelques votes comme les SOLIDAIRES. Ils sont mieux d’investir le PQ, de l’aider à se centrer pour ne pas laisser de côté la gauche et la droite et pousser pour qu’il centre son discours sur les avantages de l’indépendance "souveraineté" comme le suggère M. Louis Bernard à la place de vouloir gouverner une province qui est un exercice perdant-perdant pour le PQ parce qu’on s’y fait plus critiquer que louanger.



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