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Lorsqu’on lui a fait remarquer que son parti n’avait rien prévu pour commémorer la déclaration du général De Gaulle en 1967, Mme Marois a répondu qu’elle n’avait pas eu le temps, son élection étant trop récente, de s’y préparer — ce qui est après tout plausible - et que, de toute manière, elle devait se consacrer à la commémoration du décès de René Lévesque. Il me vient quelques interrogations. D’abord, le parti existait avant l’arrivée de Mme Marois, il compte un exécutif bien rodé. Alors, personne, dans cet aréopage, n’avait rien prévu pour le 24 juillet ? Exactement comme au gouvernement libéral. Ensuite, Mme Marois n’a rien eu de plus pressé que le rappel du décès de Lévesque, père du parti, ce qui est en soi louable mais n’empêche en rien de profiter d’un rappel historique et extrêmement positif pour raviver la cause, en se dépêchant un peu. Sa façon de banaliser le non-événement va dans le sens de ses déclarations depuis son intronisation : ce qui se rapporte au parti prend le pas sur ce qui intéresse sa raison d’être. C’est là que j’ai définitivement décroché, le comportement de Mme Marois m’a rachevé. Malgré mes quelques préventions à l’égard du nouveau parti indépendantiste qui s’annonce — mes interventions sous forme d’article ou de commentaires en témoignent —, j’y ai adhéré hier.
Dans mon entourage, qui n’est pas habituellement pressé de monter aux barricades, la plupart songent à retourner leur veste si le PQ et son chef ne modifient pas radicalement leur erre d’aller d’ici quelques semaines au plus. Les résultats de la dernière élection auraient tout de même dû servir de coup de semonce : combien de sympathisants et même de membres ont voté ADQ par lassitude ou par dépit ?
À l’exception de l’ère Parizeau, ç’a toujours été le problème du PQ : son establishment considère les militants comme ses obligés et ses sympathisants comme de bons fidèles qui doivent suivre leur clergé même lorsqu’il rechigne à leur expliquer les mystères péquistes et les adaptations successives de sa théologie. Lorsque vous doutez, ou bien vous êtes hérétique ou bien vous n’avez pas compris, mais on ne s’abaisse pas à dissiper le brouillard, à moins qu’il s’agisse plutôt d’un écran de fumée. C’est l’establishment qui n’a rien compris : si même la curie et le pape donnent tous les signes d’avoir perdu la foi, comment remplir l’église et arriver au paradis de l’indépendance lors de la parousie ? On s’est tellement complu, depuis 1996 surtout, dans le tarabiscotage, la langue de bois et l’attentisme frileux, on a tellement vécu sur le vieux gagné en se contentant de payer du bout des lèvres un tribut à la raison d’être du parti qu’on a fini par décourager bien des croyants.
Cela étant dit, je demeure convaincu qu’avant d’avoir peaufiné une stratégie cohérente et de représenter une force importante, le nouveau parti en gestation aura besoin de plus de temps que ne semblent le penser ses promoteurs et, d’ici-là, divisera forcément le vote puisque le PQ ne mourra pas en quelques mois, mais, au moins, on sortira de la situation sans issue, à terme, à laquelle nous condamne le PQ.
Quant à une réforme de l’intérieur, je n’y crois plus. On ne peut tout de même pas "flinguer" les chefs en série et dégommer tous les carriéristes et les technocrates indécrottables à moins d’une véritable jacquerie des militants, ce qui équivaudrait, compte tenu de la solidité de l’appareil interne, à déboulonner le parti par une longue guérilla, fort coûteuse dans l’opinion publique.
Jusqu’à maintenant, il semble bien que ce soit surtout les sympathisants et militants de très longue date qui fassent leurs adieux, chose qui aurait dû sonner le tocsin aux oreilles des oracles. Raison de plus de croire leur surdité inguérissable.
Raymond Poulin
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M. Raymond Poulin écrit : « Quant à une réforme de l’intérieur au PQ, je n’y crois plus. On ne peut tout de même pas "flinguer" les chefs en série et dégommer tous les carriéristes et les technocrates indécrottables ».
S’il est vrai que les Péquistes ne peuvent pas "flinguer" les chefs, plusieurs technocrates vont devoir quitter, si ce n’est déjà fait, "pour décrotter" le PQ vu que le parti est dans le trou, financièrement et que ses revenus ont baissé à cause du résultat de la denière élection.
