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Caisse de dépôt et placement du Québec et PCAA
À qui profite le "crime" ?
Pierre Cloutier
Tribune libre de Vigile
vendredi 13 mars 2009      500 visites      6 messages


[1] La vraie question qu’il faut se poser dans la saga de la Caisse de dépôt et placement du Québec et en particulier dans le dossier du "papier commercial" adossé à des actifs (le PCAA), est celle de savoir à qui a profite le "crime".

[2] On a un début de réponse lorsqu’on sait maintenant que les principaux dirigeants de Coventree, le premier promoteur de PCAA non bancaire au Canada en 2002, dans lequel la CDPQ détenait près de 30% des actions, se sont partagés 9.2 millions$ de rémunérations directes au cours des exercices 2007 et 2008, dont 6.7 millions$ comme primes au comptant pour l’exercice 2007. En plus, un de ses fondateurs, M. Dean Tai, vient de recevoir une prime de départ de 1 million$, alors que Coventree est en voie de fermeture.

[3] Du côté de la CDPQ, on a assez d’indices maintenant pour conclure que ses dirigeants, y compris évidemment son président directeur général, M. Henri-Paul Rousseau et son responsable de la gestion des risques, M. Richard Guay, ont fait preuve de négligence grave ou d’aveuglement volontaire en achetant pour 12.8 milliards$ de PCAA non bancaire, alors qu’ils savaient ou auraient dû savoir que, globalement ce marché était par essence instable, mais qu’en plus le produit reposait non seulement sur des actifs synthétiques douteux - contrairement aux actifs conventionnels du PCAA bancaire - mais surtout sur des ententes de fournitures de liquidités incomplètes entre les fiducies mises sur pied par les promoteurs et les banques, principalement les banques internationales.

[4] À cause de la participation de la CDPQ au capital-action de Coventree et de sa promotrice principale au Québec, Alter Moneta, ces dirigeants connaissaient ou auraient dû connaître la vraie nature de ce produit et les failles résultant des ententes de fournitures de liquidités qui sont les causes premières des pertes subies par la Caisse. Et ils ne peuvent en aucun cas se réfugier derrière l’excuse de la notation optimale du produit par DBRS, puisqu’ils savaient ou auraient dû savoir que 2 agences de notation américaines (Standard and Poor’s et Moody’s) avaient refusé de noter le produit à cause précisément de la faiblesse des ententes de fournitures de liquidité.

[5] La vraie question qu’il faut donc poser aujourd’hui est celle de savoir pourquoi, en dépit de tous ces faits et indices, les dirigeants de la CDPQ ont-ils décidé d’acquérir pour 12,8 milliards$ de ce produit toxique. Poser la question, c’est quasiment y répondre. Il est raisonnable de penser qu’il y a des odeurs de corruption dans l’air. En clair, qui a profité$ du "crime" ? Qui a mis de l’argent$ dans ses poches en participant d’un côté à la vente du produit via Conventree et ses fiducies et à l’achat de l’autre via des courtiers. Quelles commissions$, quelles primes$, quels bonis$ ont été versés, à qui et quand ? Pas en 2008 - puisqu’on se targue de n’en n’avoir pas payé - mais entre 2002 et 2007 et de façon plus précise, entre 2004 jusqu’au 13 août 2007, date où les 22 conduits de PCAA non bancaire ont été incapables de trouver les liquidités nécessaires pour faire face à leurs engagements.

[6] Comme il est douteux que le gouvernement Charest mette sur pied une commission d’enquête publique indépendante et impartiale sur le sujet, il appartient désormais à la commission parlementaire qui entendra les dirigeants de la CDPQ dans les prochains jours ou semaines de poser les bonnes questions à ce sujet et de ne pas sacrifier la vérité aux intérêts partisans et souvent obtus de ses membres.




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Vos commentaires:
  • À qui profite le "crime" ?
    13 mars 2009, par Serge Grenier

    C’est de loin le meilleur article que j’ai trouvé sur le sujet !

    De toute évidence, vous en connaissez beaucoup plus que moi sur le sujet, mais il y a plusieurs questions que je me pose, et vous pourriez m’aider à y répondre.

    La Caisse de dépôt a échangé des milliards de dollars véritables et solides pour des papiers commerciaux qui se sont avérés sans valeur.

    Nous on se retrouve avec des papiers sans valeur, mais les gens qui nous les ont vendus ont nos milliards qui eux valent quelque chose.

    Bon mettons qu’une bonne partie de cet argent est allé aux banques pour leur acheter ces fameuses mauvaises créances.

