Au printemps dernier, je rapportais cet extrait du journal Le Québécois.
Le RRQ, frange du mouvement indépendantiste spécialisée dans la lutte sur le terrain, veut rendre le Québec inconfortable aux fédéraux. Ceci ne se fait pas dans la dentelle de l’Assemblée nationale. Il est question de désobéissance civile. Mais cela ne signifie aucunement une quelconque guérilla armée, comme on essaie d’insinuer dans certaines officines. L’antagonisme systématique, qui veut placer le mouvement indépendantiste en opposition directe au système fédéral, est une approche ferme mais pacifique, qui peut se traduire par des manifestations, des occupations de locaux, des sit-in… De l’affirmation même de M. Bourgeois, le Canada doit trouver de plus en plus épuisant le fait de conserver le Québec sous son joug. L’antagonisme doit faire comprendre au Canada qu’il sera plus avantageux pour lui de quitter notre pays que d’y demeurer pour nous exploiter.
Ces prises de position ne vont pas sans courage. L’homme précise : « Nous devrons surtout prendre conscience que les petites victoires s’accompagnent de violentes réactions de nos ennemis. On l’a bien vu dans le dossier des plaines d’Abraham. Les fédéraux ont tout fait pour détruire notre image. »
Dans une autre colonne, Bourgeois nous apprend l’existence cachée d’un Guide antiinsurrectionnel, version unilingue anglaise, dont il a obtenu une copie censurée, évidemment. On peut lire dans ce document de la Défense nationale, qu’on ne sait ni quand commence ni quand se termine une insurrection, et qu’en conséquence, il lui faut intervenir le plus tôt possible et agir avant que le mouvement de violence ne débute… dès le moment où une organisation qui critique le système commence à collecter de l’argent, nous sommes en présence d’un mouvement insurrectionnel en gestation. Et la désobéissance civile est clairement identifiée comme un geste insurrectionnel. Donc, tout mouvement séparatiste apparaît comme un risque insurrectionnel que l’État canadien doit combattre. S’attaquer à leurs médias devient l’un des objectifs d’une bonne stratégie antiinsurrectionnelle. Pire, l’État canadien reconnaît que la lutte aux insurrections peut adopter des mesures non démocratiques : couvre-feu, restriction de déplacements, ou dans les cas extrêmes, détention sans procès. Ceci rappelle les exactions de la GRC mises au jour dans le rapport McDonald des années 1980 : entrées par effraction, ouverture systématique de courrier, écoute électronique sans mandat, pose de bombes au nom du FLQ, vol des listes de membres du PQ… Ceci fut le prétexte à la création par Trudeau du service canadien de renseignement de sécurité.
Ceci pour nous rappeler à tous, indépendantistes, qu’il est toujours là, le RRQ, quand il faut parler haut et clair… « … on ne peut pas seulement chercher à convaincre les Québécois du bien-fondé du projet indépendantiste. La stratégie de libération doit rendre la colonie inconfortable au système impérialiste. »
Si nous sommes convaincus de ça, si nous nous en sentons le courage, nous devons faire le nombre derrière Bourgeois quand il fait appel à notre solidarité : RRQ, MSQ, 28 octobre, 12 hres, 83 rue Saint-Paul O. Montréal. C’est le bureau de Me Brent Tyler, ce faux francophile qui se frotte aujourd’hui les mains dans cette lutte à finir contre le français. Mais il est coriace. Nous l’avions affronté au restaurant Bill Wong du boul. Décarie aux côtés de Galganov et autres racistes. Un des hommes du RRQ s’était fait rouler au sol par un fier-à-bras. Ce n’est plus de la philosophie ! Voilà peut-être un argument pour amener à la manif les piliers d’arénas qui ne s’intéressent pas à la « guerre » que nous livre Ottawa parce qu’ils la croient trop mononc !