En attendant, j’ai de la difficulté à croire que la trentaine de députés péquistes sont tous tellement mous de l’option souverainiste que, ceux qui désirent fonder un nouveau parti indépendantiste, ne peuvent pas en "débaucher" au moins 3/4 pour joindre ce nouveau parti afin de se partir plus solidement. Si ce minimum là ne peut être rencontré, le reste va naître dans la douleur suivie de plusieurs années en incubateur genre, QUÉBEC SOLIDAIRE.
Bravo monsieur Poulin pour votre courage. Je salue en vous l’objecteur de conscience et l’empêcheur de tourner en rond que vous êtes. En effet, je sentais tout cela venir en militant au Pq de Lotbinière. J’ai moi-même été accusé par mes propres co-militants de ne pas écouter la population alors que c’est au contraire eux qui n’écoutent plus personnes depuis la défaite référendaire de 1995. Le malaise remonte à aussi loin. Ils vivaient dans une espèce de de nirvana complètement déconnecté de la réalité comme si le parti était devenu une espèce de secte ou le droit à la dissidence était banni. Plusieurs en faisaient un véritable sacerdoce en se comportant de façon servile et en se transformant uniquement en pompe- à- fric. Je me souviens d’une réunion d’organisation pré-électorale au Moulin-du-Portage dans Lotbinière l’année dernière. J’ai assisté à ce moment-là, à une véritable grand’messe surréaliste où on nous faisait croire que nous nous dirigions vers le pays alors que tous les indices les plus fragrants récoltés dans la population nous promettaient une méchante dégelée. On se congratulait et se félicitait mutuellement alors que la catastrophe était annoncée.
J’ai tenté pendant 3 ans de mettre en garde mes co-militants contre la montée de la droite réactionnaire dans notre comté. Je suis encore inquiet de voir les stickers de CHOI-FM sur les pare-brises des autos. C’est dans notre région de Chaudière/Appalache qu’ils foisonnent.J’ai voulu les avertir que les propos haineux tenus par Arthur et Fillion et dont s’est nourri une grande partie de la population feraient des petits. Et bien, j’avais raison, ils ont fait des petits. L’ADQ a balayé notre région. Puis vint le tour des conservateurs. J’ai mis en garde les mêmes personnes contre la montée du militarisme au Québec l’année dernière. On ne m’a pas écouté ! Et bien observez la multiplication des rubans jaunes sur les voitures des gens de Lotbinière.Ils se multiplient de jour en jour. Honnêtement, il m’arrive d’être découragé parce qu’au PQ, ce n’est pas seulement la population que l’on écoute plus mais aussi les militants. J’ai moi-aussi décroché. Je n’ai plus de temps à perdre. J’ai le goût de recommencer à faire de la vraie militance pour le vrai pays et pas autre chose. La gestion de la Province of Quebec à l’intérieur du Canada, moi, j’en ai désormais rien à foutre !Si pour madame Marois, être élu première ministre du Québec fait partie de son plan de carrière, moi ce qui m’intéresse c’est de faire la promotion du pays du Québec et pas autre chose. J’aimerais qu’on m’informe sur le nouveau parti. Denis Julien, indépendantiste de Lotbinière.
Vous n’avez peut-être pas tort, M. Bousquet, il n’est pas écrit dans les astres que le nouveau parti réussira à s’imposer, et j’en suis bien conscient. On verra à l’usage. Pour le moment, si rien ne bouge, l’avènement de l’indépendance n’en sera pas accéléré pour autant : ce n’est pas la première fois que militants et sympathisants ruent dans les brancards, et pourtant, rien n’a changé au PQ, preuve qu’il ne suffit pas de brasser la cage de l’intérieur. Si rien n’est tenté, le Parti québécois va continuer à dormir au gaz, ce qui nous avance encore moins.
Raymond Poulin
De Raymond Poulin à Denis Julien
Merci de vos bonnes paroles. Quant au nouveau parti, voir les articles précédents, notamment de MM. Richard Gervais et Normand Perry. Ce parti en est pour le moment à recruter des soutiens. Voir la rubrique des communiqués en première page. Il ne se passera vraisemblablement rien de plus avant août.
Bonnes vacances.