    Quand on les a achetées, j’imagine qu’on ne savait pas qu’elles seraient mauvaises.

    Toujours est-il que les banque ont reçu l’argent équivalent aux créances et cela a compensé l’argent qu’elles ont remis aux vendeurs des maisons au moment de leur achat par des clients avérés insolvables plus tard.

    Donc les banques et les vendeurs de maisons ne sont pas à plaindre.

    Pourtant, le gouvernement donne quand même des milliards aux banques.

    Pourquoi ?

    Et les créances ne sont pas devenues mauvaises instantanément, les gens non solvable ont quand même payé pendant parfois des années avant de se faire saisir, donc les banques ou les détenteurs des papiers commerciaux ont quand même vidé les poches de ces pauvres gens pendant tout ce temps.

    Tout l’argent qu’ils ont payé sur ces maisons, ils ne le reverront plus et ils n’ont aucun actif pour compenser.

    Et les maisons elles-mêmes, même dévaluées et invendables, à qui appartiennent-elles maintenant ?

    Bref, si je comprend bien, les intermédiaires financiers nous ont d’abord vidé la poche de gauche (nos épargnes) et maintenant ils nous vident la poche de droite (nos impôts) et ils organisent une vaste campagne médiatique pour qu’on se fasse à l’idée qu’on en a encore pour plusieurs années à se faire tondre la laine sur le dos jusqu’à l’os.

    Qu’en pensez-vous ?

    Serge Grenier


  • À qui profite le "crime" ?
    13 mars 2009, par Luc Archambault
    Excellentes questions. Merci.
  • À qui profite le "crime" ?
    13 mars 2009, par Mario Goyette
    Bonjours M.Cloutier. S’ajoute à votre liste comptable les invraisemblables bêtises entendues à la commission parlementaire spéciale de la part de la Ministre des Finances, Monique-Jérôme Forget. Au travers de ses réponses du genre "très bonne question", des dizaines de "justement" et "vous la poserez aux autres", la sacoche à terre nous prend pour des valises en tentant de nous faire croire avoir ignoré les résultats des pertes de la Caisse de dépôt en possession de son sous-ministre à la fin novembre, 2008 et des conséquences sur les déposants, à la veille du jours du scutin frauduleux libéral. La nomination surréaliste du nouveau PDG Michael Sabia démontre que le gouvernement Charest n’est pas en mode SOLUTION comme voudrait nous le faire croire la ministre mais en mode PANIQUE.
  • À qui profite le "crime" ?
    13 mars 2009, par MichelG
    Confier la caisse de la Nation Québecoise à un étranger canadian unilingue anglais et ultra fédéraliste en dit long sur le travail de sape de Charest pour détruire le Québec
  • À qui profite le "crime" ?
    14 mars 2009, par Fernand Lachaine

    À force de lire sur tout ce qui se passe à la Caisse, la nomination d’un président qui n’aurait pas les compétences nécessaires pour diriger notre bas de laine et tout ce qui se passe au gouvernement libéral, c’est l’évidence même qu’il faut une enquête publique sérieuse.

    La révolte gronde.

    Le temps est venu pour le peuple québécois de montrer de quel bois il se chauffe.


  • À qui profite le "crime" ?
    14 mars 2009, par Martin Lavoie
    Suis absolument d’accord avec ce questionnement, et personnellement avec toutes les malversations que l’on a connues depuis Trudeau, un homme a le pouvoir et l’écoute de nos fiscalistes, et cela, il peut le faire indirectement ; je relie l’affaire à ce monsieur, qui fort de ses portefeuilles hors Québec, influence maintenant le Président de la France., puisque qu’il chapeaute tout ce qui se passe à Ottawa depuis que Power a prêté ses actuaires au Canada pour reconstruire sa fiscalité, et cela , sous Trudeau, qui était son émissaire politique. Le détournement des énergies d’Henri-Paul Rousseau en est la démonstration et si celui-ci est entré chez Power avec un cadeau d’accueil de 800,000 actions, il est clair que c’est son pourcentage. Ce puissant multi-nationnaliste s’est juré d’avoir la peau et le sang d’un peuple qu’il rejette, et si le Québec a une capacité de devenir une République de banane, on en a l’image impressionniste en regardant l’Émirat de Sagard. Qui va fouiller suffisamment ce dossier pour éclaircir, du même coup, les évasions fiscales dont nous sommes les victimes ; Canada Steampship Lines, inscrite au Bahamas en est la preuve.

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