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C’est une poésie de joie brisée
Que celle de mon pays.
Les astres ont beau brandir leur lumière
Notre lutte s’apparente à une étoile qui ne tient plus dans l’azur
Les humains murmurent :
Notre soleil est en vacances
Notre espoir en désespérance
Notre futur se décompose
Au rythme des jours qui se canadiennisent
Qui s’américanisent, qui se mondialisent…
Divisés sur le seul chemin qui nous reste
On ne sait plus où aller pour sortir de l’ombre
Affirmer notre solidarité
Baliser notre combat
Pour chanter comme hier
Quand nous avions un pays dans nos paumes
Une liberté à brandir au-delà des frontières.
Un oiseau blessé loge toujours chez nous
En prendre soin ne suffit plus
Il faut le faire renaître
Lui rappeler ses sons de gorge profonde
De ciels à perte de vue, de vastes prairies.
Notre langue a des frissons d’hiver, des désarrois d’octobre
Témoins muets de notre enfermement diurne
On ne jette plus sa peau sur les pavés
On ne défend plus nos terres
On ne protège plus l’ancêtre
L’arrière-pays même ne touche plus le cœur des villes.
Du frimas sur nos sièges, on courbe la tête
Évitant d’affronter l’inquisiteur, son mépris séculaire.
L’histoire connait bien nos peurs et nos défaillances
Tout sent chez nous l’inconfort des mots,
le rebroussement au fond des méandres,
l’impuissance du combattant solitaire.
Il reste au milieu de nos frontières
Un horizon de bonheur à venir
De défi à relever… au cas où
Où peut-être… qui sait ?
Le pays entier se lèverait demain
Debout à grandeur du paysage
Et signerait sa propre indépendance
À la mémoire de Chevalier De Lorimier, de tous nos frères
Morts sur l’échafaud d’hier.
Émergera-t-il de notre errance
Une saison de liberté
Une poésie d’allégresse, de victoire et de conquête ?
18 février 08

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