Moi aussi, je crois que le temps est venu de passer à autre chose. Depuis le départ de Parizeau j’ai l’impression de me faire niaiser par les carriéristes péquisto-bloquistes. Plus je les regardes aller et plus ils me font penser à une grosse gagne de BS de luxe plutôt qu’à des bâtisseurs de pays. Il faut reconnaître que le « système canadian » les a récupérés et qu’il n’y a plus rien à espérer de ces gens là.
C’est bien évident que de reconstruire à partir de rien ne sera pas facile. Par contre, on aura au moins l’assurance de ne pas travailler dans le vide. De plus, il faudra travailler pour la mise en place du scrutin proportionnel. Un scrutin proportionnel pourrait permettre à un tier partis d’avoir un minimum de couverture médiatique. Parallèment à tout ça il y a une quantité de mouvements indépendantistes qui pourront s’épanouir beaucoup plus en s’appuyant sur un parti politique qui les considère comme des alliés plutôt que comme une nuisance qu’il faut tasser la plupart du temps sauf en période électorale.
Pour M. Colagrosso, de Raymond Poulin
À propos de la proportionnelle, je vous suggère de lire le collectif "Pour un gouvernement fort mais congédiable", auquel vous aurez accès en allant voir mon texte du 19 juillet. Ce texte, publié voilà quelques années par des experts et des personnalités que vous connaissez sans doute, permet de constater concrètement quelques inconvénients sérieux(il y en a d’autres) de l’application de la proportionnelle dans le contexte québécois. Beaucoup de théories alléchantes en principe le sont beaucoup moins en pratique.
’Quant à une réforme de l’intérieur, je n’y crois plus. On ne peut tout de même pas "flinguer" les chefs en série et dégommer tous les carriéristes et les technocrates indécrottables à moins d’une véritable jacquerie des militants, ce qui équivaudrait, compte tenu de la solidité de l’appareil interne, à déboulonner le parti par une longue guérilla, fort coûteuse dans l’opinion publique.’
Compte tenu de la solidité de l’appareil interne
Faux , la permenance du Parti Québécois déménage
Le nombre d’agents de liaisons est réduit
Les vieux employés prendront leurs retraites
Le parti s’écroule dans les dettes
Le mythe de l’état-major flou et mou est le dernier mythe à détruire... Si l’état-major était puissant nous serions déjà indépendant...
le parti par une longue guérilla, fort coûteuse dans l’opinion publique.’
Faux, croire que la lutte ne commencera pas par une guérilla est un autre mythe, guerre interne , ou guerre contre le PQ dans une nouvelle formation prendront la même forme dans les médias , contrôlés par le colonisateur.
Détruire l’état-major flou et mou , pour la libération des indépendantistes équivaudra à une déclaration de guerre.
tout de même pas "flinguer" les chefs en série
Faux nous n’avons flingué personne... ils ont flingué les chefs...
Bouchard remplace Parizeau avec Landry comme tueur, Landry fut tué par Marois mais remplacé par Boisclair, tué lui-même par Duceppe mais remplacée par Marois...
Étrange non le tueur passe un tour ensuite devient chef... mais le tueur n’est jamais un indépendantiste... un autre mythe...
QUITTER LE PQ , ou FONDER UN AUTRE PARTI NE RÉGLERA PAS LE PROBLEME NOUS DEVRONS FAIRE LA GUERRE, il y aura du sang... ainsi vont les nationalismes de part le monde...
Maxime Paquin-Charbonneau Conseiller MES (m-e-s.org)
En réponse à Raymond Poulin
J’ai lu l’article en question et je comprends que la proportionnelle peut avoir beaucoup d’inconvénients. J’ai d’ailleurs été d’avis, jusqu’à très récemment, que ce n’est pas une bonne idée dans le contexte québécois. D’ailleurs, en lisant l’article j’ai commencé à réaliser que je suis peut être monter un peu rapidement dans le train de la proportionnelle.
Par contre, le but de mon propos est surtout de mentionner qu’il faut faire bouger les choses rapidement. Le marasme actuel est, selon moi, beaucoup plus dangeureux que n’importe quelle mauvaise décision. Je reconnais tout de même qu’il ne faut pas faire n’importe quoi n’importe comment.
Quant à la proportionnelle, c’est un moyen parmi d’autres qu’il ne faut pas s’empêcher d’analyser sous toutes les coutures. Je crois que rien ne doit être exclue à priori.

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