L’évocation du fascisme suscite bien sûr de l’indignation morale, sauf dans les divers courants qui adhérent à ce type d’idéologie. On ne peut cependant faire l’économie d’une analyse socio-historique conséquente du fascisme, si l’on veut le combattre … et éventuellement éviter de le reproduire !
À propos d’Adrien Arcand, « ressuscité » dans le monde contemporain par le livre de Jean-François Nadeau, il faut souligner le fait que les restes très marginalisés de son mouvement (fédéraliste …) ont disparu au Québec en même temps que les derniers acteurs survivants de son époque. Ce qui n’est pas le cas au Canada anglais, où le courant fasciste issu des années 1930, avec John-Ross Taylor en particulier (décédé en 1994) a constitué la base du renouveau néo-nazi des années 1980.
Alors que le spectre du « fascisme » est toujours agité avec le même acharnement par certains représentants de la nation néo-britannique dominante pour tenter de discréditer la marche historique du Québec vers son émancipation nationale, il est bon que les historiens nous rappellent à l’occasion que le courant fasciste majeur au Canada, dans les années 1930 et 1940, fut le courant canadien anglais, d’ailleurs supporté par la large base sociale du Ku Klux Klan canadien anglais, ainsi que par une bonne partie des élites politiques et économiques.
Si certains fascismes dominés s’expriment dans le monde actuel, il ne faudrait pas oublier le fait que le fascisme dominant contemporain est le fascisme sioniste/états-unien, fer de lance de l’Empire, générateur d’entreprises génocidaires, en premier lieu celle subie par la nation palestinienne. Un des vecteurs politiques de ce fascisme dominant est le néo-maccarthysme, qui est entre autres responsable du décès du président de l’organisme Droits et Démocratie.
S’il est des antifascistes conséquents, ils devraient avant tout s’inquiéter de la percée du mouvement judéo-nazi kahaniste au Canada, dans les milieux communautaristes ainsi que dans les zones d’influence du Parti Conservateur du Canada.
Yves Claudé – sociologue
Montréal, le 3 avril 2010
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